SUR LE CHOIX D'UN ÉTAT DE VIE
nous &it'par son apôtre : Je prendrai toute la sagesse des sages j et Je détruirai toute ia^prudence des prudents. Il permet que des hommes, d'ailleurs pleins de raison , et de meilleur conseil en toutes les autres affaires , cessent d'être raisonnables et deviennent incapablesjde tout conseil dans l'affaire de leur salut.
XX. Vous ne serez pas de ce nombre, ainsi que je l'espère, et que je le demande souvent à Dieu pour vous. Vous rentrerez en vous-même, et vous considérerez sérieusement tout ce que je viens de vous marquer. Youc serez toujours , comme vous Pavez été jusqu'à ce jour , sage pour les affaires publiques dont vous vous êtes chargé, sage pour les affaire? domestiques de votre maison ; mais vous le serez en core plus pour votre âme et pour l'affaire de votre salut. Vous me faites Thonneur de me mettre au rang de vos amis , et de m'en donner la qualité. Je la reçois avec tout le respect et toute la reconnaissance possible : mais il me serait bien douloureux qu'un homme que j'honore, en qui je remarque les plus beaux talents, et à qui je dois autant qu'à vous, s'oubliât lui-même dans son affaire capitale , lorsqu'il a tant de vigilance et de circonspection dans des affaires ou qui ne le touchent en aucune sorte , ou qui ne sont pour lui que d'une très-petite conséquence, en comparaison de celle qu'il laisse perdre. Mon ministère m'engage à m'employer au salut des âmes. Je dois être sensible à leur perte par le sentiment d'une charité commune; et fût-ce l'âme du dernier des hommes, et méam l'âme de mon plus mortel ennemi , je ne devrais rien épargner pour la sauver. Concluez de là ce que me causerait de regrets et de sensibilité la perte d'une âme qui , par tant d'endroits et tant de raisons particiAlières , me doit être aussi chère que la vôtre. Je vous conjure donc par l'amitié, ou plutôt par la bonté que vous me témoignez en toutes rencontres , de me donner la consolation d'avoir travaillé efficacement à votre plus grand bien et à votre intérêt le plus précieux , qui est le salut. Vous avez sans cesse autour de vous une foule de gens qui vous sollicitent pour d'autres grâces qu'ils veulent obtenir : ce ne sont point là celles que je vous demande. Dispensez-les comme il vous plaira , et à qui il vous plaira : mais accordezmoi ce que je désire si ardemment, et sur quoi je ne craindrai point de vous presser jusqu'à l'importunité; savoir, que votre premier soin soit votre salut. Dans ces autres grâces pour lesquelles on s'empresse tant auprès de vous, chacun ne pense qu'à soi-même et ne cherche que soi-même : mais dans la grâce que je souhaite et que j'attends de votre reUgion, je ne pense qu'à vous ni je ne cherche que vous
INSTRUCTION
SDR