‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 219 sur 352 · JUGEMENT DU RELIGIEUX · texte numérisé non relu

JUGEMENT DU RELIGIEUX

un jugement de comparaison : je veux dire, quand Dieu l'opposera lui-même à lui-même, quand Dieu le comparera avec tant de justes qui vivaient dans le monde, et qui s'y sont sanctifiés ; quand Dieu fera même servir à sa condamnation les pécheurs du monde , et toute leur conduite selon le monde ? Témoignage qu'il ne pourra récuser, et dont jl sera accablé. Reprenons.

I. Comparaison de lui-même avec lui-même. Et en effet , il n'y a point , ou presque point , de si mauvais religieux, qui, vivant au milieu desesfirères, et les voyant assidus à leurs observances , n'ait eu quelquefois certains sentiments, et ne se soit trouvé en certaines dispositions où Dieu le touchait, où il comprenait le bonheur de son état, où il en considérait la sainteté , où il s'affectionnait à ses devoirs , où il était résolu de s'y rendre plus fidèle , et où il les remplissait véritablement. C'était pour les supérieurs une consolation, pour la communauté un sujet d'édification, et pour lui-même un repos de conscience dont il goûtait toute la douceur et toute l'action. C'est donc là , c'est à cesheureuxjours que Dieu, pour ainsi dire, le renverra. Que pensiezvous alors? à quoi étiez- vous disposé? que faisiezvous? qu'y avait-il dans la règle que je vous avais imposée et que vous aviez embrassée, qui vous étonnât, qui vous rebutât, qui vous arrêtât? Vous couriez dans mes voies, et vous vouliez y persévérer et y mourir : pourquoi vous en êtes-vous retiré, et d'où est venu ce changement? Ce qui était un devoir pour vous, a-t-il cessé de l'être? Ne vous étiez-vous donné à moi que pour un temps , et n'étîez-vous pas toujours engagé par la même profession et les mêmes vœux? Ces grands motifs qui vous attachaient à vos obligations, ont-ils perdu toute leur force ; et le joug que vous portiez si délibérément et avec tant de courage , est-il devenu plus pesant et moins soutenable? Soyez vous-même votre juge, car c'est à vous-même que j'en appelle : ce que vous avez voulu en telle conjoncture et ce que vous avez pratiqué, vous avez toujours dû le pratiquer, et toujours dû le vouloir.

II. Comparaison avec les justes du . siècle. Le monde est bien corrompu ; mais c'est cela même qui relève la gloire et le mérite de tant de saintes âmes qu'on voit dans le monde, tout corrompu qu'il est, et malgré tousses dangers, s'adonner constamment à toutes les œuvres de la piété chrétienne , et vivre selon toute la perfection de l'Évangile. Quelle innocence, quelle pureté de mœurs! Quelle dévotion vive et ardente dans l'oraison, dans la communion, dans toutes les pratiques de religion! Quelle fidélité aux moindres exercices que leur a prescrit un ministre de Jésus-Christ, en qui elles ont mis leur confiance ! Quelle docilité aux leçons de ce directeur, et quelle obéissance à ses ordres comme aux ordres

de Dieu même! Quel esprit de pénitence , que d*aiistérités secrètes ! que de rigueurs qu'on est plutAt obligé de modérer que d'exciter ! Combien d'autres opérations de la grâce qui ne paraissent point, parce. • que ce sont des âmes sans ostentation, et plus soigneuses de se cacher que de se produire aux yeux du public! Il n'y a que les prêtres du Seigneur,, dans le sein desquels elles déposent leur conscience, qui soient bien instruits de ces myst^es : et je ne dissimulerai point que moi-même j'en ai cent fois rougi devant Dieu , voyant dans le plus grand monde des saints et des saintes, et y découvrant d'éroinentes vertus qui me reprochaient mes imperfections et mes faiblesses.

Mais ce reproche , combien sera-t-il encore plus pressant au jugement de Dieu, et quels prétextes le religieux pourra4-il alléguer là-dessus pour sa défense? Le Fils de Dieu parlant des Juife, disait : Les NinivUes s'élèveront au jugement contre cette nation et la condamneront. Car dés qu'ils enten» dirent la prédication de Jonas, ils firent pénitence; et voici plus que Jonas. (Màtth. , 13.) Le même Sauveur ajoutait : Plusieurs viendront de l'Orient et de l'Occident, et auront place au festin avec Abrahaniy Isaac et Jacob, dans le royaume des cieux; mais les enfants du royaume seront rejetés. (Id., 8.) Tristes figures dont le sens ne peut que trop s*appliquer à notre sujet , et qui n'en sont qu'une trop sensible démonstration. Car voilà ce qui doit s'accomplir à l'égard du religieux , et voilà comment Dieu , pour ainsi parler, lui confrontera des troupes de séculiers dont la vie et les exemples* feront sa honte et sa condamnation. Dans la terre' des pécheurs , ils se sont sanctifiés ; et vous ^'dans la terre des saints, que! degré de samteté avez- vous acquis ? Ils étaient au milieu des périls , et ils se sont sauvés ; vous , dans un lieu d'asile et gardé de tou-' tes parts , en combien de manières avez- vous exposa et hasardé votre salut? Tout conspirait à les déta« cher de moi, et jamais ils ne se sont départis de ma loi et de la perfection de ma loi; vous, tout vous portait vers moi , et combien de fois m'avezvous oublié, combien de temps? Cette perfectîoit où ils sont parvenus n'était pour eux qu'us conseil v et ils n'en ont pas néanmoins négligé ni volontaii rement omis un seul point : pour vous, c'était aa devoir indispensable, c'était un précepte de ladési^ rer, de la rechercher, d'y tendre sans cesse et de vous y avancer : mais quel effort avez- vous fait pour cela, mais y avez- vous pensé, mais vous en êtes-vous occupé , mais en mille rencontres , et suc mille sujets , avez-vous même observé l'essentiel de l'Ëvangile et satisfait au commandement?

III. Comparaison avec les pécheurs du siècle. Ce sont ces mondains qui , posséidés du monde dont ils se sont rendus esclaves, donnent aux affaires du

SAIPfTES RÉSOLUTIONS

monde et à son service toute leur attention et tous leurs soins4 Qqe ne font-ils point pour lui plaire, et queneleureneoûte-t-ilpoinlpouraçquérir«esbien8, pour obtenir ses récompenses, pour parvenir à ses honneurs, pour s'insinuer dans sa faveur, et pour s'y maintenir? On peut dire qu'il y a peu d'ordres religieux, et qu'il n'y en a peutnétre point, qu^lque austères qu'ils soient, qui eiLigent autant de vigilance et de réflexions, autant de veilles et de fatigMCS, autant d'exercices pénibles et laborieux, autant de sujétion et de dépendance, autant de saci^oes de ses aises, de son repos, de sa santé, de sa propre volonté, qu'il en faut dans la cour d'un prince, dans la profession des armes, dans un ministère, dans une charge, dans un négoce, partout où l'on cherche à établir sa fortune , et à réussir. Or,^ toutes ces peines, tous ces mouvements, tous ç/es assujettissements , sont-ce des obstacles capables d'arrêter un mondain dans la poursuite de ses prétentions et de ses projets? Autre conviction contre le. religieux, et autre sujet de confusion en la présence de Dieu. Hé quoi ! lui dira Dieu , n'étais-je pas un maître assez grand , et le monde devait-il être mieux servi que moi ? Était-il plus puissant, plus riche que moi ? Étaitil plus libéral dans ses promesses, plus 'magnifique dans ses dons? Avait-il , sur tant de mondains qui Tadoraient ou qui l'idolâtraient , des droits plus sacrés , plus inviolables que je n'en avais sur voms ? Lui appartenaient-ils autant que vous m'apparteniez ? Car vous étiez mon héritage, vous étiez de ma maison, de mon peuple particulier. Le joug quil leur imposait était-il moins pesant que le mien? et en le portant , ce joug du monde, n'avaient-ils nul chagrin , nulle contradiction , nul ennui , nul dégoût à dévorer ? Toutefois , comment le portaient-ils , Ils servaient le monde comme leur divinité; m'a vez-vous servi comme votre Dieu?

De là quelle décision, quel arrêt? C'est ce que toute personne religieuse doit mûrement considérer: car qui sait s'il est digne de haine ou d'amour ? Mais du reste , il est certain qu'il y en a dans chaque communauté à qui cette matière convient davantage , et que , par un aveuglement bien déplorable , peut-être même par une espèce d'endurcissement, ce sont justement ceux-là qui en paraissent moins touchés que les autres, et moins en peine. De quelque espérance qu'ils osent se flatter, parce qu'après tout on ne leur voit point faire de chutes grossières, et qu'ils suivent, disent-ils, le train ordinaire de la maison, nous lisons néanmoins dans l'Évangile une parabole qui les regarde, et qui devrait rabattre leur confiance. C'est celle des dix vierges. Il est constant que toutes étaient vierges, et il n'est point écrit que dans leur vie il y eût rien de scandaleux. Cependant de ces dix vierges, lorsqu'il fut question d'entrer dans la salle du festin , il y en e ut cinq que

D'UNE AME RELIGIEUSE. sot

l'Époux rejeta et à qui il répondit : Je f\e vous con» nais point, (Matth., 25.) Affr.euse réponse pour ■ uneâme religieuse que la mort aur aconduite au.trîbunal de Dieu Dans un désir ardent d'être ado^ïse à la béatitude céleste, elle s'écriera : Seigneur^ Seigneur y ouvresB-moi : mais quel coup de tonnerre , quel anathème! si Dieu vient à lui dire : Je ne votis connais point. Hé! Seigneur, je suis de ces vierges que vous avez appelées. Il est vrai : mais vous êtes de celles qui se sont endormies. Ce i^'était d'id>ord qu'un léger assoupissement, mais bientôt vous êtes tombées dans un sommeil oisif et plein de paresse. Bienheureux le serviteur que le maître ^ en arrivant, trouvera sur ses gardes et dans le devoir : il lui donnera V administration de tous ses biens. (Id. 24.) Mais vous, qui n'avez rien fait de ce que j'attendais de vous, que pouvez-vous attendre de moi ? Je ne vous connais point, ^

Ce ne sont point là de vaines terreurs ; et plaise au ciel qu'elles fassent sur nous une impression salutaire! Saint Paul craignait d'être i^éprouvé; et ce que c^ maître des gentils , ce vaisseau d'élection craignait pour lui-même, tout apôtre qu'il éltait, nous pouvons bien le craindre pour nous, tout religieux que nous sommes. D'avoir demeuré à Jérusalem et dans les saints lieux,,, écrivait «qint Jérôme, ce n'est pas un mérite ni un sujet de louange; mais le mérite, et ce qui est digne de louange, c'est d'avoir mené dans ces lieux saints une vie sainte. Disons de même, de la profession religieuse; et si nous voulons que je jugement de Dieu nous soit favorable, prévenons-le. Entrons nous-mêmes en jugement avec nous-mêines; mais entrons-y sérieusement, sans ménagement, sans retardement. Rappelons dans l'amertume de notjre âme toutes nos années, supputons toutes nos pertes, tâchons de les réparer, rachetons le temps, et, sans faire aucun fonds sur le passé, concluons comme David : C'est maintenant. Seigneur, que je vais commencer. ( Fsalni. 76. )

SAINTES RÉSOLUTIONS d'UNE AME BELIfiIEUSE QUI BECONNAÎT LA PERFECTION DE SON ETAT, ET SE CONFOND DE SES INFIDELITES.

Je vois, Seigneur, ce que je suis et ce que je devrais ne pas être; comme aussi je ne vois que trop ce que je devrais être, et ce que je ne suis pas. Que d'infidélités dans tout le cours de ma vie ! que de tiédeurs et de lâchetés! voilà, mon Dieu, ce que je ne devrais pas être ; mais ce que je suis néanmoins , et de quoi je me confonds à vos pieds. Au contraire , quelles vues de sanctiGcation , quels desseins votre providence a-t-elle formés sur moi ! A quelle perfection m'appelez-vous, et qu'exige de moi l'état religieux , ce saint état où votre grâce Di*a

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que Je reeofmais , et qu'a ma coofinna Je

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a?ee le eonramo des hommes, et qu'il ne To«ise4t

|MM plu de me recueillir par une ûiveor singulim

âêtiê votre fainte maison, je me serais pedt-éhre

abandonné à de plus grands désordres, et renda

plus criminel qu'ils ne le sont; ou que , s'il vous edi

agréé de traiter comme moi le commun des hommes,

et de les rassembler auprès de vous et dans votre

«anctuaire, ils y auraient beaucoup mieux rempli

que moi la place que j'occupe et y auraient acquis

bien d'autres mérites que moi.

Cependant , mon Dieu , en vous bénissant de tout le mal que Je n'ai pas fait jusques à présent, et que Je pouvais faire, quand pourrai-je également vous bénir du bien que je pratique ? Je ne demande pas quand je pourrai vous bénir du bien que vous m'avez mis en état de pratiquer : dès maintenant. Seigneur, je vous en bénis , puisque j'ai pour cela les moyens les plus abondants et les plus puissants. Mais de pouvoir pratiquer le bien et de le pratiquer, ce n'est pas une même chose, et l'un n'est pas une conséquence de l'autre. Je ne l'éprouve que trop , et je n'ai que trop lieu de craindre le sort de ce serviteur inutile, qui fut rejeté et condamné, non point pour avoir perdu son talent, mais pour n*en avoir pas usé selon les intentions de son maître. Hé! mon Dieu « quand viendra ce temps que j'at-

GOUVERNEMENT REUGIEDX.

tends, auquel j'aspire depma de longues années, que f ai cent fois désiré , et qui par ma foute n'est point encore arrivé, quand, dis-je, viendra-t-il cet heureux temps où Je sortirai de mon assoupissement et de ma langueur, où je reprendrai un feu tout nouveau, où j'accomplirai fidèlement tous mes devoirs, où je suivrai de point en point toute ma règle , où je penserai, je parlerai, j'agirai , je vivrai en religieux ?

Tai de bons moments où je veux tout cela, où je me propose tout cela , où je forme sur tout cela des desseins : mais que le passage est difficile de la résolution à l'exécution , et qu'il est ordinaire d'y échouer. Si je prends d'abord quelques mesures, si je fais quelques efforts , ce sont des efforts semblables à ceux de saint Augustin , lequel se comparait à un homme endormi qui se réveille et qui voudrait se lever, mais que l'appesantissement où il est replonge aussitôt dans son premier sommeil. C'est ainsi que le poids de ma fragilité me rentratne, et, malgré tous mes projets, me fait retomber dans mes premiers relâchements. Grand Dieu! créateur des âmes et leur sanctificateur, donnez à 'l'ouvrage que vous avez commencé dans moi , sa dernière perfection. D'être dans la terre des sainu , selon l'expression d'un de vos prophètes, et de n'y point commettre l'iniquité, c'est un avantage des plus précieux; mais ce ne sera. Seigneur, un avantage complet , que lorsque dans cette terre des saints je travaillerai efficacement moi-même à me sanctifier.

Je dis, mon Dieu, à me sanctifier selon toute la sainteté de mon état; car ce qui peut me suffire comme chrétien , serait trop peu pour moi comme religieux. Au simple chrétien vous n'avez, ce semble, donné qu'un talent ou deux : mais c'est au religieux que vous en donnez jusques à cinq. Mieux il est partagé, plus il est obligé de rapporter; et si celui des serviteurs qui avait reçu deux talents , dut les rendre et deux autres au delà , c'est avec la même proportion, qu'en ayant reçu cinq , je dois les faire valoir et les consacrer à votre gloire et à mon avancement dans vos voies.

, Quels progrès j'aurais faits, Seigneur, si j'avais ainsi employé toutes mes années, depuis que vous m'avez appelé à votre service et que je m'y.suis engagé! où en serais-je? où en sont tant d'autres que je vois comblés de vertus et de grâces? Chaque jour ils croissent, ils montent, ils s'élèvent, tandis que je demeure en arrière, et que, chargé comme eux de votre joug, au lieu de le porter avec la même allégresse , je ne fais que le traîner. Était-ce donc là , mon Dieu , ce que vous vous proposiez , quand vous m'avez séparé du monde, et que, par une distinction aussi glorieuse pour moi qu'elle m'est favorable et avantageuse, vous m'avez admis au nombre de tant d'âmes choisies? Est-ce là cette perfection

propre de l'état religieux, et cette sainteté partieu lière qui le relève au-dessus de l'état séculier? Ne vous ai-je promis rien autre chose, en me dévouant à vous? N'aspirais-je à rien autre chose dans ce temps d'épreuve par où j'ai passé , et qui a précédé la profession de mes vœux? Sont-ce là les leçons qu'on me faisait, et n'est-ce qu'à cela qu'on me formait? Tout me condamne. Seigneur, tout rend témoignage contre moi , et je n'imagine point d'excuse que mon cœur malgré moi ne démente.

Du reste, ma vie s'en va, mes jours s'écoulent, et peut-être mon heure est-elle plus proche que je ne le pense. Quoi qu'il en soit, elle vient, cette dernière heure ; et que sera-ce , si je la laisse venir , et qu'elle arrive sans que je l'aie prévenue, ni que j'aie presque rien fait de tout ce que je devais ? Car , à parler de bonne foi , et pour le dire à ma confusion , le peu que je fais n'est rien ; ou , si c'est quelque chose , ce n'est point à beaucoup près ce que demande ma vocation , ni ce que vous attendez de moi. Mais n'estîl pas temps enfin , Seigneur , de commencer ? N'estil pas temps d'être religieux en pratique et en effet, après ne l'avoir été depuis tant d'années que d'habit et que de nom.

C'est bien tard que je prends une résolution si salutaire et si nécessaire. C'est bien tard que je commence, ou que je veux commencer : mais, Seigneur, entre les ouvriers du père de famille, ceux qui ne vinrent travailler à sa vigne que vers la moitié du jour, eurent la même récompense que les autres, parce qu'ils regagnèrent par l'activité de leur travail ce qu'ils avaient perdu par leur retardement' et leur lenteur. Or , voilà ce que j'ai à faire présentement : et de cette sorte, mes pertes passées, au lieu de me décourager , m'exciteront , m'animeront, se tourneront à bien. Moins j'ai avancé , plus je redoublerai ma course. Moins j'ai été religieux, plus je m'efforcerai de le devenir. Car je le puis encore; et malheur à moi si je ne le voulais pas , si désormais je n'y donnais pas tous mes soins, si je ne suivais pas la sainte ardeur que votre grâce m'inspire et que je sens se rallumer dans mon âme. Faites, mon Dieu , que ce ne soit point une ferveur passagère. Toute vive qu'elle est ou qu'elle paraît, je ne saurais me répondre de ma persévérance , qu'autant qu'il vous plaira de me seconder, et que je serai soutenu de votre secours tout-puissant.

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