‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 4)Chapitre 32 sur 232 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

De quelque manière qu'en juge le monde, et quelque adroit que soit l'amour-propre à séduire le ooeur de l'homme en lui donnant de fausses idées de tout ce qui flatte ses désirs, pour peu qu'un riche chrétien ait de religion , trois choses, dit saint Chrysostôme, doivent réprimer en lui l'orgueil secret que la possession des richesses a coutume d'inspirer aux âmes mondaines. Cette opposition qui se rencontre entre l'état des riches et celui de Jésus-Christ pauvre, ce choix que Jésus-Christ a fait pour soimême de la pauvreté préférablement aux richesses, ce caractère de malédiction qu'il semble avoir attaché aux richesses en béatifiant et en canonisant la pauvreté , c'est la première. Cette espèce de nécessité qui engage presque inévitablement les riches en toutes sortes de péchés, cette facilité qu'ils trouvent à satisfaire leurs passions les plus dér^lées,

SUR L'AUMOWE.

ce pouvoir de faire le mal, c*est la seconde. Enfin cette affireuse difBeulté , ou , pour me servir du terme de rÉvanglle, cette impossibilité morale où sont les riches de se sauver, c*est la troisième. Car, malgré les préventions do monde , et malgré les avantages que peut procurer aux hommes la jouissance des biens temporels, s'ils veulent raisonner selon les principes du christianisme, il n*est pas possible qu*un état si différent de l'état du Dieu-Homme qui les a sauvés, et qu'ils regardent comme le modèle de leur prédestination ; qu'un état exposé et comme livré à tout ce qu'il y a sur la terre de plus contagieux et de plus contraire au salut ; qu'un état qui de lui-même conduit à une étemelle damnation ; il n*est pas, dis-je, possible qu'un tel état, bien loin de les enfler d'une vaine complaisance , ne les saisisse de frayeur, ne les trouble , ne les désole, et du moins ne les oblige à prendre toutes les précautions nécessaires pour marcher sûrement dans la voie de Dieu.

Il était, ajoute saint Chrysostôme, de la providence et de la bonté de Dieu de donner aux riches du siècle quelque consolation dans cet état; et c'est ce qu'il a prétendu, lorsque , par une conduite bienliBusante , il les a mis en pouvoir de pratiquer la miséricorde chrétienne par le soulagement des pauvres, et qu'il leur a imposé lo précepte de l'aum6n«. Car si le riche peut dans sa condition nonseulemeol diminuer, mais entièrement corriger l'opposition de son état avec celui de la pauvreté de Jésus-Christ ; si le riche peut réparer tant de péchés et tant de désordres où le plonge l'usage du monde, surtout l^isage des biens du monde; et si le riche, par conséquent, peut se promettre quelque sûreté pour le sahit et contre une malheureuse i^probation,toutceladoit être le fruit de sachante, et c'est le seul fondement solide qui reste à son espérance.

La première vérité est évidente ; car du moment, dirétiens, que vous partagez vos biens avec Jésus- Clirist dans la personne des pauvres « dès là vos biens , sanctifiés par ce partage, n'ont plus de contrariété avec la pauvreté de cette Homme-Dieu, puisque cet Homme-Dieu entre par la comme en société de biens avec vous; et voilà l'admirable secret , ou plutût l'artifice innocent dont le riche miséricordieux se sert pour mettre Jésus-Christ dans ses intérêts , et pour en faire d'un juge redoutable un protecteur ; voilà par où il se garantit de ces anathèmes fulminés dans l'Évangile contre les riches. En efifet, remarque saint Chrysostôme, Jésus- Christ est trop fidèle pour donner sa malédiction à des richesses dont il reçoit lui-même sa subsistance, et qui contribuent à le nourrir en nourrissant ceux qui le représentent en ce monde. Cette seule considération ne devrait-elle pas nous suffire ; et que

faudraiMI davantage pour nous remplir d'une sainte ardeur dans l'accomplissement du précepte de Tmimône.

Mais la seconde n'est pas moins touchante, et c'est que Dieu , par le moyen de l'aumône, a pourvu les riches d'un remède général et souverain contre tous les péchés où les expose leur condition, et dont il est si rare qu'ils se préservent. Car n'est-ce pas une chose bien surprenante, poursuit toujours l'éloquent avocat des pauvres, dont j'emprunte si sou* vent dans ce discours les pensées et les paroles , n'est-il pas bien étonnant de voir en quels termes l'Écriture s'exprime quand elle parie du pouvoir de l'aumône , et de sa vertu pour effacer le péché? Jamais elle n'a rien dit de plus fort, ni de l'eiBcace des sacrements de la loi nouvelle, ni du sang même du Rédempteur, qui en est la source ; et nous ne lisons rien de plus décisif en faveur du baptême que ce qui est écrit au chapitre onzième de saint Luc à l'avantage de l'aumône : Date eelemogynam^ et ecce omnia munda sunt vobis (Luc, 11 ) : Faites l'aumône, et tout, sans exception , vous est remis. D'inférer de là que l'aumône autorise donc la liberté de pécher, et que de satisfaire à ce seul devoir est une espèce d'impunité à l'égard de tout le reste , c'est la maligne conséquence que voudraient tirer quelques mondains peu instruits de leur religion. Mais non , mes frères , répond là-dessus saint Augustin dans le livre de la Cité de Dieu, il n'en est pas ainsi , et cette doctrine que toutes les Écritures nous prêchent ne favorise en nulle manière la licence des mœurs ; pourquoi ? parce que si l'aumône remet le péché , ce n'est qu'en disposant Dieu à écouter vos prières, qu'il aurait autrement rejetées ; à accepter vos sacrifices , dont il n'eût tenu nul compte et qu'il aurait rebutés ; à être touché de vos larmes, qui ne l'auraient point fléchi. Ce n'est qu'en vous attirant les grâces de la pénitence et d'une véritable conversion, que vous n'auriez sans cehi jamais obtenues. Ce n'est qu'en satisfaisant h la justice divine, qui se fût endurcie contre vous et rendue inexorable. Propter hoc ergo eleematynm faciendss, ut de prœterUis compungamur, non Mt in eis persecerantes nuUe vivendi licentiam tom^ paremus. ( Auo. ) C'est pour cela et par là que Paumône est toute-puissante, et que le pécheur peut sans témérité faire fond sur elle, parce que c'est par elle qu il trouve grâce devant Dieu pour mériter le pardon de son péché , pour le pleurer, pour l'expier, et non pas pour avoir droit d'y persévérer.

Or, supposé cette vertu de l'aumôme dans le sens que je viens de l'expliquer, admirez avec moi « chrétiens, la douceur de la Providence envers le ridie, et reconnaissez-la en trois points, dont je me eontentedevousdonnerunesimpleidée. Premièrement, quelle providence du Seigneur, et combien est-elto

SUR L'AUMONE

aimable , d*avoir établi pour les riches pécheurs un moyen de justiGcation si conforme. à leur état, si proportionné à leur faiblesse, si aisé par rapport à eux dans la pratique, et néanmoins si infaillible? Car voilà sans doute un des plus beaux traits , non* seulement de la miséricorde, mais de la sagesse de Dieu. Comme chaque condition a ses péchés qui lui sont propres , aussi Dieu a-t-il voulu que chaque condition eût ses ressources particulières pour la pénitence. Le pauvre satisfait Dieu par ses souffrances , et le riche par ses charités. La satisfaction du riche parait plus douce que celle du pauvre : ainsi a-t-il plu au Seigneur, qui, d'ailleurs, dans Tordre de la grâce , avait assez privilégié le pauvre au-dessus du riche. A peine aurait-on pu espérer du riche qu'il se fût soumis aux autres remèdes plus violents ordonnés contre le péché. Hé bien ! lui dit Dieu, en voici un que j'ai choisi pour vous. Vous n'aurez nul prétexte pour vous en défendre, car il dépendra toujours de vous. Ni la délicatesse de votre complexion, ni vos inûrmités ne vous en dispenseront jamais ; car il ne consistera point en des exercices pénibles et incommodes; il ne vous exposera point à la censure du monde, puisque le monde, tout perverti qu'il est, ne pourra vous refuser ses éloges quand il vous le verra mettre en œuvre ; il vous coûtera peu, mais avec ce peu, il n'y aura rien que vous ne gagniez. Divina res eleemosyna, s'écrie saint Cyprien, resposUa in potestate facietUis , res grandis etfacUis sine perUndo perseculionis, (Cypbian.)

Pourquoi pensez-vous que Daniel, suivant l'inspiration qu'il avait reçue d'en haut , et déclarant au roi de Babylone que le ciel était irrité contre lui , et qu'il était temps qu'il pensât à l'apaiser , ne lui proposa point d'abord de preodre le sac et le cilice , de se couvrir de cendres , de jeûner et de macérer son corps , mais seulement de racheter ses crimes par l'aumône : Quamobrem, rex, consilium tneum placeat tibi, etpeccata tua eleemosynis rediniey eiiniquitates tuas misericordiis pauperumf (Dam., 4.) Ah! chrétiens, il en usa de la sorte par une prudence qui ne fut ni humaine ni lâche, et qui ne ressentit point le courtisan, mais le prophète. Car il ne voulut plaire à son prince qu'autant qu'il le pouvait sans blesser les intérêts de son Dieu ; et il ne voulut faciliter la satisfaction qui était due à son Dieu qu'autant que le permettait la fidélité qu'il devait à son prince. Il jugea donc, et avec raison , que l'aumône était de toutes les œuvrçs satisfactoires celle qui serait plus au goût de ce prince déjà touché , mais non encore converti ; et il savait que cellelà serait suivie de toutes les autres , et de sa conversion même. D'où vient qu'il se contente de lui dire : Agréez , seigneur, le conseil que je vous donjie , et rachetez vos pécliés par vos largesses envers

les pauvres. Sur quoi saint Ainbroise fait une observation aussi vraie qu'elle est Ingénieuse, quand il dit que cette facilité qu'a le riche d'expier ainsi les désordres de sa vie nous est excellemment figurée par le miracle qu'opéra le Fils de Dieu dans la personne d'un malade dont parle saint Lue. Il était paralytique d'une main , et Jésus-Christ ne fit autre chose que de lui commander d'étendre cette maîo, qui dans le moment même se trouva saine: Exiende manumtuam,etrestituta est. (Matth., 12.) Le remède était aisé; mais ce qui fut alors un efifet visible de la puissance du Sauveur, est ce qui se passe tous les jours spirituellement et intérieurement dans la personne du riche; car Dieu lui dit : Exiende manum tuam, étendez, par un effet de dbarité, cette main si longtemps resserrée par une criminelle avarice , et vous sentirez la vertu de Dleo qui agira en vous. Étendez-la ; et cette seule action sera le principe de la guérison de votre âme : Bene dêd" tur, extende, ce sont les paroles de saint Ambrobe , quia nih il ad curandum plus prqficit quam eleemosynœlargilas. (Ambb.)

Autre trait de la Providence, j'entends toujours d'une providence favorable au riche dans l'établissement de l'aumône. Les richesses qui avaient été l'instrument du péché deviennent la matière de la réparation du péché même , pour nous faire comprendre ce que dit saint Paul , que tout contribue au bien de ceux qui cherchent Dieu, ou qui retouruent à Dieu. Nous voyons des plantes dont le suc est pour l'homme un poison mortel ; mais nous admirons au même temps l'auteur de la nature , en ce qu'elles ne croissent jamais qu'accompagnées d'une autre plante qui leur sert de contre-poison. L'aumône fait quelque chose de plus ; car elle trouve le remède du mal dans la cause même du mal. Ce sont vos richesses qui vous ont perdu, continue saint Ambroise parlant à un riche avare, et ce sont vos richesses qui vous sauveront : Pecunia tua venunubUut es, redime te pecunia tua, (Id.)

Ajoutons encore un nouveau trait de cette conduite de Dieu si bienfaisante à l'égard du riche ; le voici : Qu'est-ce que le riche dans l'état du péché? c'est un sujet disgracié de Dieu , qui ne peut point par luimême avoir d'accès auprès de Dieu, dont les actions les plus louables ne sont de nul mérite devant Dieu, à qui la porte delà miséricorde de Dieu semble être fermée, et qui, livré à sa justice rigoureuse, n'aurait plus d'autre parti à prendre que celui du désespoir. Mais que fait Dieu? en lui donnant de quoi être charitable, il lui donne de quoi se ménager de puissants intercesseurs , qui par reconnaissance , qui par devoir, qui par intérêt soient obligés à solliciter et à demander grâce pour lui ; et ces intercesseurs , ce sont les pauvres; ces pauvres, amis de Jésus-Christ, et , selon l'Évangile, devenus les siens : FacUe vo-

SUR L'AUMONE

bis amicos de mammona iniquUatis (Luc. , 16) ; ees pauvres dont les vœux s*élèvent jusqu'au trône de Dieu et que Dieu exauce : I$te pauper clamavU, et Dominus exaudioit eum {Psalm. 33) ; ces pauvres (circonstance bien remarquable) , ces pauvres, dont le crédit auprès de Dieu ne dépend ni de leur mérite ni de leur innocence ; car ils intercèdent pour ceux qui les soulagent, sans parler, sans agir, sans y penser, et même sans le vouloir. Cest assez qu'ils paraissent revêtus de vos aumônes, aûn que Dieu les entende, et qu'en leur considération il s'adoucisse pour vous. Pourquoi cela? la raison en est belle, et c'est la réflexion de saint Augustin ; parce que , dans le langage de l'Écriture, ce n'est pas proprement le pauvre, mais l'aumône faite au pauvre, qui intercède pour le riche. Conclude eleemosynam in corde pauperiSy et hœc pro te exorabit ( Eccles., 26 ) : Mettez votre aumône dans le sein du pauvre , et elle priera pour vous. Le Saint-Esprit ne dit pas : Et ipse exorabit pro te; comme si c'était ce pauvre que avez secouru qui fût devant Dieu votre patron; il dit que l'aumône, indépendamment de lui , parle en votre faveur, plaide votre cause, mais d'une voix si éloquente et si forte, que Dieu, quoique indigné et courroucé, ne peut néanmoins lui résister : Et hxc pro te exorabit.

Voilà ce que la foi nous apprend , et de là s'ensuit cette dernière et consolante vérité, que si le riche peut avoir quelque assurance de sa prédestination étemelle, et quelque préservatif contre cette malheureuse réprobation dont il est menacé, c'est par Taumône. Ah I mes chers auditeurs , combien de riches sont heureusement parvenus au port du salut , après avoir marché bien des années dans les voies corrompues du monde ! A voir les égarements où ils se laissaient emporter en certains temps de leur vie , qui jamais eût espéré pour eux une telle fln ? Qu'ont-ils dit à Dieu lorsqu'ils sont entrés dans sa gloire? et, conservant le souvenir de leurs désordres passés , combien ont-ils béni et béniront-ils éternellement ce père des miséricordes, qui les a éclairés, qui les a touchés, qui les a ramenés , qui les a sanctifiés , qui les a couronnés ! Mais que leur a-t-il répondu, et que leur répondra-t-il pendant toute l'éternité, où ils auront sans cesse devant les yeux ce mystère de grâce ? Eleemosynx tum ascenderunt in conspectu Dei. 11 est vrai, vous méritiez mes châtiments les plus sévères , et ma justice en mille rencontres devait éclater contre vous ; mais vous lui avez opposé une barrière qui l'a arrêtée : ce sont vos aumônes. Au milieu de vos dérèglements, vous aviez toujours un cœur libéral et compatissant pour les pauvres, et c'est ce qui m'a désarmé. Tout le bien que vous avec fait à vos frères , j'étais engagé à vous le rendre : je l'avais promis, et je l'ai exécuté. Ma providence a eu pour cela de secrets ressorts qu'elle

a fait agir, et qui vous ont fait agir vous-mêmes, afin que ma parole s'accomplît : Donnez, et on vous donnera : Date, et dabitur vobis. (Luc, 6.)

Mais du reste, chrétiens, ne vous y trompez pas , et ne pensez pas compter sur vos aumônes, si elles n'ont toute l'étendue et toute la mesure nécessaire. Et quelle est pour vous cette mesure ? observez ceci , et imprimez-le fortement dans vos esprits. Quand un riche du siècle serait exempt devant Dieu de tout péché et de toute satisfaction, le superflu de ses biens, ainsi que je l'ai dit, devrait toujours être employé pour les pauvres comme leur patrimoine et leur partage : or de là concluez quelle est donc l'obligation d'un riche pécheur, d'un riche criminel. Je prétends qu'alors le nécessaire même de l'état , ou du moins qu'une partie de ce nécessaire, n'y doit pas être épargnée; et je me fonde sur l'autorité des Pères , qui tant de fois ont obligé les riches pénitents à diminuer la dépense de leur maison , à se vêtir avec plus de modestie, à vivre avec plus do frugalité, à rabattre non-seulement de leur luxe immodéré, mais de l'éclat honnête et raisonnable où selon leur condition ils auraient pu d'ailleurs paraître, et à convertir en aumônes, pour l'acquit de leurs dettes auprès de Dieu , et pour l'expiation de leurs péchés, ce qu'ils retranchaient à leurs aises et à leurs commodités. Aussi est-il juste qu'il en coûto davantage à celui qui se trouve plus redevable; et c'est un renversement bien étrange danà le christianisme, que ce soient les plus innocents et les plus, saints qui fassent les aumônes les plus abondantes ; et , au contraire, les plus grands pécheurs qui se dispensent plus aisément d'un devoir si essentiel, ou qui l'accomplissent plus imparfaitement. Profitez, mes frères, du talent que vous avez dans les mains : c'est votre] rançon ; et si vous ne vousen servez pas, à quoi vous exposez-vous? Vous vivrez dans l'esclavage du péché et vous y mourrez, pour en ressentir éternellement le regret et la peine. Comme pécheurs, vous êtes ennemis de Dieu, et il faut vous réconcilier avec lui. Ce n'est pas une petite affaire à traiter entre lui et vous que cette réconciliation; mais, tout importante qu'elle est, vous pouvez la terminer en peu de temps et à peu de frais : présentez à Dieu le sacrifice de vos aumônes , et il fera descendre sur vous les trésors de sa grâce. Hâtez-vous , et ne différez pas ; car le Seigneur n'est pas loin , et son bras peut-être va bientôt s'appesantir siur vous. Il le tient encore suspendu ; mais s'il vient enfin à frapper, le coup sera sans remède. Plaise au ciel que cet avertissement vous soit salutaire, et que par la charité du pro* chain vous fassiez revivre dans vos cœurs la charité de Dieu, afin de le retrouver dans cette vie, et d% le posséder dans l'éternité bienheureuse, que je vous. i souluiite,etç.

SUR LES REMORDS DE LA CONSCIENCE

SERMON

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