SERMON SUR LE BAPTÊME
Ipse voê baptizabit tn Spiritu Sancto et igni,
Cest lui qui vous donnera le baptême de llSsprit saint et de feu. Matthieu , cbap. 3.
Ce feu de la charité, ces dons du Saint-Esprit, répandus dans les cœurs, ces opérations divines et secrètes, voilà l'essentielle différence qui se rencontre entre les sacrements , soit de la loi de nature , soit de la loi de Moïse, et les sacrements de la loi de Jésus-Christ. Il n'appartenait qu'à ce Dieu-Homme de •nous conférer, sous des signes extérieurs et visibles, une sainteté intérieure et invisible, et c'est surtout ce qu'il fait dans le sacrement du baptême. Sacrement que nous marque spécialement Jean-Baptiste , et auquel j'ai cru devoir m'attacher dans ce discours. Sacrement dont peut-être nous n'avons jamais bien connu , ni les avantages , ni les obligations. Or il nous est important de les connaître. Avantages du baptême, obligations du baptême. Avantages que j'appellerai la grâce du baptême : obligations que j'appellerai les engagements du baptême. Cette grâce du baptême , c'est ce que nous avons reçu de Dieu et ce qui demande toute notre reconnaissance : premier point. Ces engagements du baptême , c'est ce que nous avons promis à Dieu , et ce qui demande toute notre fidélité : second point. L'un et l'autre mérite une attention particulière , et les plus sérieuses réflexions.
Premier point. Grâce du baptême, grâce infiniment précieuse en deux manières : parce que c'est une grâce de salut et de sanctification, et parce que c'est une grâce de choix et de prédilection. Grâce de salut et de sanctification : comment cela ? parce que c'est en vertu de cette grâce, que Thomnie, conçu dans le péché, et né dans le péché , est tout a coup régénéré en Jésus-Christ , et revêtu de Jésus- Christ; que d'enfant de colère il devient enfant de Dieu, frère de Jésus-Christ, membre de Jésus-Christ, héritier de Dieu et cohéritier de Jésus-Christ. Car voilà, par le changement le plus merveilleux, ce qu'opèrent dans nous ces eaux saintes dont nous sommes lavés sur les sacrés fonts. Aidrefois, écrivait l'apôtre aux Éi>hésiens , nous n'étions devant