‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 4)Chapitre 231 sur 232 · Notre propre intérêt : autant d'âmes que nous délî · texte numérisé non relu

Notre propre intérêt : autant d'âmes que nous délî

ANALYSES DES SERMONS

TTOiis, ce soDt tntant de protecteurs que nous avons dans > le ciel. Mais si nous abandonnons ces Ames , Dieu permet- j ira que nous soyons nous-mêmes un jour délaissés. |

Troisième partie. Être disposé à secourir les âmes du purgatoire, et ne se servir pour cela que de moyens inefficaces , c'est un désordre aussi commun qu'il est déplorable dans le christianisme. On ne laisse pas d*avoir pour les morts quelque piété ; mais , t . piété stérile et infructueuse ; 2. piété d'ostentation et de faste ; 3. piété toute païenne ; 4. piété qui , quoique chrétienne» ne produit que des œuvres mortes et sans mérite.

1. Piété stérile et infructueuse. Beaucoup de larmes et peu de prières : c'est même sur d'autres qu'on se décharge absolument du soin de prier.

2. Piété d'ostentation et de faste. On ne pense qu'à rexlérieor des devoirs funèbres, auxcérémonies d'un deuil, etc.

3. Piété toute psûenne. Elle n'a que la chair et le sang pour objet, sans agir dans les vues de la foi.

4. Piété qui, quoique chrétienne, ne produit que des œuvres mortes et sans mérite. On prie , mais sans être en grâce avec Dieu. Tout ce que nous faisons alors sont des oeuvres mortes pour nous-mêmes ; faut-il s'étonner qu'elles le soient enoore plus pour les autres ? Exceptons néanmoins de cette règle le sacrifice de la messe. Indulgence pour les morts qu'on peut gagner par la communion , après s'être purifié par le sacrement de la pénilence.

POUR l'ouverture du jubilé.

Sujet. Ntms vous exhortons à ne pas recevoir en vain la çirdce de Dieu; car Dieu nous dit lui-même dans l'Écriture, je vous ai exaucé au temps favorable , et je vous ai aidé au jour du salut. Or voici maintenant ce temps favorable, voici ces jours de salut.

Ce temps favorable pour nous, c'est ce temps d'indulgence et de Jubilé.

Division. Ce que c'est que la grâce du Jubilé ; première partie : oe qui est nécessaire pour avoir part à la grâce du Jubilé ; deuxième partie : ce que doit opérer dans nous la des grâce du Jubilé ; troisième partie.

Première partie. Qu'est-ce que la grâce du Jubilé.' C'est proprement la rémission de la peine temporelle qui re^le à subir au pécheur après que son péché lui est pardonné. Il faut distinguer deux choses dans le péché , la coulpe et la peine. La coulpe ne peut être remise que par le sacrement de pénitence , ou par la contrition parfaite ; mais par une grâce spéciale, Dieu remet la peine en vertu de l'indulgence et du JubUé.

En vain les hérétiques prétendent que Dieu ne remet I jamais la coulpe ou l'ofTense, sans remettre la peine; et que Jésus-Christ ayant satisfait pleinement pour nous , toute autre satisfaction serait inutile et diminuerait même 'e mérite du sacrifice de la croix : ear, 1. il ne fimt que /exemple de Moïse et de David pour nous convaincre que Dieu , eo pardonnant même le péché , se réserve encore le droit de punir temporellement le pécheur ; 2. il est évident, par le témoignage de saint Paul , que nos satisfactions doivent être jomtes à celles de Jésus-Christ : Àdimpleo ea . guœ desunt passionum Ckristi, in carne mea.

Tenonsnous-en donc toutou» ^ ^ même proposition, ifue Dieu , par l'indulgence et le jubilé , nous remet la p^jine temporelle qui était due à nos pccliés, et dont l'exacte

mesure n'eût pu sans cela être remplie que par nos satisfactions. Ainsi l'Église catholique l'a-t-elle entendu, expliquant cette promesse faite à saint Pierre : Tout ce que vous délierez sur la terre, sera délié dans le ciel. Pouvoir dont saint Paul et les évêques des premiers siècles ont usé ; pouvoir par où les indulgences se sont établies et perpétuées dans le monde chrétien. Il est vrai qu'il a pu se glisser sur cela des abus dans le christianisme : mais outre que l'Église les a corrigés, l'abus même des indulgences est une preuve de leur vérité et de leur sainteté, car, selon Terlullien , on n'abuse que de oe qui est bon , et on ne profane que ce qui est saint.

Mais en quoi le Jubilé est-il différent de ces indulgences que nous appelons plénières? 1. C'est une indulgence beaucoup plus solennelle; 2. c'est une indulgence beaucoup plus privilégiée; 3. c'est une indulgence beaucoup plus sûre. Recevons-la donc avec respect, avec reconnaissance et action de grâces , et avec toute l'obéissance de la foi.

Deuxième partie. Quelles dispositions sont nécessaires pour avoir part à l'indulgence du Jubilé.^ 1. Être en état de grâce, voilà la disposition habituelle : 2. accomplir les œuvres prescrites par la bulle , voilà la disposition actuelle.

1 . Être en état de grâce : car l'indulgence est une faveur qui ne s'accorde qu'aux justes et aux amis de Dieu : d'où suivent trois conséquences : la première , qu'il faut donc renoncer à tout pécbé ; la seconde , qu'il suffit donc d'avoir la conscience cliargée d'un seul péché mortel pour être incapable de gagner l'indulgence du Jubilé , et qu'il suffit même d'être coupable d'un seul péché véniel qu'on ne déteste pas, pour ne la pouvoir gagner dans toute son étendue ; la troisième , qu'il faut donc être vraiment contrit et pénitent. De là jugeons combien il y en aura peu qui participeront à cette grâce du Jubilé.

De là même concluons encore qu'il n'est donc pas vrai que l'indulgence, et par conséquent le JubUé, anéantisse la pénitence , ainsi que les hérétiques nous l'ont reproché , ni que ce soit même un relâchement de la pénitence ; puisque le Jubilé suppose la pénitence et ce qu'il y a de plus dirScile dans la pénitence , qui est la conversion du cœur : et puisque c'est au même temps le motif le plus engageant pour exciter les pécheurs à faire de dignes fruits de pénitence. C'est au contraire dans la doctrine des hérétiques que l'on découvre le relâchement visitée et l'anéantissement de la pénitence : car n'est-ce pas l'anéantir que de la ré duire à un simple acte de foi , et de la dépouiller, comme ont fait les auteurs du schisme, de toutes les œuvres humiliantes, laborieuses et pénibles?

2. Accomplir les œuvres prescrites par la bulle, qui sont, t. la confession , 2. l'aumêne, 3. le jeûne, 4. la visite des Églises , 5. les prières ordonnées, 6. la commuoioo. Admirons la bonté de notre Dieu , qui veut bleu , à de telles conditions, se relâcher de tous ses droits.

Troisième partie. Que doit opérer en nous la grâce du Jubilé? le renouvellement intérieur de nos personnes; renouvellement qui ne doit consister ni en vains projets , ni en des idées vagues , mais dans une réformation entière de nos mœurs. Sans cela le Jubilé n'est qu'une pure cérémonie : et que sera-ce en effet autre chose pour tant de cbrétîefis? on les Verra tels après le Jubilé qu'ils étaient auparavant

Mais tous les temps ne sont-ils pas Ikmqs pour travailler

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à ce renouTeliement de nouft-mémes? Oui; WHi le temps du Jubilé y Mt spécialement propre ; car l . le JubOé est Teugagement le plus naturel à ce renouvellement de vie ; 2. le Jubilé est le moyen le plus efficace de ce renouvellement de vie; 3. le Jubilé est Toccasion la plus avantageme pour ce renouvellement de vie.

TravaOkMW donc sans difTérer au parfait renouvellement et au changemenlktérieur de nos Ames; et qu*il ne nous arrive pas , comme à FMwtunée Jérusalem , d'ijouter à nos autres désordres celui de as pas connaître le temps où Dieu nous visite, et par là de mittre le comble à notre réprobation.

POUR L4 FÊTE DE SAIIfT ANDRÉ.

Sujet. Jésus, marchant le long de la mer de Gamée^ aperçut deux frères , l'un Siman appelé Pierre , et Vautre André; il leur dit : Suivez-moi,

Dire à ces deux frères : Suivez-moi , c'était les appeler à la croix. Aussi tous deux mounirenMls sur la croix ; mais avec cette différence , que Pierre la craignit, et qu'André l'aima. Amour de la croix , dont il nous a donné le plus bel exemple : c'est le sujet de ce discours.

Division. Saint André a aimé la croix , parce qu'il y a trouvé ce qui devait foire devant Dieu tout son mérite et toute sa gloire, savoir, l'accomplissement de son apostolat et la oonsonunation de son sacerdoce. En deux mots, la croix est la chaire où il a fiiit paraître tout le zèle d'un fervent prédicateur : première partie. La croix est l'antd où, comme prêtre et ponlife de la loi nouvelle , il a exereé dans toute la perfection possible Toffioe de sacrificateor : deuxième iiartie.

Première partie. La croix est la chaire où saint André a fait paraître tout le zèle d'un fervent prédicateur. Les ap<V tres furent envoyés pour prêcher Jésus-Christ cruciflé, et saint André ne s'est jamais mieux acquitté de cette fonction, que lorsqu*i] a été lui-même attaché à la croix ; pourquoi cela? parce que c'est sur la croix qu'il a prêché Jésus- Christ et sa loi , 1 . avec plus d'autorité et de grâce ; 2. avec plus d'efficace et de conviction ; 3. avec plus de succès et de fruit.

1 . Avec plus d'autorité et de grâce. Il est aisé de prêcher la croix, quand on n'a rien à souffrir; et quelque éloquent que soit un prédicateur, il ne lui convient guère de iK>rter les autres à une vie austère et mortifiée, lorsqu'il mène une vie tranquille et conunode. Mais saint André a prêché la croix sur la croix même.

2. Avec plus d'efficace et de conviction. On ne persuade jamais mieux que lorsqu'on fait mieux voir qu'on est jiersuadé soi-même. Or, saint André pouvait-il faire plus sensiblement connaître jusqu'à quel point il était persuadé du mérite de la croix, qu'en voulant lui-même mourir sur la croix?

3. Avec plus de succès et de fruit. De là en effet tant de conversions que Dieu opéra par le ministère de saint André ; et c'est encore avec la gr&ce divine ce que doit opérer dans nous la force de son exemple.

Deuxième partie. La croix est l'autel où saint André , comme prêtre et pontife de la loi nouvelle, a exercé dans toute la perfection possible l'office de sacrificateur. Pouvoir présenter à Dieu le sacrifice du corps de Jésus-Christ, et avoir pour cela dans le christianisme un caractère particulier, c'est en quoi consiste l'essence du sacerdoce de la

loi de grâce. Mais joindre tu sêcrifice adoratbie <|a €0f|» dt Jésus-Christ le sacrifice de soi-mêBM, «t sloMoler ioi> même à Dieu au même temps qu'on lai oflce ce diria agnani immolé pour le salut du monde , c'est ce qui net le comble au, sacerdoce de la loi de grâce, et ce qui lai donne sa demièn perfection. Or, voilà ce qu'a fait sur la croix saint André.

Oui , U faut , pour noua iwdre dignes de Dieii , que nous joignions le sacrifice de nous-mtees «a sacrifice du eoips de Jésus-Christ. Ainsi saint Paul disait * i*accQfiipli8 dans ma chair ce qui manque aux souffranoes de bod Sauve». Et comment ^accomplissai^U? par raustérité de sa vie. C'est aussi ce que nous voyons dans saint Andi^ ; noiis y voyons, dis-je, un prêtre plein de reUgian, qni loasks jours de sa vie ne manqua jamais d'immoler aor ranld rigpeaudeDieu,etqui par sa mort oouroiiMa son taoerdooe en s'immolant lui-même.

Un prêtre qui chaque jour sacrifia l'agneau de* Dieo , comme il le ttmoigna au juge devant qui il (ut produit. Quelle instnictioB, ^ quel sujet de ooofusîon pour ce» ministres qui ne câèfcrait ka divins mystètee que ti^ rarement!

Un prêtre qui couronna mm aaoerdoce es almmohot lui-même sur la croix. Après le rellM qu'il a fiât de sacrifier aux idoles, on lui présente la croix conune l'instrament de son suppUee, et il l'embrasse cooms aon phs précieux trésor.

Faisons de même à Dieu le sacrifice de nos corps, et, selon l'avis que nous donne saint Paul , offrons-les comme des hosties vivantes et agréables.

POUR L4 fête ns SAINT FR4NÇ0I8 XAVIER.

Sujet. Foici un miracle de la vertu de Dieu, quifakt bien voir que le bras du Seigneur n'est pas racamrà, et qu'il peut encore sauver son peuple.

Ce nouveau miracle, c'est saint François Xavier, oo plutôt ce sont les merveilleux succès de sa prédicatk»; d'où nous pouvons tirer une preuve sensible et toute réoeate de l'incontestable vérité de la foi qu'il a préchée aux piai fières puissances de l'Orient.

Division. De tous les miracles qui se sont laits Hanf \'^ tablissement de l'Église chrétienne , un des plus grands, c'est l'établissement de l'Église même par le ministèit des apôtres. Or, dans ces derniers siècles , saint François Xavier a renouvelé ce miracle. En deux mota, Xavier, pour la propagation de la foi, a fait, coaime les apAtres, des choses infiniment au-dessus de toutes les forces bsmaines; première partie : Xavier, comme les apôtm, a fait ces prodiges de zèle par des moyens qui ne tienneot rien de la prudence et de la sagesse humaine ; deuxième partie. Voilà ce que nous devons appeler le mirade di l'Évangile.

Première partie. François Xavier a fait, comme les apôtres , pour la propagation de la foi, dsia cboses infiniment au-dessus de toutes les forces buma«i» ; 0 a converti tout un monde. Examinons ce miracle.

Xavier est appelé par le roi de Portugy poar passer aux Indes. II s'embarque à Lisbonne, il aborde dans Moàt^ 1^ voilà rendu au cap de Comorin , et d'abord vingt mille Idolâtres viennent le recevoir pour l'ambassadeur da vrai Dieu. 11 parait chez les Mores, fameux insulaires, ci dans

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Tespaoe de quelques jours , il réduit sous le joug de la loi chrétieDDe jusqu'à trente Tiiles. Le Japon l'attend : il y ra, et il y confond les fiiux prêtres des idoles , il y baptise les rois , il y sanctifie les peuples , il y établit de nombreuses et de florissantes églises.

Or, pour peu qu'on raisonne, et que l'on considère les circonstances de tous ces faits, ne doiU>n pas les regarder comme autant de prodiges ? Il est vrai que Luther et Calvin penrertissaient an même temps et attiraient à eui TOc ddent et le Septentrion : mais ces deux hérésiarques prédiaient une religion commode à la nature , et pour établir ime telle religion , il ne fallait point de miracle , au lieu que Xavier prêchait une loi contraire à tous les senlûnents naturels.

Quelle gloire pour cet homme apostolique , quand au jugement de Dieu il produira les fruits de sa mission et de si heureuses conquêtes ! Mais quel sujet de condamnation pour nous, qui profitons si peu des soins de tant de prédicateurs, et de la sainte parole qu'ils nous annoncent!

DeoxièxE PARTIE. François Xavier, comme les apôtres , a fait de si grandes choses pour la propagation de l'Évangile, par des moyens qui ne tiennent rien de la prudence et de la sagesse humame. Comment se disposa-t-il au ministère évangélique ? Par un renoncement entier à tous les avantages du monde ; surtout par celte victoire qu'U remporta sur lui-même, à regard d'un malade dont l'infection et la pourriture auraient dû, ce semble, rebuter la plus héroïque vertu.

De là il devhit insensible à tout, pour n'être sensible qu'aux impressions de la charité. Les hôpitaux devinrent |)our lui une demeure ordinaire et agréable. Les nations les plus sauvages se trouvaient forcées de l'aimer, voyant qu'il aimait jusqu'à leurs misères ; et les peuples , témoins des secours qu'ils en recevaient dans les infirmités de leurs corps , lui abandonnaient la conduite de leurs Ames.

Quels fonds employa-t-il dans l'exercice de son ministère? point d'autres pour lui qu'une extrême pauvreté. C'est avec le signe de cette pauvreté qu'il parcouiU les provinces et les royaumes. Mais n'était-ce pas avilir son caractère ? c'était plutôt le relever et acb(;éditer la loi qu'il publiait. Car ce désintéressement charmait les fidèles , et leur faisait conclure qu'il y avait quelque chose de surnaturel et de divin dans une religion qui élevait ainsi les cœurs et les dégageait de toutes les vues terrestres.

Par quelle voie pénétra- 1 il jusque dans la capitale du Japon ? par celle de l'humilité , en se réduisant à la vile condition de serviteur. A quoi s'appliquait-il avec plus de zèle ? A enseigner aux enfants les premiers principes de la doctrine chrétienne , se faisant, pour ainsi dire , enfant comme eux. Or, voilà le miracle , que par la pauvreté , par l'humilité, par le renoncement à toutes choses et à soi-même, il ait fait ce que toute la politique du monde n'eût osé entreprendre, et ce que jamais elle n'eût exécuté.

11 s'est vu comblé d'honneurs : cela est vrai , mais c'est au même temps ce qu'il y a de merveilleux, qu'on ait ainsi respecté et honoré un pauvre. 11 a fait des miracles : mais pourquoi Dieu lui mettait-il de la sorte son pouvoir dans les mains ? parce que c'était un homme humble.

Bel exemple pour les prédicateurs et les ministres de l'Évangile. Qu'ils aient le zèle de Xavier, qu'ils meurent a eux-mêmes comme Xavier, qu'ils prennent comme Xa-

vier cet esprit d'anéantissement qui fut l'esprit du Sauveur des hommes et l'esprit de toot les apôtres, alors Os serwt des instrumente dignes de Dieu, et il s'en servira pour ravancement de sa gloire et pour le salut du prochain.

POUR LA FÊTE DE SAWT THOMAS, APOTBE

Sujet. Ne soyez pas incrédule, mais soyez fidèle. Dans l'exemple de saint Thomas, nous voyons tout ensemble le dé^rdre de l'incrédulité et le mérite de la

fOL

Division. On peut bien appliquer à ce samt apôtre ces paroles du psaume cent trente-huitième : Sicut tenehrœ ejîts, ita et lumen ejus : sa lumière est comme ses ténèbres, et ses ténèbres comme sa lumière. C'est-à-dire que son infidélité et sa foi, considérées par rapport à nous, nous peuvent être également utiles et salutaires. Son incrédulité sert à la justification de notre foi : première partie. Sa foi est le remède de notre incrédulité : deuxième partie. Un apôtre incrédule, qui par son incrédulité même nous apprend à être fidèles : un apôtre plein de foi , qui par la confession de sa foi nous empêche d'être incrédules.

Première partie. L'incrédulité de saint Thomas sert à la justification de notre foi. Justifier la foi par l'infidélité même , c'est opposer les égarements et les désordres de l'infidélité à la sagesse et aux autres avantages de la foi. Or, voilà à quoi nous sert l'hicrédulité de saint Thomas. Nous y remarquons quatre désordres opposés à quatre avantages de la foi : savoir, l'esprit de singiilarité, opposé à l'esprit universel de la foi : la préoccupation du jugement opposé à l'esprit droit de la foi; l'opiniâtreté, opposée à l'esprit docile de la foi ; enfm , la petitesse d'un génie borné qui ne croit que ce qu'il voit, opposée à l'esprit supérieur de la foi.

1. Esprit de singularité. Saint Thomas se trouva séparé des autres disciples, lorsque Jésus-Christ se fit voir à eux le huitième jour après sa résurrection : Non erai cumeis quando venit Jésus. Voilà le principe le plus ordinaire de l'incrédulité , on veut se distmguer. Mais si dans tout autre sujet la singularité doit être suspecte, combien plus lorsqu'il s'agit de la foi, laquelle est le sacré lien qui doit unir tous les hommes dans le culte d'un même Dieu et d'un même Seigneur? Le premier avantage donc que nous avons en croyant comme fidèles, c'est de croire ce que croit avec nous toute l'Église de Dieu.

2. Préoccupation du jugement. Saint Thomas, prévenu de sa pensée, sans rien examiner davantage, conclut d'abord qu'il ne croirait pas : Non credam. Autre principe de l'incrédulité : on se prévient contre la foi. Dieu veut bien qu'en matière même de foi nous nous Instruisions des choses : mais il veut aussi que nous fessions cet examen sans prévention ; et voilà le second avantage de la foi, de nous dégager, par une simple et sage simplicité, de tous préjugés.

3. Opmiàtreté. Tout portait saint Thomas à croire la résurrection de Jé8U8<;hrist : mais il s'obsUna dans son er^ reur. Troisième principe de l'incrédulité : on se ftit une fausse gloire de ne point revenir de son sentiment. Force d'esprit mal entendue. Le fidèle, par un troisième avantage, trouve dans sa docilité la vraie force, qui consiste à se soumettre et à se captiver.

4. Petitesse d'un génie borné qui ne croit que ce qu'il volt. Saint Thomas dit : Si je ne vois les marques des clous

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dont les mains de Jésos^hrist ont été percées , je ne croirai point qu'il soit ressuscité : Nisi videro, non credam. Quatrième principe de rincrédiilité : on veut juger de tout par les sens, comme si les sens étaient juges compétents des mystères 'le Dieu , et qu'ils ne fussent pas sujets à mille illusions. Mais la foi nous élève au-dessus des sens , et nous fait ainsi pénétrer jusque dans les secrets de Dieu les plus cachés : quatrième et dernier avantage. Beali qui non viderunt, et credlderunt.

Deuxième partie. La foi de saint Thomas est le remède de notre mcrédulité. Distinguons trois états où la foi de cet apôtre peut être considérée : le premier, où il Ta professée hautement; le second , où il Ta préchée apostoliquement;*le troisième, où il Ta consommée samteinent. Or, dans ces trois étaU , la foi de ce grand saint sert à guérir notre infidélité.

t. Il Ta professée hautement, lorsqu'il reconnut Jésus- Christ pour son Seigneur et son Dieu. Or, puisque saint Thomas a cru , non devons croire. Car oe n'est point par faiblesse qu'il a cru , ce n'est point par légèreté , ce n'est point par une aveugle déférence au sentiment et au rapport des autres. 11 ne fut que trop éloigné de telles dispositions. C'est donc par la seule évidence de la vérité : et qui ne croirait pas au témoignage d'un homme obligé de se rendre à la seule force de la vérité qu'il combattait? Ainsi saint Paul convainquait-il les Juifs par son propre exemple. Mais non-seulement la foi de saint Thomas est un argument qui nous convainc; c'est encore une leçon qui nous instruit : de quoi? du point le plus essentiel de la religion, qui est la divinité de Jésus-Christ. Vous êtes, lui dit-il, mon Seigneur et mon Dieu : Dominm meus et Detis meus.

2. Il l'a préchée apostoliquement, jusque dans la région la plus intérieure de l'Inde^ où il a soumis à l'Évangile des millions d'infidèles. Or, ce succès de l'Évaugile a toujours été considéré des Pères comme une des plus incontestables preuves de notre foi. Du reste, nous croyons les mêmes vérités qu'il prêchait : heureux si nous en faisons les règles de noire vie !

3. n Ta saintement consommée par son martyre. Il a signé de son sangle témoignage qu'il rendait en faveur de la foi. Quelle conviction pour nous! mais en même temps (juclle instruction ! Est-ce ainsi que nous sommes disposés à défendre notre foi? Du moins 1 honorons-nous et la soutenons-nous par notre vie?

POUR LA FÊTE DE SAIST ETIENNE

Sujet. Etienne, plein de grâce et de force , faisait des prodiges et de grands miracles parmi le peuple.

Voilà en deux mots le précis de tout ce que nous avons à considérer, el , autant qu'il nous est possible, à imiter dans la personne du glorieux martyr saint Etienne.

Division. Etienne a été plein de grâce dans l'accomplissement de son ministère , et cela seul est un miracle de sainteté dont Dieu s'est servi pour commencer à former les mœurs du christianisme naissant : première partie. Etienne a ét(^ plein de force dans la consommation de son martyre, el cela seul est, non pas un prodige, mais plusieurs prodiges ensemble qui ont obscurci tout l'éclat et toute la gloire des vertus du paganisme : deuxième partie.

Première partie. Etienne plein de grâce dans l'accomplissement de son ministère. Il était diacre, et même le [Tcmirr des diacres de l'Église. Charge honorable, mais

qui l'engageait à deux choses : l'une, d'administrer les biens de l'Église, dont il était par office le dispensateur; l'autre, de gouverner les veuves, qui, renonçant au monde, se consacraient à Dieu dans l'état de la viduité. Charge où la samteté même trouvait des risques à courir; mais où Dieu voulait que saint Etienne , par sa probité et par sa mgesse , servit d'exemple à tous les siècles futurs.

1. Comme dispensateur des biens de l'Église , Etienne était responsable de sa conduite à Dieu et aux liommes : première épreuve de sa vertu , où parait sa probité et tonte la grâce dont il fut rempli ; cardans un tel ministère , qn'y a-t-il de plus difficile que de conserver devant Dieu tout le mérite d'un parfait désintéressement , et d'en avoir devant les hommes toute la réputation? Tel fut le double avantage de saint Etienne ; et qu'il serait à souhaiter que les biens ecclésiastiques fussent de nos jours ainsi dispensés!

2. Comme directeur des veuves qui vivaient séparées du monde, Etienne était chargé de leui conduite : autre épreuve bien dangereuse ; car à quels périls , à quels discours et à quels soupçons n'est-on pas exposé dans un emploi où l'on est obligé de traiter souvent avec les personnes du sexe? Que n'en coûta-t-il point à saint Jérôme? mais paria-t-on jamais de saint Etienne qu'avec respect et avec éloge? Il n'y a que la probité, et la probité reconnue, qui puisse être de la sorte au-dessus de tons les jugements da monde; el voilà le fruit de la grâce dont Etienne eut la plénitude. Erreur, si nous prétendons, surtout dans un siècle comme celui-ci , échapper à la malignité du monde par une autre voie que par celle d'une exacte et constante r^hrite.

A cette probité se trouva jointe une sagesse toute divine. Pour en élre persuadé, il n'y a qu'à lire ce beau discours qu'il fit aux Juifs ; et ce qu'il leur disait , à combien de chrétiens pourrait-on encore le dire : Dura cervice et incircumcisis cordibus et auribus, vos semper Spirilui Sancto rcsisfilis.

Deuxième partie. Ktienne plein de force dans la consommation de son martyre. Deux miracles où il a fait éclater cette force : miracle de patience dans toutes les circonstances de sa mort ; miracle de charité envers les auteurs de sa mort.

1. Miracle de ])atience dans toutes les circonstances de sa mort C'a été le premier martyr dont l'exemple a fortifié tous les autres , mais qui , marchant à leur tète comme leur chef, avait besoin d'une plus grande force. Il a souffert de tous les genres de martyre un des plus cruels ; et , au milieu de sou tourment, il conserva toute la paix de son âme. Et nous , que voulons-nous souffrir ? Saint Etienne a triomphé des tourments et de la mori , et tous les jours nous sommes vaincus par la mollesse et par les douceurs de la vie.

2. Miracle de charité envers les auteurs de sa mort. Nonseulement il leur pardonna , mais il pria pour eux , et avec plus de zèle que pour lui-même ; car en priant pour luimême , il se tenait debout , mais en priant pour ses bourreaux il fléchit les genoux. Dans une telle chanté, quelle force! Aussi Dieu Técouta-t-il ; et de là vint la conversion de Saul. Un des signes les plus certains de notre prédestination bienheureuse, c'est cette charité envers nos ennemis. Pardonnons , et Dieu nous pardonnera.

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POUR LA PÊTB K ftAIMT JBAM L*£¥ANGtiUSTB.

SwBT Pierre, se retournant, vit venir après lui le

disciple que Jésus aimait, et qui pendant la cène

s'était reposé sur son sein.

La plus glorieuse qualité de saint Jean a été d*être le disciple bien-aimétie J^us-Christ ; et par son exemple il nous éprend comment nous devons participer nous-mêmes à on avantage si précieux.

DinsiOR. La Cfveur des grands a communément trois débuts essentiels. Elle est injuste de la part du maître qui la donne , orgueilleuse et ûèn dans la conduite de celui qu la possède, et odieuse à ceux qui n'y parviennent pas. Mais la faveur spéciale dont Jésus-Christ a gratifié saint Jean, eut trois caractères tout opposés. Elle a été parfaitement juste dans le choix que Jésus-Christ a fait de cet apôtre : première partie. Elle a été solidement humble et bienfaisante dans la manière dont cet apôtre en a usé : deuxième partie. Elle n*a rien eu d'odieux à l'égard des antres disciples, auxquels cet apôtre semble avoir été préféré : troisième partie.

Premièbe partie. Faveur parfaitement Juste dans le choix que Jésus-Christ a fait de saint Jean, 1. parce que cet apôtre a été vierge; 2. parce qu'il a été fidèle à Jésus- Christ dans la tentation.

1 . Il a été vierge , et qui ne sait pas combien la virginité piatt à Jésus-Chri:it, qui est la pureté même? Comme donc le Sauveur des hommes voulut avoir sur la terre une mère vierge, ne nous étonnons pas qu'il ait voulu pareillement avoir sur la terre un fkvori vierge, et que ce soit lui qu'il ait fait reposer sur son sein.

3. n a été fidèle à JésusrChrist dans la tentation. Les antres apôtres abandonnèrent cet Homme-Dieu ; mais saint Jean le suivit jusques au Calvaire; et voilà pourquoi ce Dien sauveur lui confia sa mère. C'est ainsi que nous mériterons la faveur de Jésus -Christ, soit par la pureté de l'âme et du corps , soit par la constance dans les dégoûts et les désolations.

Deuxième partie. Faveur solidement humble et bienfidsante dans la manière dont saint Jean en a osé : 1 . humble par rapport à lui; 2. bienfaisante par rapport à nous.

1. Humble et modeste par rapport à lui. Comment parle- Ml de lui-même dans tout sou Évangile? sans se nommer jamais. Cest ce disciple, dît-il toujours , comme s'il parlait d'un antre. S'il eût dit, C'est ce disciple qui aimait Jésus, il eût fait oonnaltre en cela son propre mérite ; mais il dit : C'est ce disciple qui était aimé de Jésus. Or, à être aimé, il n'y a ni louange ni mérite. Quand U s'est nommé ailleurs , c'est pour s'appeler seulement noire frère : Jean , votrejrère.

2. Bienfaisante et utile pour nous. Si saint Jean est entré dans tous les secrets de Jésu^Christ, c'a été pour nous les communiquer. C'est à lui que nous devons la connaissance des personnes divines, et des plus profonds mystères de la religion. Telle est la manière dont nous devons oser nousHoiêroes des faveurs et des grâces du ciel. Soyons humbles en les recevant, et ne cherchons point à nous en glorifier. Faisons-en part au procliain, et employons-les à ion utilité. Par exemple, sommes-nous riches, 'soulageons les pauvres.

Troisiàmb partie. Faveur qui n'a rien eu d'odieux par rapport aux autres disciples, auxquels saUit Jean semble ivoir été préféré; car elle ne l'a pas exempté plus que les

ROVRDALOUB -* T. U.

7ûS

autres de boire le calice de Jésus<nuist et de souffrir. Au lien d'un martyre que les autres ont souffert, il en a enduré trois, Vun au Calvah^, le second dans Rome, et le troisième dans son exil.

1. Au Calvaire, et ce fut le martyre de son cœur. Que ne soufTritUpas en voyant expirer son maître.'

2. Dans Rome, et ce fut un martyre de sang. Quel supplice d'être plongé peu à peu dans l'huile bouillante !

3. Dans son exil où il mourut. C'est ainsi que Dieu aime ses élus, et n'espérons pas qu'il nous aime autrement. Nous buvons tous le calice des souffrances : mais combien le boi vent eu réprouvés , au lieu de le boire comme les amis et les élus de Dieu?

POOR LA PfiTB DE SAmTB 6E2f BVIÊVR.

Scjet. Dieu a choisi ce qu'il y avait de plus faible dans le monde, pour confondre les forts, et il a pris ce qu'il y avait de moins noble et de plus méprisable, même les choses qui ne sont voint, pour détruire celles qui sont.

Pensée bien humiliante pour les sages et les ^ands du monde, mais bien consolante pour les petits et pour les pauvres. Cette conduite de Dieu a paru admirablement dans sainte Geneviève.

Division. Simplicité de Geneviève, plus éclairée que toute la sagesse du monde : première partie. Faiblesse de Geneviève, plus puissante que toute la force du monde : deuxième partie. Et , pour parier de la sorte , bassesse de Geneviève, plus honorée que toute la grandeur du monde : troisième partie.

Première partie. Simplicité de Geneviève, 'plus éclairée que toute la sagesse.du monde, 1. par l'union qu'elle vouhit avoir avec Dieu ; 2. par les sahites communications que Dieu eut réciproquement avec elle.

i. Par l'union qu'elle voulut avoir avec Dieu. Dans ce dessein elle se consacra à lui par le voeu de virginité , mais après avoir consulté là-dessus deux grands évoques, ne voulant pas suivre ses propres lumières ; en cela d'autant plus sage qu'elle se défia plus d'elle-même et de sa sagesse. Pour mieux observer son vœu et pour se tenir plus étroitement liée à Dieu, elle se sépara du monde , et embrasse la retraite ; die s'employa aux exerdoes les plos bas de le charité et de l'humilité , et elle pratiqua une austère pénitence. Voilà quelle ftat la sagesse de Geneviève ; ce fet une sagesse évangélique , et la sagesse de l'Éveogile pisse toute la sagesse du monde.

2. Par les saintes eommunicatiotts que Dieo eut avee elle; car c'est aux simples qee Dieo se communique : et de quels dons ne combla-t^fl pes Geneviève? QueUee ooonaissances, quelles vues, quel discernement des esprits!

Quatre règles pour engager Dieu à répandre sur nous ses lumières : I. suivre le conseil de nos pasteurs et de nos directeurs; 2. Mr le monde et les vains coameroes du monde ; 3. s^i^onner àla pratique des bonnes ceuvres; 4. se purifier par la péniténee.

DEuxiteB PARTIR. Falblcsse de iïsiieviève plus paie santequetodtela force du monde;!, pour la guérison te eorps; 2. ponr la gnérison des âmeei

1. Pour la guérison des eorps. Tant de mincies publiés , connus, avérés, le font bien voir. H n'y a que ponr ellemême qu*dle n'usa point de ce don des miracles; mais|i

4ft

7«6 ANALYSES DES SERMONS

patience daus les maux de la vie ne fiit-elle pas un mii-acle euoore plus grand que tous les autres?

2. Pour la guérison des âmes. Combien de conversions a-t-elle optVées? combien d'afRictions a-t-elle soulagées, soit pendant sa vie, soit depuis sa mort ? Assez forle dans sa Taiblessc même , pour fléchir tes puissances du ciel , pour humilier les plus fières puissances de la terre , pour confondre toutes les puissances de Tenfer.

Voilà pourquoi nos pères ont mis sous sa protection cette ville capitale, et combien de fois en avons-nous éprouvé les salutaires effets? Mais nous avons bien lieu de craindre que nos désordres ne les arrêtent ; car, qu'est-ce que Paris, et quelle corruption de mœurs!

Troisième partie. Bassesse, pour ainsi dire, de Geneviève, plus honorée que toute la grandeur du monde. Honorée 1 . par les princes et par les rois ; 2. parles évoques et les prélats de l'Église ; 3. par les saints. Ce n'est pas qu'elle n'ait eu des persécutions à soutenir : mais on sait avec quel éclat elle en a triomphé.

Surtout depuis qu'elle jouit de la gloire dans le ciel , quel culte lui a-t-on rendu sur la terre ? Culte le plus solennel , culte le plus universel, culte le plus ancien et le plus constant , culte le plus religieux. C'est ainsi que la mémoire du juste , selon la parole du prophète , est étemelle , et que celle des pécheurs périra. Aspirons, non pas aux mêmes lionneurseu ce monde, mais à la même gloire dans l'éternité bienheureuse.

POUR LA FÊTE nE SAINT FRANÇOIS DE SALES.

Sujet. Dieu l'a fait saint par l'c/ficace de sa foi et de sa douceur.

C'est l'éloge que l'Écriture fait de Moïse , et qui convient parfaitement à saint François de Sales. Sa douceur a été tout évangélique , et doit nous servir d'instruction et de modèle.

Division. François de Sales , par la force de sa douceur, a triomphe de l'hérésie : première parlie. François de Baies, par l'onction de sa douceur, a rétabli la piété dans l'Église : deuxième partie.

Première partie. François de Sales , par la force de sa douceur, a triomphé de l'hérésie. En quel état se trouvait ledioc^ de Genève, lorsqu'il en fut fait évoque? L'hérésie y était dominante; et ce saint pasteur y convertit plus de soixante et dix mille hérétiques. Mais par où opéra* t-il ce miracle? ce fut surtout par sa douceur ? 1. douceur patiente, qui lui rendit tout supportable ; 2. douceur entreprennntt; et agissante , qui lui rendit tout possible.

1. Douceur patiente. Il a eu à supporter les calomnies, les insultes, les révoltes, les attentats; mais sa douceur à souffrir tout et à pardonner tout, le faisait aimer de ceux mêmes qui s'étaient élevés contre lui , et par là il les gagnait.

2. Douceur entreprenante et agissante, il a paru dans les coui's des princx;s comme un Élie. De tous les avantages qu'ils lui out offerts , il n'en a accepté aucun ; et l'unique grâce qu'il en voulut obtenir, ce fut l'extirpation de l'hérésie. Combien de courses apostoliques et de voyages lui en a-l-il coûté? combien de veilles et de travaux? Mais ce qui donnait à tout cela une merveilleuse efficace, c'éUiit sa d<)uceur. Par la doctrine on convainc les esprits ; mais par la doureur on gagne les cœurs.

De là , double instruction. 1 . Apprenons à estimer notre foi , pour laquelle François de Sales a si dignement com-

battu , et cultivons-la dans roiis-mêmcs comme il l'a c^^ tivée dans les autres. 2. Traitons le prochain avec donceur : c'est par là que nous îe corrigerons , plutôt que par une autorité dominante et par une sévérité outrée. Si nous sommes sévères , soyons-le plus pour nous-mêmes que pour les autres.

Deuxième partie. François de Sales, par Fonction de sa douceur,, a rétabli Ja piété dans l'Église, n Fa rétablie 1. par la douceur de sa doctrine, 2. par la douceur de sa conduite, 3. par la douceur de ses exemples.

1. Par la douceur de sa doctrine. Ce n'est fias qu'elle ne fût très-sévère dans ses maximes : mais Fonction qu'a y mettait, soit en prêchant, soit en conversant, soit eo écrivant, lui donnait une grâce particulière . et la faisait recevoir avec plus de fruit.

2. Par la douceur de sa conduite dans le gouvernemeot des âmes : témoin cet ordre illustre de la Visitation qu'il a institué , et dont le principal esprit est un esprit de charité.

3. Par la douceur de ses exemples. La Providence l'a atUché à une vie , ce semble , assez commune , afin qu'elle nous devint imitable. lia borné toute sa sainteté aux devoirs de son ministère, et c'est surtout dans les devoirs de notre condition que doit consister notre piété. Mais da reste , que cette parfaite observation des devoirs de chaque élat coûte dans la pratique ! qu'il faut pour cela se foire de violences et remporter de victoires!

POUR LA fête UE SAIOT FRANÇOIS DE PAtJLB.

Sujet. Je suis le plus petit dans la maison de mon père.

C'est ce que disait Gédéon , et c'est ce qu'a dit après loi l'humble François de Paule. L'humilité fut son caractère, et doit faire le sujet de son panégyrique.

Division. Fspè<;e de combat entre Dieu et François de Paule. Saint François de Paule a employé tous les efforts de son humilité pour se faire \ycUi dans le monde; première partie : et Dieu a employé tous les trésors de sa magnificence pour le faire grand; deuxième partie.

Première I'ap.tie. Saint François de Paule a employé tous les efforts de son humilité pour se faire petit dans le monde. Dès l'âge de treize ans il se retira dans un désert, afin d'y mener une vie cachée, et d'y cacher son humilité même.

Cependant , après six années de retraite , sa sainleté malgré lui le fit connaître. Un grand nombre de disciples se joignirent à lui, et il derinl fondateur d'un nouvel ordre dans l'Église. Mais de quel ordre? d'un ordre qu'il établit sur le seul fondement de l'humilité ; d'un onirtî qu'il gouverna par le seul esprit de l'humilité ; d'un ordre qu'il distingua par le seul caractère de Fliiiinilité.

Son nom se répandit dans les cours des prince. Un de nos rois l'appela auprès de lui, et il parut à la cour de France. Mais s'il entra à la cour, ce ne fut que par la porte do riiumilité; s'il y demeura, ce ne fut qu*» pour y exercer l'Inimilité ; s'il en sortit , U en remporta toute son humilité.

Ce fut par le môme esprit d'humUilé, que, non content de renoncer à l'épi-scopat , il renonça même au sacenlocf . So>ons humbles, par proportion, comme lui. L'humilité est l'abrégé de toute la perfection chrétienne , puisqu'il n'v a point de désordre que l'humilité ne puisse corriger, ni de vertu (ju'elle ne nous fasse acquérir.

ANALYSES DES SERMONS

DEcrùare partie. Dieu a employé tous les trésors de sa magnificeDce , pour glorifier saint François de Paule et pour le faire grand. Il Ta glorifié en deux manières : 1. par soi-même; 2. par le ministère des créatures.

1 . Dieu Ta glorifié par soi même , en lui communiquant deux des caractères les plus essentieU de sa di\iiiité , savoir, la science et la puissance : la science , pour prévoir les choses futures , et pour découvrir les secrets des cœurs ; la puissance, pour opérer les plus grands miracles. En combien d'occasions François de Paule a-t-il fait éclater ce don des miracles et ce don de prophétie?

2. Dieu Ta glorifié par le ministère des créatures. Tous les éléments lui ont obéi ; toutes les puissances de la terre l'ont honoré, surtout Sixte IV, pape; Louis XI, roi de France; Charles VJII, successeur de Ix)uis.

Mais si Dieu Ta tellement glorifié pendant sa vie, combien plus encore Ta-t-il glorifié après sa mort.' Son sépulcre, selon l'expression du prophète, a été un des plus glorieux ; et de quelle gloire jouit son âme bienheureuse dans le ciel? Telle est la véritable grandeur où nous devons aspirer. Nous ne devons pas souhaiter de briller dans le inonde comme saint François de Paule : mais nous devons travailler à devenir grands comme lui auprès de Dieu *"* dans rélemité.

POUR LA FÊTE DE SAINT JEAN-BAPTISTE

ScJET. // y eut un homme envoyé de Dieu, gui s'appelait Jean. Ce fut lui qui vint pour rendre témoignage à la lumière.

Voilà le véritable caractère de saint Jean-Baptiste , et sa principale fonction en qualité de précurseur. 11 a été le témoin de Jésus-Christ, et il est venu pour cela.

Division. Témoignage de Jean-Baptiste en faveur de Jésus-Christ : première partie. Témoignage de Jésus-Christ en faveur de Jean-Bapliste : deuxième partie.

Première partie. Témoignage de Jean-Baptiste en faveur de Jésus-Christ. Ce divin précurseur a eu toutes les qualités d'un parfait témoin : 1 . témoin fidèle et désintéressé; 2. témoin instruit et pleinement éclairé ; 3. témoin sûr et irré{)rochablc ; 4. témoin zélé et ardent; 5. témoin constant et ferme.

1 . Témoin fidèle et désintéressé. On voulut le reconr.allrc pour le Messie ; mais il protesta hautement qu'il ne l'était point.

2. Témoin instruit et pleinement éclairé. Tout ce que nous savons de Jésus-Christ et tout ce que nous en devons savoir, c'est Jean-Baptiste qui nous l'a enseigné le premier, par les différents témoignages qu'il a rendus à ce Dieu sauveur.

3. Témoin sûr et irréprochable. C'était un saint , et réputé saint par les Juifs mêmes.

4. Téiiioin zélé et ardent. Avec quel zèle parlait-il aux Juifs , leur reprochant leur incrédulité et les appelant race de vipères! // est venu avec Vesprit d'Eue.

5. Témoin constant et ferme. Depuis sa conception jusqu'à sa mort, il n'a point cessé de remplir son ministère. Mourir comme il est mort pour la justice, c'était mourir en témoin de Jésus-Christ.

Rendons nous-mêmes témoignage à Jésus-Christ par l'observation de sa loi ; et soyons des témoins fidèles , zélés , irréprocliables et constants.

Deuxièmepartie. Témoignage de Jésus- Cîiri>! rn faveur

de Jean-Baptiste. Le Sauveur du monde, pour honorer son précurseur, a rendu (émoignage, 1. à la grandeur de sa personne ; 2. à la dignité de son ministère ; 3. à l'excellence de sa prédication; 4. à l'efiicacede son baptême; 5. à la sainteté de sa vie et à l'austérité de sa pénitence.

1 . A la grandeur de sa personne. Je vous dis en vérité : Parmi les enfants des hommes, il n'y en a point de plus grand que Jean-Baptiste.

2. A la dignité de son ministère. Je vous déclare que Jean est encore plus que prophète. Car c'est de lui qu'il est écrit : Voici mon ange que j'envoie devant vous, pour vous préparer la voie.

3. A l'excellence de sa prédication. Toule l'excellence d« la prédication consiste à éclairer et à toucher : or, selon le témoignage de Jésus-Christ, Jean-Baptiste était un flambeau luisante/ ardent.

4. A l'cflicace de son baptême. Le Fils de Dieu voulut lui-même le recevoir.

5. A la sainteté de sa vie et à l'austérité de sa pénitence. Qu'éles-\ous allé voir dans le désert? un roseau que le vent agite P un homme velu mollement? Ainsi pariait le Sauveur du monde , pour faire connaître la constance de Jean , et sa vie auslère et mortifiée.

Tachons , par la sainteté de nos mœurs , à mériter que Jésus-Christ nous reconnaisse un jour devant son Père; et craignons au c/)ntraire qu'il ne rende témoignage contrenous , par l'opposition qui se rencontrera entre notre conduite et celle de saint Jean.

POUR LA FÊTE DE SAINT PIERRE

Sujet. Pierre lui répondit: Vous êtes le Christ, fils da Dieu vivant.

C'est ainsi que saint Pierre confessa le premier la divinité de Jésus-Christ; et c'est en conséquence de celle confession , aussi bien que pour son amour envers le Fils de Dieu , que Jésus-Christ l'établit chef de l'Église.

Division. Foi de saint Pierre , opposée à notre infidélité : première parlie. Amour de saint Pierre, opposé à notre insensibilité : deuxième partie.

Première partie. Foi de saint Pierre opposée à notre infidélité. Nous devons apprendre de lui deux choses : 1 . à confesser comme lui la foi que nous avons dans le ccRur; 2. à réparer comme lui par une fervente pénitence notre lâcheté, si quelquefois nous sommes assez malheureux pour manquer de ferveur et de courage dans la confession de notre foi.

1. A confesser la foi que nous avons dans le cœur. La foi de saint Pierre fut une foi pratique qui se produisit par Jes œuvres ; et la nôtre n'est qu'une foi oisive et sans action. La foi de saint Pierre fut une foi généreuse, en veitu de laquelle il abandonna tout ce qu'il possédait et tout ce qu'il était capable de, posséder; et la nôtre ne nous fait renoncer à rien. La foi de saint Pierre fut une foi pleine de confiance , qui le fit marcher sur les eaux ; et la nôtre s'étonne du moindre donger. La foi de saint Pierre fut une foi à l'épreuve de tout scandale; et le plus léger scandale déconcerte la nôtre. Ce n'est pas que la foi de cet apôtre fût d'abord parfaite , et nous en avons toutes les imperfections sans en avoir les perfections. Mais après tout, malgré les imperfections à quoi il était encore sujet , il confessa hautement Jésus-Clirisl , et le reconnut comme Dieu. Sans une confession haute et publique de notre foi , selon que les

ANALYSES DES SERMONS

<»ccasioiis le demandent, il n*y a point de salut à espérer pour nous.

'A. A réparer par one fervente pénitence notre Iftchetë» si quelquefois nous sommes assex malheureux pour manquer de courage dans la confession de notre foi. Saint Pierre renonça Jésus^^brist, et en combien de rencontres le renonçons-nous? Chute de saint Pierre qui doit nous feire trembler, et qui procéda de trois causes; savoir, de sa présomption, de son orgueil , et de soq imprudence. Mais par quelle pénitence se rele?a-t-il d*une telle clmte? Pénitence la plus prompte, la plus sincère, la plus constante. Si nous tombons comme lui, faisons pénitence comme lui.

Deuxième partie. Amour de saint Pierre opposé à notre insensibilité. Ce fut par son amoor pour Jésus-Christ, que cet ap6ti« mérita rentier accomplissement de la promesse que le Fils de Dieu lui avait faite, de lui confier le soin et la conduite de TÉglise. Aussi le Sauveur du monde, avant quede l'établir pasteur de son troupeau , lui demande- Ml par trois fois : M'aimez-vous , et m' aimez-vous plus que les autres P Amour de saint Pierre , 1. amour hum ble; 2. amour généreux.

1 . Amour humble. Pierre ne retendit pas h Jésus-Christ, Je vous aime plus que les autres , mais simplement. Je vous aime , ne voulant pas se préférer à eux. 11 ne répondit pas même absolument, Je vous aime, mais, Vous savez que je vous aim^t comme se défiant de lui-même et de son propre sentiment. Eniin , il s*attrista voyant que Jésus-Christ lui demandait plusieurs fois : M*aimez-vous P car il commença à craindre en effet de n*aimer pas autant cet aimable maître qu*il le croyait.

2. Amour généreux , c'est-à-dire amour fervent, patient , héroïque. Fervent, avec quelle aideur prêcha- t-il Jésus- Christ? patient, que n*eut-il point à souffrir pour le nom de Jésus-Christ? héroïque, quel martyre endura-t-il pour la cause de Jésus-Christ? Est-ce ainsi que nous aimons Dieu et Jésus-Christ ? Avons-nous cet amour fervent ? nous ne faisons rien pour Jésus-Christ, ou le peu que nous faisons, nous ne le faisons encore qu*avec froideur. Avonsnous cet amour patient? la moindre peine nous abat. Avons-nous cet amour héroïque ? puisque les plus légères difficultés nous étonnent , peut-on penser que nous soyons <lans la disposition de sacrifier notre vie? Ranimons dans nos cœurs ce saint amour; et si nous ne Ta vous pas, demandons-le à Dieu.

POUR LA FÊTE nE SAlIfT PIERRE ; SUR L*0BÉIS6AJ«CE A L'ÉGLISE.

ScJET. Et moi je vous dis que vous êtes Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église , et que les portes de Venfer ne prévaudront point contre elle.

C'est à cette Église dont saint Pierre a été le fondement que nous devons notre obéissance et une parfaite soumission.

Division. Nous devons à l'Église une double obéissance : l'obéissance de l'esprit, pour croire les vérités qu'elle nous propose ; première partie : l'obéissance du cœur, pour suivre les lois qu'elle nous impose ; deuxième partie.

Première partie. Obéissance de l'esprit, pour croire les vérités que l'Église nous propose. Elle est la dépositaire , l'organe et l'interprète de la vérité. C'est à elle à nous mettre en main le sacré dépôt de la parole de Dieu , et à

nous l'expliquer ; elle a ponr cela on pouToir qa'elle a itça du Fils de Dieu. Or, elle ne peut user de ce podvoirqo'aatant que nous sonnmes obligés de nous soumettre à ses décisions et de la croire. Ce qui faisait dire à saint Aogostio qu'il ne croirait pas à l'Évangile, si l'autoiité de l'Église ne l'y engageait. Et en effet , sans cette aatorité de l'Église, il n'y aurait plus de règle fixe et certaine pour coonaitre le vrai sens de l'Évangile.

Maxime de saint Auguslhi sans laquelle oo ne peot conserver dans FÉglise de Dieu ni la paix , ni Tordre, ni l'unité de la doctrine, ni l'humililé de l'esprit. Maxime li nécessaire, que l'église protestante elle-même en a reconoa la nécessité. Maxime qui présuppose l'infaillibilité de l'Église , et d'où suit toujours l'obligation indispensable de lui obéir.

Quatie choses sur cette obéissance de FenteDdemeoL 1. C'est, à proprement parler, cette obéissance qui noni unit à l'Église, et qui nous fait membres de son corps: exemple de Tertullien. 2. Sans celle obéissance, il ne sert à rien d'être extérieurement dans le corps de l'Église, car l'extérieur de la profession et du culte n'est point ce qui nops lie à l'Église : exemple des donaUstes. 3. Cette obéissance a été de tout temps l'épreuve à quoi l'on a distingué les vrais fidèles ; exemple des saints Pères , et en particolier de saint Jérôme. 4. Celte obéissance doitêtre une obéissance pratique , et non de paroles seulement Voilà sur quoi nous serons jugés de Dieu. En vain aurons-oous pratiqné de bonnes œuvres , et marché dans la vole éirmt^ : sans U soumission à l'Église nos œuvres sont inutiles ; «t l'on pett même dire que, pour certains espriU, la Toie étroite esta partie de renoncer à leurs sentiments poor prendre ceux de l'Église. U est vrai que l'Église est gouvernée par des hommes; mais elle n'en est pas moins infaiiable, puisque ces hommes sont conduits par l'esprit de Dieu.

Deuxième partie. Obéissance du cœur pour suivre les lois que l'Église nous impose, t. L'Église est notre mère, donc elle a droit de nous commander; 2. ce qu'elle nous commande est d'une obligation étroite et rigoureuse- 3. nous ne pouvons violer ses commandements sans violer un des commandemenU les plus authentiques de la loi de Dieu ; 4. la témérité avec laquelle nous transgressons les préceptes de l'Église, ne procède souvent que d'un fonds de libertinage.

1. L'Église est notre mère, donc elle a droit de nous commander. La vérité de cette conséquence se découvre d'elle-même. Il n'y a eu que les hérétiques qui n'aient pas recoimu sur cela le pouvoir de l'Église par une prévenlioR d'esprit; et il n'y a que les mauvais catholiques, qui, le reconnaissant, refusent de s'y soumettre par une dépravation de cœur.

2. Ce que l'Église nous commande est d'une obligatâoe étroite et rigoureuse. 11 faut bien que cela soit, puisque les ordres d'un père obligent un fils , sons peine de péché; puisque Jésus-Christ veut qu'on tienne pour païen et poar publicain celui qui n'obéit pas à l'Église; puisque le même Sauveur a donné pouvoir à son Église de nous excommunier, lorsque nous lui sommes rebelles. Ainsi en partiru- Uer saint Augustin a-t-il parié du jeûne ordonné par FKglise, comme d'un jeftne de précepte. D'autant plus criminels quand nous désobéissons à cette raère , qu'elle ne nous commande rien que de raisonnable.

3. Noot ne pouTons Tîûler les oommandements de l'Église sans Tioler un des GommaDdemeuto les plus authentiques de la loi de Dieu : car Dieu , dans sa loi , nous commande d'obéir à l'Église.

4. La témérité avec laquelle nous transgressons les préceptes de l'Église, ne procède souvent que d*un fonds de libertinage. Ceci ne regarde point ceux qui ont eu le malheur de naître dans l'hérésie, mais les catholiques. Quel antre esprit qu'un esprit de libertinage peut les porter à Tioler des préceptes dont la pratique demande si peu d'efforts, et que l'Église a pris tant soin de proportionner à notre faiblesse? Honorons notre religion, en honorant l'Église, édifions nos frères nouvellement convertis, et soutenons par nos bons exemples ce que la grftce a fait en eax.

POUR L4 FÊTB DE SAIMT PAUL.

Sujet. Paul, serviteur de JésuS'Christ» appelé à rapostolat,

Yollà le ministère de ce grand apôtre : ministère qu'il a parfaitement soutenu.

Division. Saint Paul a été le fidèle serviteur de Jésus- Christ: pourquoi? parce qu'il a pleinement accompli le ministère de l'apostolat; première partie : parce qu*il a parfaitement honoré le ministère de l'apostolat; deuxième partie : parce qu'il s'est continuellement immolé pour le ministère de l'apostolat; troisième partie.

pREiuèRE PARTIE. Saint Paul a pleinement accompli le ministère de l'apostolat. Il avait été choisi de Dieu i . pour confondre le judaïsme ; 2. pour convertir la genti- Ilté; 3. pour former le christianisme dès sa naissance. Or c'est de quoi il s'est pleinement acquitté.

1 . Il a confondu le judaïsme : par où? par son exemple. Car lorsqu'il prêchait Jésus-Christ aux Juifs, sa prédication devait avoir d'autant plus de force, qu'il avait été lui-même un des plus ardents persécuteurs de l'Église chrétienne, et c'était aussi la preuve dont il se servait souvent.

2. 11 a converti la gentilité. D'où vient qu'il a été appelé par excellence l'apôtre des Gentils. Depuis F Asie jusqu'aux extrémités de l'Europe , il a établi l'empire de la foi.

3. 11 a formé le christianisme , soit par les grands mystères qu'il nous a révélés, soit par les samtes règles de conduite qu'il nous a tracées dans ses divines épltres. C'est là , tout mort qu'il est , qu'il nous prêche encore. Profitons dt ses enseignements.

DEUxiàME PARTIE. Saint Paul a parfaitement honoré le ttinislère de l'apostolat : comment cela? par son désintélesseiuent, qui a surtout consisté en trois choses :

1. Il exerça gratuitement le ministère dont Dieu l'avait chargé, ne demandant rien et n'acceptant rien. Or, qu'y ft4-il qui fosse plus d'honneur à l'Évangile que ce détachement?

2. n ne se prêcha point lui-même, mais uniquement Jésus-Christ ; c'est-à-dire qu'il n'eut point en vue sa propre gloire, mais qu'il ne chercha que la gloire de Dieu et le salut des âmes : ne se prévalant point de ses talents naturels, ftiyant les applaudissements des hommes, ne souffrant jamais que, sous ombre d'estime et de confiance , on s'attach&t à loi personnellement.

3. Il était aussi zélé pour son ministère exercé par d'autjres que par lui-même; ne se r^ouissant pas moins des

socoès des autres que des siens proprot, et toujours content pourvu que Jésus-Christ fût annoncé et connu. Cesl ainsi que les ministres évangéliques se rendent irr^ro- . chables, et c'est par là même qu'ils honorent, comme saint Paul, leur ministère.

TROisièiiE PARTIE. Saint Paul s'est continueUement immolé pour le ministère de l'apostolat Double sacrifioe qu'il commença dès l'instant de sa vocation à l'apostolat, et qui a duré, sans parler de son martyre, autant que sa vie : l'un de patience ; l'autre de pénitence.

1. Sacrifice de patience, par où Q se dévoua aux persécutions des hommes pour le nom de son Dieu. Par quelles épreuves n'a-t-il pas passé? il nous l'apprend lui-même dans le récit qu'il fait de ses souffrances. Du reste , quelle différence entre cet apôtre et nous! U g*est sacrifié Aun^ son ministère, et nous nous épargnons dans le nôtre.

2. Sacrifice de pénitence. Ce n'était point asseï pour saint Paul d'être persécuté , s'il ne se persécutait lui-même, elle liant tous les jours son corps et le réduisant en servitude. 11 se traitait de la sorte , premièrement pour son propre salut ; secondement , ainsi qu'il le témoigne , pour toute l'Église. Deux grandes leçons pour uous. C'était un saint, et nous sommes pécheurs : nous devons donc encore bien plus faire pénitpjoce que lui. C'était pour l'Église qu'il se mortifiait ; il faut donc à son exemple sacrifier, dans notre profession , notre force, notre santé , notre vie, pour ceux que Dieu commet à nos soins, et dont il nous demandera compte.

POUR LA FÊTE nE SAINTE MADELEINE.

Sujet. En même temps une/emme de la ville, qui était de mauvaise vie, ayant su que Jésus-Christ man^ geait chez un pharisien , y apporta un vase d'albdtre plein d'une huile de parfiim; et s'étant prosternée à ses pieds , elle commença à les arroser de ses larmes, et elle les essuya avec ses cheveux.

Cette femme, c'est Madeleine, qui nous donne id le modèle d'une parfeite pénitence.

Division. Pénitence de Madeleine, pénitence prompte pour surmonter ces retardements si ordinaires aux pécheurs : première partie. Pénitence généreuse pour triompher de tous les obstacles, et en particulier de ces respects humains qui arrêtent tant de pécheurs : deuxième partie. Pénitence efficace , pour sacrifier à Dieu tout ce qui avait été la matière et le sujet de son i)éché : troisième partie.

Prehière PARTIE. Péniteucc prompte. Dès qu'elle con» nul, elle ne délibéra pohit. Elle marcha , elle exécuta. Se convertir, ce n'est pohit raisonner, mais conclure et agir. On ne se convertit point sans connaître; mais aussi connaître , à l'égard des prédestinés , est le point décisif de la conversion.

Mais encore que connut Madeleine? Deux choses : 1. que cet homme qu'elle cherchait, était sauveur, et sauveur des âmes ; 2. que ce sauveur était dans la maison du pharisien , c'est-à-dire que cette maison était le lieu marqué dans l'ordre de la prédestination divine , où elle devait ax>uver l'auteur de son salut. Voilà ce qui la rendit si diligente et si active. Surtout, en connaissant, elle aima, et son amour acheva de la déterminer.

Appliquons-nous cet exemple. Nous savons qu'il foui

ANALYSES DES SERMONS

nous conTerlir, mais nous dilTérons toujours. De nous représenter l'injustice et la téniérilé de ces relardemenls , c'est ce qui nous touche communément assez peu. Que nous manque-t-il donc pour devenir plus prompts et plus agissants? Un peu de cette charité qui triompha du cœur de Madeleine. Or à quoi tient-il que ce feu divin ne prenne dans nos cœurs? Madeleine connaissait-elle mieux Jésus- Christ que nous ne le connaissons ; et môme ne peut-on pas dire que nous le connaissons mieux qu*elle ne le devait alors connaître? Faisons une fois ce que tant de fois nous avons proposé de faire.

Deuxième partie. Pénitence généreuse. Le plus grand obstacle que la pénitence ait à vaincre, c'est le respect humain : Mais Madeleine sut bien le surmonter. Elle ne craignit point de se produire au milieu d'une assemblée. Elle quitta, pour ainsi dire, le luxe d'une mondaine; mais elle en retint tout le front; ou elle coiivcrlil Teffronterie du péché dans une sainte effronterie de la pénitence.

Mais à quel respect humain pouvait-elle être sensible, puisque c'était une pédieresse déjà connue? Il est vrai , c'était une pécheresse connue : mais quel est l'effet du péché? de nous rendre honteux pour le bien, autant que nous sommes hardis pour le mal. Or, c'est cette honte cpie Madeleine eut à surmonter, et qu'elle surmonta. La pénitence , par un effet tout contraire , la rendit honteuse pour le mal , et hardie pour le bien.

Soyons bien persuadés de cette maxime, que quand le respect humain nous dominera , nous ne serons point propres pour le royaume de Dieu. Disons comme l'apiMii' : Si je cherchais à plaire aux hommes, je ne serais pas serviteur de Jésus-Christ. Y at-il un respect humain que nous ne surmontions pour une fortune temporelle ? comment trouvons-nous si difficilo pour Dieu , ce qui nous devient si facile pour un [uiérH j)érissable?

Troisième partie. Pénitence efliraco. L'cfliraro de la pénitence, selon saint Paul, consiste à faire servir pour Dieu ce qu'on a fait servir pour le pée\ic. Or, lelie est la pénitence de Madeleine. Elle emploie ses yeux à pleurer, ses cheveux à essuyer les pieds de Jésus-Chrisl, ses mains à répandre sur les pieds de ce nii}mc Sauveur les liqueurs précieuses et les parfums dont elle se servait pour conlcnlei ses sens.

Voilà pour tant de feiunios du monde la solide preuve d'une sincère conversion, l'aire à Dieu le sacrifice de tout ce qui a servi à l'offenser; toute autre marque csl écpiivoque et trompeuse. Comment détruire le péché , lorsqu'on n'en veut pas couper la racine ?

Parce que la pénitence de Madelsine fut cflicace, ce fut une pénitence durable; et moins celle sainte pénitente s'épargna dans toute la suite de sa vie, plus elle goûta cette paix intérieure dont la grâce la remplit lorsque le Fils de Dieu lui dit, en lui remettant ses péchés : Allez en paix. C'est ce que nous éprouverons nous-mêmes; Dieu, dans notre péuitence, nous rendra aimable ce qui paraissait d'abord insupportable à la nature.

POUR L\ FÊTE DE SAINT ICNACE DE LOYOLA

Sljft. Dieu est fidèle, par qui vous avez été appelés à la compagnie de son Fils Jésus-Christ AotreSeigneur.

C'est ce que disait l'apôtre aux chrétiens de Corintlie ,

Cl ce qui convient parfaitement à saint Ignace.

Division-. Fidélité de Dieu dans la vocatioD d'(gnac« : première partie. Fidélité d'Ignace à suivre la vocation de Dieu : deuxième partie.

Première partie. Fidélité de Dieu dans la vocation d'Ignace. 1 . Fidélité envei-s l'Eglise ; 2. fidélité envers Ignace même.

1. Fidélité de Dieu envers l'Église, pour l'intérêt de laquelle il suscita Ignace , en lui inspirant le dessein d'une vie apostolique : c'était un temps où l'hérésie s'élevait de toutes parts ; et Dieu , pour la combattre et pour défendre son Église, appela saint Ignace. Voilà ce qui a rendu les enfants d'Ignace si odieux à tous les hérétiques : haine dont ils doivent se glorifier. Quelle était la source la plus commune des désordres qui régnaient dans l'Église? L'ignorance des vérités de la foi. Dieu donc envoya Ignace pour enseigner, et par lui-même et par ses successeurs, pour catéchiser, pour instruire la jeunesse, pour ouvrir des écoles publiques, où Yon apprit, non point précisément les sciences profanes, mais la science du salut.

2. Fidélité de Dien envers Ignace , le rendant capable de soutenir une si sainte entreprise , et par les dons extraordinaires de la grâce , le mettant en état de l'exécuter. C'était un homme sans lettres et sans études ; mais Dieu tout i coup l'éclaira dans sa retraite, et lui communiqua les plus sublimes connaissances. Non-seulement Ignace fut éclairé d'en haut pour lui-même, mais pour la conduite des autres: il n'y a , pour en être convaincu , qu'à lire ce livre admirable des Exercices qu'il composa. C'était un étranger, on mendiant, un inconnu : mais Dieu lui promit de lui être propice à Rome , et il le fut. Cependant le ciel pcmiit qn'lgnace fût persécuté : il est vrai; mais être persécuté pour la justice, et tirer de ses persécutions de nouveaux avantages pour faire connaître et aimer Dieu , ne sont-ce pas des grâces et des effets de la fidélité de Dieu ? En quelque éUil (pie nous soyons , si c'est Dieu qui nous y engage, il noïis y soutiendra.

DrAxiiiME l'ARTiE. Fidélité d'Ignace à suivre la vocation de Dieu. Fidélité nécessaire, et sans laquelle il ne pou\âit être un parfait ministre du Dieu vivant. Fidélité qui se réduisit à deux choses : I . au soin qu'il prit d'acquérir toutes les dispositions requises pour sou ministère; 2. au zèle qu'il fit paraître dans l'exercice de son ministère.

1. Soin qu'il prit d'acquérir toutes les disiM)sitions r^ quises pour son ministère. Ce fut on effet pour cela qu'Ignace travailla d'abord à accpicrir toutes les vertus que demande le ministère évangéliipie, surtout une parfaite mort itic^l ion. Comment se traita-t-il dans la grotte de Manrèze? Ce fut pour cela qu'à l'âge de trente-trois ans, il s'abaissa jusqti'à se renfermer avec des enfants dans une écol(i, pour y apprendieles lettres; pour cola qu'il vint continuer ses études à Paris, mendiant lui-même son pain de porte en porte, atin de fournir à sa subsistance. Chose merveilleuse! c'est là que ce zélé disciple devint bientôt maître, et qu'il jeta les premiers fondements de son institut en s'associant des compagnons.

2. Zèle qu'il lit paraître dans l'exercice de son ministère. Sans parler de tout le reste , il suflit de considérer cette compagnie dont il forma le dessein , dont il fut l'instituteur et le conducteur, et dont l'unique lin est la gloire de Dini et la sanctification des «Ames. Dire d'Ignace qu'il n été le fondateur de la Compagnie de Jésus, c'est lairc cr. un mol Té-

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loge complet de son zèle; car c*est donner à entendre que, non content de glorifier Dieu par lui-même, il Ta glorifié encore par tant de missionnaires, de prédicateurs, de dircctears des consciences , de savants hommes, de martyrs. Soyons fidèles à Dieu comme ce grand saint, en remplissant les devoirs de notre état. La fidélité de Dieu consiste à nous donner sa grâce; et notre fidélité doit consister.à agir avec la grâce de Dieu.

POUR LA FÊTE DE NOTRE-DAME DES ANGES ; SUR L*INDULGENCE DE PORTIUNCULE.

Sujet. Ce pauvre a prié, et le Seigneur l*a exaucé.

Ce pauvre, c'est François priant dans l'église de Portiuncule, et demandante Jésus-Christ , par l'intercession de Marie, une indulgence plénière pour tous les pécheurs qui visiteraient cette ^lise avec les dispositions convenables.

Division. François qui prie pour les pécheur», et qui, par le mérite de sa personne , est digne d'être exaucé : première partie. Marie qui intercède pour François, et qui s'y trouve engagée par les plus puissants motirs : deuuème partie. Jésus-Christ qui accorde, en faveur de 1' un et de l'autre, une indulgence que nous devons regarder comme un des dons de Dieu les plus estimables : troisième partie.

PREMiàRE PARTIE. François qui prie pour les pécheurs, et qui par le mérite de sa personne, est digne d'être exaucé : car qu'était-ce que François? 1. Un pauvre volontaire , 2. un pauvre crucifié; 3. un pauvre désintéressé pour luimême et zélé pour le proithain.

1. Un pauvre volontaire, un pauvre évangélique, instituteur d'un ordre de pauvres, parfaits imitateurs de la pauvreté de Jésus-Christ. En fallait-il davantage pour lui faire trouver grâce auprès de Dieu , qui se plaît à écouter jusqu'aux simples désirs des pauvres ?

2. Un pauvre crucifié, c'est-à-dire un pauvre revêtu de la mortification de Jésus-Christ, jusqu'à porter les stygmates deceDieu sauveur. Quelle austérité de vie, quels jeiines, quel renoncement à tous les plaisirs! Esprit de pénitence qu'il a laissé en héritage à ses enfants. Or, combien Dieu devait-il être touché de la prière d'un homme en qui il découvrait des traits si marqués et ime si parfaite image de son Fils! Jésus-Christ prie pour nous dans le ciel, en montrant à son Père les cicatrices de ses plaies ; et François priait sur la terre, en montrant à Dieu les mêmes blessures imprimées sur son corps.

3. Un pauvre désmtéressé. Pour qui adressait-il ses vœux au ciel? Pour les autres et non pour lui-môme. Nos prières n'ont pas la môme efficace auprès de Dieu , parce que nous ne sommes ni pauvres de cœur, comme saint François, ni crucifiés au monde, ni charitables, ni désintéressés.

Deuxième partie. Marie qui intercède pour François , et qui s'y trouve engagée par deux grands motifs : 1. motif de piété maternelle ; 2. motif d'intérêt propre.

1. Motif de piété maternelle envers saint François : car la mère de Dieu ne devait-elle pas spécialement chérir un homme qui faisait une profession particulière de l'aimer, et qui , dansTégKsedaPortiuncule , voulut contracter une alliance étroite avec elle, en se dévouant à son service , et la choisissant pour chef de son ordre? Quand donc François, à la tête de ses ei»fanfs, priait au pied de l'auto! , Marie , prosternée devant le trône du Seigneur, lui présentait elle-même leur prière.

2; MoUf d'intérêt propre. De quoi s'agissait-il dans la concession de l'indulgence que demandait saint François? L'église de Portiuncule, érigée sous le nom de Marie et souft le gloiieux titre de Notre-Dame des Anges, était dans un abandon qui la déshonorait, et U était question de la mettre dans un nouveau lustre, en y attirant les peuples et en y rétablissant le culte de la reine du ciel. De plus, il s'agissait de favoriser un ordre qui, de tous les ordres de l'Église, devait être un des plus ardents défenseurs des privilèges de celle \ierge, surtout de son immaculée conceplion. Ce n'est point en vain qu'on honore Marie etqu'oD se confie en elle , lorsque ce n'est point un stérile honneur qu'on lui rend , ni une confiance présomptueuse qu'on a dans sa médiation.

Troisième partie. Jé^us-Christ qui accorde , en faveur de Marie et de saint François, une indulgence que noua devons regarder comme on des dons de Dieu les plus estimables. Entre les autres indulgences, celle-ci est une de» plus authentiques et des plus assurées ; I . parce que c' est une indulgence accordée immédiatement par Jésus-Christ; 2. parce que c'est une indulgence attestée par les miracles les plus certains; 3. parce que c'est une indulgence rénjndue parmi le peuple chrétien avec un merveilleux progrès des âmes.

1. Indulgence accordée immédiatement par Jésus-Christ : donc indulgence qui doit être infaillible. François néanmoins en communiqua avec le souverain pontife , car tel est l'ordre et l'esprit de Dieu , que toute révélation soit soumise au tribunal et au jugement de l'Église. En quoi la conduite de saint François condamne bien celle des hérétiques , qui ne veulent s'en rapporter qu'à eux-mêmes.

2. Indulgence attestée par des miracles certains , quoi qu'en puissent dire ces prétendus esprits forts qui demandent des miracles pour croire , et qui ne veulent croire nul miracle.

3. Indulgence répandue parmi le peuple chrétien avec un merveilleux progrès des âmes : c'est ce qu'ont éprouvé tant de pécheurs convertis, tant de chrétiens lâches excités et ranimés, tant de justes même sanctifiés. Du reste, pour gagner cette indulgence plénière , il faut renoncer pleinement au péché , et voilà pourquoi il y en a très-peu à qui elle soit appliquée. Ne négligeons rien pour profiter d* un avantage si précieux.

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