‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 286 sur 352 · IIÉDITÂTION POUR LA VEILLE DE LA BETRAITE · texte numérisé non relu

IIÉDITÂTION POUR LA VEILLE DE LA BETRAITE

d0 temps en temps, et de se l'opposer à soi-même, comme la coodamnation de ses infidélités et de tes rechutes. ' Ceci suffit pour conceroir quelque idée de la retraite et de la conduite qu'on y doit tenir; mais, pour en être mieux instruit, il n'y a qu'à Toir la première méditation qui est à la tdte de cette retraite, et qui y sert comme d'entrée. Quoi qu'il en soit , on en apprendra plus par Fusage que par toutes les instructions. Car voilà surtout le caractère des choses de Dieu : on en connaît plus par soimême dans l'exercice, que les paroles des plus grands maîtres n'en peuvent enseigner.

> Jjt père Bourdaloue étant accoutumé à parler solidement sur toutes les matières qu'il traitait, et à les développer dans toute leur étendue, on ne sera point surpris que la plupart de ces méditations et des considérations qu'A y a Jointes soient un peu longues; mais chacun pourra choisir ce qui lui sera propre, et s'y arrêter : outre qu'A y a plusieurs personnes qui, pour fixer leur imagination naturellement vive et prompte à s'écliapper, sont bien aises d'avoii' un livre dont la seule lecture, avec quelques retours sur eux-mêmes, puisse utilement les occuper pendant tout le temps de l'oraison.

i De plus, comme le père Bourdaloue était fait aux manié* res de la chaire, il a mis au commencement de chaque méditation un texte de l'Écriture, qui en exprime le ao- Jet. Enfin , s'il conserve toujours son esprit de prédicateor, et qu'il s'explique avec tonte la liberté de l'Évangile sur les manquements et les imperfections ordinaires dans les communautés religieuses, les gens du monde ne peuvent raisonnablement s'en prévaloir contre l'état religieux. On se porte partout soi-même , et l'on a partout ses faiblesses ; mais avec cette différence entre le religieux et l'homme du siècle, que les faiblesses de l'un ne vont point à beaucoup près aux désordres et aux excès de l'antre. Ce qui parait répréhensible dans un religieux serait à peine remarqué dans un séculier. On lui en ferait même quelquefois une vertu ; et tel passerait dans le monde pour un saint, s'il voulait seulement s'assujettir à vivre dans sa condition, autant qu'elle le lui permet , comme vit dans le dottre le religieux le moins fervent.

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