‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 341 sur 352 · SUR L'USAGE DES SACREBIENTS · texte numérisé non relu

SUR L'USAGE DES SACREBIENTS

régularité, et agir en tout avec un zèle et une persé- Terance que j'aurais peine à croire, si je n'en étais témoin. D'où leur vient cette ferveur sans relâche et cette fermeté inébranlable? de l'amour de Dieu. Au lieu de la surprise où je suis en leur voyant faire ce qu'ils font, je devrais bien plus m'étonner qu'ils aimassent Dieu et qu'ils ne fissent pas tout cela. De là même je dois voir si j'ai lieu de me flatter en quelque sorte d'avoir jusques à présent aimé Dieu. Peut-être lui ai-je assez de fois protesté que je l'aimais; mais à juger de mes paroles par mes œuvres, puis-je compter sur toutes mes protestations? Réflexion bien humiliante et bien terrible! Car je ne puis être aimé de Dieu, si je ne Taime. Ah! mon Dieu, que ce soit du moins aujourd'hui et pour jamais, que ce saint amour s'allume dans mon cœur!

Conclusion. Divin Esprit, charité essentielle et toujours subsistante, source intarissable de ce sacré feu qui brûle les anges bienheureux et tous les éliis de Dieu, descendez, ouvrez mon âme, et venez vous-même l'embraser. Si elle se tient encore fermée, faites-lui une salutaire violence. Vous pénétrez partout , et il ne vous faut qu'un trait pour enflammer tout un cœur et le consumer. C'est donc par vous que je puis sortir de ma retraite , comme les apôtres sortirent du cénacle; avec le même amour, et par conséquent avec la même résolution, la même activité, la même force. Dans toute la suite de leurs années, rien désormais ne les put séparer de la charité de Jésus-Christ , et de la charité de Dieu. Qui m'en séparera moi-même? Car c'est maintenant, ô Esprit d'amour! que je me livre tout entier à vous, pour m'attacher à mon Dieu d'un lien indissoluble et d'un amour éternel. Que voudrais-je encore lui dérober de ma vie; et ce que je lui déroberais, à qui le donnerais-je?

Hélas! Seigneur, je n'ai jusques à présent que trop partagé mon cœur entre vous et d'autres objets; mais n'étant pas à vous uniquement, il n'y était point du tout. Car vous êtes un Dieu jaloux , et vous voulez un amour sans réserve. Vous le méritez bien, ô mon Dieu! et je suis bien indigne de vos grâces , si tant de grâces que j'ai reçues de votre main libérale et paternelle ne suffisent pas pour m'apprendre à vous aimer. Eh ! Seigneur, Tai-je su jusques à ce jour? Mais que devais-je néanmoins savoir autre chose? Avec cela seul , j'aurais su tout le reste; c'est-à-dire, que j'aurais su remplir tous les devoirs de mon état et en pratiquer toutes les vertus. C'est ce que votre Esprit m'enseignera. Plaise au ciel qu'il m'inspire toujours; et plaise surtout au ciel que j'en suive toujours les divines inspirations, et que jamais je n'en éteigne dans mon ftoie les saintes ardeurs !

CONSIDÉRATION

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