des moyens de glorifier Dieu et d'honorer leur religion
3. des croix dont ils ont fait la matière de leur pénitence , et des sacrifices qu'ils ont eu le bonheur d'offrir à Dieu dans l'esprit de leur religion.
t . Des motifs pour s'exciler à la pratique de leur religion. Ce que leur condition les obligeait à faire pour le monde ne suffisait-il pas pour leur apprendre ce qu'ils devaient faire à plus forte raison pour Dieu?
2. Des moyens pour glorifier Dieu et pour honorer leur religion. Combien ont fait pour Dieu de grandes choses, parce (|ue leur condition les mettait en état de les faire? Si saint Louis n'eût pas été roi, aurait-il porté tant de saintes lois? aurait-il bâti tant d'hôpitaux ? Cependant , sans f^iire ce que saint Louis a fait , je trouverai toujours dans la médiocrité de ma condition de quoi marquer à Dieu mon zèle et de quoi l'honorer.
3. Des croix dont ils ont fait la matière de leur pénitence et des sacrifices qu'ils ont en le bonheur d'offrir à Dieu dans l'esprit de leur religion. Par là ils ont eu dans les conditions les plus relevées, et jusqne dans les cours des princes, plus d'occasions de se sanctifier qu'on n'en a partout ailleurs. Soyons soumis et patients comme eux : c'est par la patience qu'on parvient à la même gloire qu'eux.
Complhnent au roi.
rOUR LE JOUR DE LA COMMÉMORATION DES MORTS.
Sujet. Jq vous dis en vérité que V heure est venue , et c'est celle-ci , où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et où ceux qui l'entendront, vivront.
Cette voix du Fils de Dieu, c'est la voix de son sang, qui , dans le sacrifice de l'autel , a été aujourd'hui offert à Dieu pour les morts ; il s'est fait entendre à ces âmes (lue la justice de Dieu retient dans le purgatoire, et il leur a aiuMmcé l'heureuse nouvelle de leur délivrance.
Division. Ne pas secourir les âmes du purgatoire , parce qu'on n'est pas persuadé des peines qu'elles y souffrent, ni qu'il y ait un purgatoire, c'est une conduite aussi déraisonnable qu'elle est pleine d'erreur : première partie, f.tre persuadé des peines que souffrent les âmes du purgatoire, et ne pas travailler à les sea)urir, c'est une dureté aussi criminelle qu'elle est contraire à la piété et aux lois mômes de l'humanité : deuxième partie. Être disposé à secourir les âmes du purgatoire , et ne se servir pour cela que de moyens inefficaces, c'est un désordre aussi commun «lu'il est déplorable dans le christianisme : troisième parlie.
Première partie. Ne pas serx)urir les âmes du purgatoire, parce qu'on n'est pas persuadé des peines qu'elles y souffrent , ni qu'il y ait un purgatoire , c'est une conduite aussi déraisonnable qu'elle est pleine d'erreur. Telle est néanmoins la conduite des liérétiques et de ceux qui, par li-
bertinage, entrent sur ce point dans leurs sentiments : conduite où il est aisé de découvrir trois grands défauts.
1. Dans un doute de spéculation, ils se mettent au hasard de manquer à un des plus importants devoirs de la justice et de la charité chrétienne : car enfin les hérétiques , malgré eux, sont forcés de reconnaître que, comme ils n'ont point d'assurance qu'il y ait un purgatoire , aussi n'oot-ils point d'assurance qu'il n'y en ait pas. Or, dans un td doute, conclure à ne point prier pour les nnorts, est-ce une conduite sage? Nous qui croyons le pargatoire boqs ne sommes pas pour cela certains que ceux d'entre les morts pour qui nous prions en particulier, y soient adaellement ; car ils peuvent être , ou dans le del , ou dans reofer. Cependant nous pri^ms toujours : pourquoi ? parce que , comme dit saint Augustin , il vaut mieux s'exposer à faire pour ces âmes des prières superflues, que de se mettre en danger de ne pas faire pour elles des prières nécessaires. Ainsi devraient raisonner les hérétiques.
2. Ils ne prient pas pour les morts, parce qu'ils ne croient pas le purgatoire : mais , tout au contraire , ils devraient croire le purgatoire , parce qu'il est évident et incontestable qu'il faut prier pour les morts. Rien de plus solidement établi par l'autorité de l'Écriture , par celle des anctaia conciles et des Pères, par toute la tradition, que la prière pour les morts. Or, s'il faut prier pour les noorts, il y a donc un purgatoire. Mais pour ne vouloir pas tirer cette oooaéquence, les hérétiques nient le principe, et pour le nier ils rejettent des livres de l'Écriture très-authentiques, et ne délèrent ni aux conciles , ni aux Pères, ni à û tradition.
3. De ce qui est incertain touchant le purgatoire , ils sa font un préjugé contre le purgatoire même. Par exemple, ce qui les choque , ce sont certaines peintures sensibles et affreuses qu'on nous en fait. Mais moi, si {'étais à leur place, je me dirais à moi-même : Je ne sais point expressément ni où souffrent les âmes des morts que Dieu purifie, ni ce qu'elles souffrent, ni comment elles souffrent; mais sans examiner toutes ces circonstances , qui ne sont point essentielles, il me suffit de savoir qu'elles souffrent, qu'il est juste qu'elles souffrent, et que je puis les soulager dans leurs souffrances. Quel bonheur pour nous, fidèles catholiques, d'être les enfants d'une Église qui ne nous abandonne, ni pendant notre vie, ni après notre mort!
Deuxième partie. Être persuadé des peines que soufTivot les âmes du purgatoire, et ne pas travaillera les secourir, c'est une dureté aussi criminelle qu'elle est contraire à la piété et aux lois même de l'humanité; elle blesse trois intérêts dilTérents : 1. l'intérêt do Dieu; 2. l'intérêt de nos frères; 3. notre propre intérêt.
1 . L'intérêt de Dieu : car, délivrer une âme du pui^tofre. c'est procurer un accroissement de gloire à Dieu ; c'est autant glorifier Dieu qu'on le glorifie parla conversion dos infidèles; c'est le glorifier comme Jésus-Christ le glorifia lorsqu'il descendit dans les limbes pour en tirer les âmes des anciens patriarches; c'est, pour ainsi dire, tirer Dieu lui-même d'un état violent où il se trouve , obligé qu'il est de punir des âmes qui lui sont chères, et qu'il voudrait rassembler dans son sein.
2. L'intérêt de nos frères : ils souffrent, et ce sont d<^ proclies , nos parents , nos amis.