SOM LE JUGEMENT DU PEUPLE OOIITRB JÉSUS-CHRIST, EN
FÀTEUR DE BARABBÀS.
Sujet. Pilate leur dit : Qui voulez-vous qu'on vous remette des deux? Barabbas, dirent-ils. Pilate leur repartit: Que/erai-je donc de Jésus, qu'on appelle Christ ? Tous lui répondirent : QuHl soit crucifié,,.. Que son sang retombe sur nous et sur nos ei\fants.
Image naturelle du péché et du pécheur qui le commet.
Division. Malice du péché , première partie. Peine du péclié, deuxième partie. L'une et Tautre ne se trouvent ici que trop bien exprimées.
Première partie. Malice du péché. Les Juifs renoncent Jésus-Christ, et lui préfèrent Barabbas , malgré toutes les instances et toutes les remontrances de Pilate.
Ainsi par le péché sacrifions-nous à nos passions tous les intérêts de Dieu. Car qu'est-ce que le péché? Une préférence refusée à Dieu et donnée à la créature. On dit comme les Juifs : Olez-moi ce Dieu dont la loi m'importune, et laissez-moi mon plaisir, dont j'ai fait ma divinité.
Et il ne fout point répondre qu'on n'y procède pas communément avec tant de délibération, et qu'on ne fait point ces réflexions. Car, 1. combien de pécheurs les font en efTet, et pèchent d'une volonté délibérée? 2. Si d'autres pèchent avec moins d'attention , peuvent-ils tirer avantage de leur inadvertance et de leur légèreté dans un sujet qui demandait toute leur vigilance et toute leur précaution?
De tout ceci concluons que l'énormité du péché est aussi grande par proportion , que Dieu est grand et au-dessus de tout ôtre créé. Pour la comprendre tout entière , il fondrait ôlre en étal de comprendre ce que c'é^t que Dieu.
Deuxième partie. Peine du péché. En conséquence du crime des Juifs, lorsqu*Us renoncèrent Jésus-Christ et qu'ils lui préférèrent Barabbas , le sang de cet Homme- Difîu est retombé sur eux et sur toute leur postérité.
De là tous les maux dont cette malheureuse nation a été aflligée, et l'est encore : 1. ruine temporelle; 2. aveuglement spirituel ; 3. réprobation étemelle.
Voilà, dans une comparaison qui n'est que trop juste, à quelles vengeances de la part du ciel et à quels cbâtlmentt le péché nous expose. Pour nous en préserver, que nous reste-Ml? Contrition, réformation de vie, satisfoetlon.
•DR Là flagellation DE JÉSUS-CHRIST.
Sujet. Alors Pilate fit prendre Jésus, et le fit flageller.
Pourquoi ce supplice, et comment AiMl exécuté?
Division. Flagellation la plus honteuse et la plus douloureuse. Cette honte que voulut subir Jésus-Christ, nous apprendra à corriger les désordres d'une honte criminelle, «lui souvent nous arrête dans le service de Dien , et à nous prémunir contre le péché, de la honte salutaire que nous en devons concevoir : première partie. Et celte douleur qq il a voulu ressebtir dans tous les membres de son corps ,
nous animera à retrancher en nous les déUcatentes de la chair, et à nous armer contre nous-mêmes des saintes ligueurs de la pénitence chrétienne : deuxième partie.
Première partie. Flagellation la pins honteuse. Quelle confusion pour un Homme-Dieu , de paraître devint lea Juifo dans l'état où il parut I Qu'a-Ml prétendu par là? Corriger les désordres d'une mauvaise honte qui nous retient en miUe rencontres où il s'agit des intérêts de Dieu • et nous enseigner l'usage que nous devons foire d'une honte raisonnable et utile pour nous garantir du péché.
En effet, d'où vint au Fils de Dieu cette confusion qui le jeta dans un si profond accablement? De nos péchés» dont il était chargé. Mais nous , par un sentiment tout contraire, nous n'avons nulle honte de («on: mettre le mal, et nous en avons de pratiquer le bien : deux dispositions les plus funestes.
Pour les corriger, considérons toujours Jésus-Christ, Point de frein plus puissant pour nous arrêter et nous retirer du péché, que cette pensée : Ce péché, que je coow mets sans pudeur et sans honte, a foit rougir mon Dien. Point de meilleur soutien contre le respect humain et la honte de pratiquer le bien , que cette réflexion : Toute la honte de la flagellation de mon Sauveur n'a pu ralentir son zèle pour l'honneur de son Père.
Deuxième partie. Flagellation la plus douloureuse, n fol livré à toute la barbarie d'une brutale soldatesque , qui le déchira de coups ; et c'est en cet état qu'il nous prêche la mortification de la chair.
La chair de Jésus-Christ était une chair innocente , an lieu que la nôtre est une chair criminelle. Combien donc mérite-t-elle plus d'être mortifiée, que ceUe de ce Dien Sauveur? Aussi saint Paul recommandait*il si souvent et si fortement aux premiers fidèles de mortifier leur chair. Et c'est dans cette mortification de la chair que tous les saints ont fait consister une partie de leur sainteté.
Mais nous raisonnons, ou du moins nous agissons bien autrement. La maxime la plus commune et la plus établie dans toutes les conditions , est d'avoir soin de son corps , et de lui procurer toutes ses aises. Ce qu'il y ^a de plus étrange, c'est qu'avec cela l'on prétend être pénitent, l'on prétend être dévot, l'on prétend s'ériger en réformateur du relâchement des mœurs et de la doctrine.
SDR LE COtRONNEMENT DE JÉSUfrCHRIST.
SujEr. Alors les soldats du gouverneur ayant emmené Jésus dans le prétoire, rassemblèrent autour de lui toute la cohorte; et après l'avoir dépouillé, ils le couvrirent d*un manteau de pourpre : puis faisant une couronne ^épines , ils la lui mirent sur la tête. Ils lui mirent aussi un roseau à la main droite.
Voilà proprement le mystère de la royauté de Jésus- Christ
Division. Royauté de Jésus-Christ méprisée et profanée par les indignités qu'exercèrent contre hii les soldats , première partie; mais en même temps royauté reconnue et solidement vérifiée par une secrète disposition de la Providence, qui se sert pour cela de l'insolence même des soldats et de leur impiété , deuxième partie.
Première PARTIE. Royauté de Jésus-Christ méprisée el profanée par les indignités qu'exercèrent contre loi les soldats. Par la plus sanglante dérision, ils le revêlent d'une
ANALYSES DES SERMONS
robe de pourpre, ils lui donneut pour sceptre un roseau. Us lui mettent sur la tète une coaronne d'épines : et en le saluant conune roi des Juife, ils lui crachent au visage, et le meurtrissent de soufflets.
Or, n'est-ce pas ainsi que nous le traitons nous-mêmes? Nous le couronnons, en le reconnaissant pour notre roi : mais nous le couronnons d'épines. Ces épines , ce sont tant de désordres où nous nous abandonnons.
De plus, nous ne lui faisons porter pour sceptre qu'un roseau : comment cela? par nos inconstances et nos légèretés perpétuelles dans son serrice.
Enfin, nous le couvrons d'une misérable robe de pourpre, c'est-à-dire, de nos péchés, plus rouges que l'écarlate , selon la figure du Prophète , et qui le font rougir luimême. Biais il aura son temps pour venger sa royauté flétrie et profonée. De quelle frayeur serons-nous saisis , quand à son jugement universel nous le verrons couronné de gloire?
Deuxième partie. Royauté de Jésus-Christ reconnue et solidement vérifiée, par une secrète disposition de la Providence , qui se sert pour cela de l'insolence même et "Qe l'impiété des soldats. Les choses mêmes par où ils croyaient le déshonorer, ont été les marques les plus naturelles de sa souveraineté , et ont servi à nous en donner l'idée la plus juste. Ils l'ont couronné «Tépines ; or, à qui cette couronne pouvait-elle mieux convenir, qu'à celui qui devait être le rc4 surtout des âmes souffrantes?
Ils lui ont donné pour sceptre un roseau. Rien ne pouvait mieux représenter la nature de son pouvoir, qui n'a point éclaté par la force ni par la violence, mais par la faiblesse même et par l'infirmité. Avec ce roseau , H a soumis toutes les puissances du monde.
Ils l'ont couvert d'une robe de pourpre. Était-il une couleur plus convenable à un roi qui devait former son royaume sur la terre, et l'amplifier par l'efTusion de son sang?
De là , concluons ce que nous sommes , à qui nous sommes , pourquoi nous y sommes , et ce que nous devons enfin devenir selon le caractère que nous portons , el les sacrés rapports que nous avons, en qualité de chrétiens, avec Jésus-Christ.
SUR JÉSUS-CHRIST PORTANT SA CROIX
Sujet. Alors ils prirenUésus, et remmenèrent : et Jésus, chargé de sa croix, sortit pour aller au lieu appelé Calvaire.
Apprenons de l'exemple de Jésus-Christ , comment nous devons nous-mêmes porter la croix , c'est-à-dire, toutes les souffrances dont nous sommes affligés dans la vie.
Division. Nécessité de porter la croix après Jésu8<^hrist, première partie. Facilité de porter la croix après Jésus- Christ , deuxième partie.
Première partie. Nécessité de porter la croix après Jé« sus-Christ. Il la porta depuis le prétoire jusqu'au Calvaire, comme Isaac porta lui-même sur la montagne le bûcher où il devait être immolé. Or, selon ce qu'il dit à ces femmes qui le suivaient. Si Von traite ainsi le bois vert, quefera-t-on au bois sec ? concluons que si Jésus-Christ notre modèle et notre médiateur a porté la croix , il n'y a donc nul homme qui ait droit de s'en exempter. Jésus- Christ ne l'a portée que parée qu'il l'a voulu; mais nous, soit que nous le voulions ou que nous ne le voulions pas ,
nous sommes condamnés par l'arrêt de Dieu à la porter. Cependant, nous pouvons nous la rendre volontaire en l'acceptant , et nous sommes bien à pUindre si noua ne la sanctifions pas au moins par notre soumission.
Ce n'est point assez déporter la croix : il fiiut la porter après Jésus-Christ , et c'est pour nous le ftire entendre qu'il voulut que Simon le Cyrénéen la portât avec lui. Mais il y en a bien peu qui veuillent à ce prix suivre leur Sauveur. On verse assez de larmes en oonsidérant sa Passion, mais il nous répond comme à ses femmes de Jérusalem : Pleurez sur vous-mêmes. Pleurez sur toutes vos sensualités.
Trois sentiments là-dessus à prendre, 1. d'une vive douleur ; 2. d'une humble reconnaissance; 3. d'une ferme résolution.
Deuxième part». Facilité de porter la croix après Jésus-Christ. Car son exemple est si puissant qu'il doit nous aplanir toutes les difficultés, conmie l'exemple du chef &it oublier au soldat tous les périls. Sans cet exemple de Jésus-Christ souflrant, que n'ont pas souffert les justes de l'ancienne loi , et que n'ont-ils pas voulu souflHr ? il n'y a qu'à lire le détail qu'en a (ait saint Piol. Quelle serait donc notre lâcheté, après un tel exemple, de fuir encore la croix?
D'autant plus que c'est la croix de Jésus-Christ que nous avons à porter, et non point précisément la nôtre; car il ne nous a pas dit, Frênes votre Joug, msàsmonjoug. Si ce pauvre Cyrénéen qu'on força de porter la croix de cet Homme-Dieu, eût su que c'était la croix de son Sauveur, avec quelle ardeur et quelle joie l'eûtî! embrassée ?
Ajoutez que cette croix de Jésus^hrist , nous ne la portons pas tout entière, mais qu'il en porte la plus gi&nde partie, et que nous ne la portons pas seuls, mais qu'il la porte avec nous. Or, soutenus de son secours et de eefaii de sa grâce , que ne pouvons-nous pas , et qu'y a*t-fl de d pesant qui ne nous devienne léger et doux ?
SUR LE CRUCinEMENT hZ jéSUS-CHRinr.
Sujet. Quand ils furent arrivés au lieu appelé Calvaire , on y crucijla Jésus.
Cestsur la croix et dans la personne de Jésus-Chriftqne s'est accomplie cette parole du Prophète : La justice et la miséricorde ont fait ensemble une alUanoe étroite.
Division. Jésus-Clirist mourant sur la croix comme victime de la justice de Dieu , première partie. Jésus-ChrIsI mourant sur la croix comme victûne de la misérioofde de Dieu , deuxième partie.
Première partie. Jésus-Christ mourant sur la croix comme victime de la justice de Dieu. Après le péché de l'homme, il fallait que la justice de Dieu fût satisfaite. Nul autre qu'un Dieu ne pouvait satisfaire à un Dieu. Jésus-Christ vrai Dieu et vrai homme est donc venu , et l'eu offert comme victime. Ce n'est pas pour ses péchés, milt pour les nôtres qu'il a satisfait. Car il s'en était chargé , et voilà pourquoi la justice divine le regarde au Calvaire comme un objet digne de ses vengeances.
Cest donc cette redoutable justice , qui préside au dernier supplicede ce Fils de Dieu couvert des péchés de tout les hommes. Cest eUe qui veut qu'on le dépouille encore une fois de ses habits, qu'on l'étende sur la croix, quH obéisse à d'infâmes bourreaux , qu'il soit placé au miliea
ANALYSES DES SERMONS
ât deux ToleorSy qu'on le comble de nooTeaux opprobres, que dans sa soif on ne lui donne à boire que du vinaigre et du fiel, enfin qu'il meure comme abandonné même de SUD père.
De .là apprenons combien il est terrible de tomber dans (es mains du Dieu vivant et de sa justice. Car s'il n'a pas épargné son propre fils , que fera-t-il de nous et contre nous? Nous devons ici reconnaître toute la puissance de cette suprême justice , toute sa sainteté , toute sa sévérité , toute sa droiture et son inflexible équité.
Quelles vérités ! et de quelle frayeur doivent-eQes saisir un pécheur qui vit dans l'impénitence? Mais surtout de queUe frayeur sera-t-il saisi à la mort, en considérant même le crucifix qu'on lui présentera pour sa consolation?
DEUxiiHE pÂHTiE. Jésus-Christ mourant sur la croix comme victime de la miséricorde de Dieu. Il est vrai qu'il devait souffirir et qu'il devait mourir ; mais comment le devait-il? Dans cette supposition toute gratuite de sa part : savoir, qu'il voulût sauver le monde ; car il pouvait ne le pas vouloir et nous abandonner. Cest donc par un effet de sa miséricorde qu'il a pris sur lui nos dettes , et qu'il s'est engagé à les acquitter en soulArant et en mourant. Solide théologie de l'apôtre saint Paul.
De là ne nous étonnons point des témoignages particuliers, ou plutôt des prodiges d'amour et de miséricorde qu'il fait paraître sur la croix. H prie , et c'est une prière de miséricorde ; il promet , et c'est une promesse de miséricorde; il donne, et c'est un don de miséricorde : il témoigne sa soif, et cette soif qu'il souffre, quelque pressante qu'elle puisse être , n'est que Fimage d'une soif mille fois encore plus ardente qui achève de le consumer et qui est un sentiment de miséricorde.
Ainsi nous devons regarder la croix comme le siège de la grâce et le trône de la miséricorde divine. Ayons-y sou vent recours. Solide dévotion dans le christianisme , que la dévotion au crucifix. Oà sera notre ressouroe à la mort , où sera notre consolation? Dans le crucifix.
POOR LE TEMPS DE l'aVENT.
Dans ce saint temps l'Église honore l'incamatioii du Verbe. Nous ne pouvons donc mieux nous y occuper que de la méditation de ce grand mystère, où le Verbe divin est venu sur la terre , 1 . découvrir sensiblement aux hommes la gloirede Dieu; 2. combattre parmi les hommes , el y détruire tous les ennemis de la gloire de Dieu ; 3. allumer dans le cœur des hommes un zèle ardent pour la gloire de Dieu.
I. Comment Jésus-Christ vient découvrir sensiblement aux hommes la gloire de Dieu. Qu'est-ce que la gloire de Dieu ? cette gloire de Dieu , ■ tdle que nous la devons maintenant entendre , ce sont ses perfections révélées et publiées au monde. Or, n'est-ee pas ce que nous découvre sensiblement le Fils de Dieu dans son incarnation?
C'est là que paimlt la miséricorde de Dieu ,
Sa sagesse,
Sa puissance,
Sa justice.
Cependant n'estai pas étrange ^ue Dieu soit si peu connu dans le monde, ou qu'on y vive comme si l'on ne la connaissait point ?
n. Comment Jésus-Christ vient combattre parmi les hommes, et y détruire tous les ennemis de la gloire de Dieu. Trois sortes d'ennemis : le démon, le péché, les biens de la terre , ou phitôt l'amour déréglé dea biens de la terre.
11 dépossède le démon de l'empire qnll exerçait sur In terre. Les idoles des fiiux dieux tombent, et les oradas te taisent.
Il efface les péchés des hommes, et en qualité de vie> time fl présente à Dieu le sacrifice de notre salut.
Il attaque la cupidité et l'amour déré^ des biens de U terre en deux manières. Dans les justes, il déracine de leur cœur cette conroltise. Dans les impies et les mondains , il la condamne au moins et la réprouve.
Comment Jésus-Christ vient allumer dans le cœur àm hommes un zèle ardent pour la gloûv de Dieu. Premièrement , il nous donne la plus haute estime de cette croire de Dieu.
Secondement, il nous &it trouver pour nous-mêmes on intérêt propre et essentiel dans cette gloire de Dien.
Par où pouvons-nous glorifier Dieu? Par les mêmes moyens que Jésus-Christ l'a glorifié : honorons les perfections de Dieu, et reconnaissons-les. Combattons noe passions , qui sont autant de démons domestiques. Pleurons nos péchés, effaçons-les par la pénitence. Renonçons, au moins de cœur, à tous les biens du monde.
POOa LE TEMPS DO CARfilIE.
Le temps du carême est un temps de pénitence.
La loi de la pénitence en général est une loi faidispensable.
La pénitence du carême ne consiste pas précisément dans l'abstinence ni dans le jeûne, mais dans respril d'une salutaire componction.
Cet esprit de pénitence doit nous porter à la mortiftcation de nos passions et à un véritable changement de casur.
A cette pénitence il faut joindre les œuvres extérietiree p autant qu'elles nous peuvent convenir : mortification dea sens, exercices de charité.
Surtout il dut pratiquer l'aumône.
Retrancher les plaisirs et les vaines joies du monde.
Se tenir dans la retraite , à l'exemple de Jésus-Christ. !
Assister à la parole divine et vaquer à la lecture.
Approdier des sacrements.
Enfin , méditer souvent la passion et les souffrances du Fils de Dieu.
Prière à Dieu pour le remercier de nous avoir encore accordé ce temps de miséricorde et d'expiation de noe péchés.
POUR LA SBOONDE FÊTE HE PAQUES , SUE LES DEUX NSOPLES QUI ALLàRENT A EIMAUS.
Jésus-Christ, s'entretenant avec ces deux disciples, raffermit leur foi , ranime leur espérance , et rallume enfin leur charité, d'où noua pouvons tirer pour nous-mêmes de très-solides leçons.
I. Comment Jésus-Christ raffermit la fiii des deux disciples. Us commençaient à se scandaliser du mystère de la croix , et à douter qu'un honune mort si ignominieusement fût le Messie. Mais il confond leur incrédulité par troisarguments invincibles. Car d'abord il leur montre ^ne
ANALYSES DES SEBHONS.
ce piDil mjrsière d'un D[«u cnidfléaTiil été prédit pv
EutiUfil leur bilmlatdra et lenmplique jUit couTciubla et nécetuin que le CbrUt louffrlt.
Cartel^ des ÏDCfédoles : ce qol ^Ure leur foi, c'est ceb mtme qui démit l'uigmenter. Dcmiodoiii k Dlea la dOD d«Ia M, et coiuerT<u»4e stcc tout te (oin pouiMe.
CtKniueiit Jéiut-Chrùt noIiiK l'csp^nnce dei deux disciples, lia ceoimeDcalenl i ne plus espérer, puce qu'il y avait dans leor espénDce des erreurs que Jtsus-Cbrlst leur découvre : l'une par rapport au fond, et t'aulre par rapport BU temps.
Errtor par rapport au fcnd : Ils espénleat que Jéaus- CbrUt rttablîrslt le ro^suoie temporel d'iarati ; mail ce n'était point là le royaume qu'il leur avait pronU, puliqu'il leur avait même expressément marqué que son rojraaaw u'élalt pas de ce monde. Ne tomboos-nous pas dans une erreor toute semblable P Nom n'eq)éron« en Dira que dans la vue des Iriens de celte vie.
Erreur par rapport au temps. Le fils de Di«a leur avait dit qu'il resantdterait le troisième }aur : ce troisième jour u'éiait pas encore passé, et ils ne laissent pai de témoigner déjà leur impatience et leur défiance. Ainsi nous espérons en Meb ; mail pour peu qu'il diCRre à noui exaucer, noua nous décourageons et nous perdons toule conflauee. Hé nous atteod-ll pas hii-ménM en tant d'occssloiis ? Pourquoi M fatteodrions-nons pat.
111. Comment Jésns-Cbriat rallnme la charité des drai diccîpleg. Lear amour s'était beaucoup refroidi ; nuls il en rallume tonte l'at^eur en trois manières.
par ses diseoora.
Par la pratique des bonnes ceuvre*.
Par l'usage de la divine Enchariitle.
Or, ee sont ces trois mêmes mojens dont nous devons MUS servir pour renouveler en nous la rerveur de notre dévotion et de notre amour enven Dien. Mais de quoi parlong-noos communément, et de quoi nous entretenonsHMWS? qnellet bannes navres pratiqoans-MHis f comment approdMHiHioas du sacrMoeot de Jésns-Cbrlst et de sa sainte table?
mift l'ogiavb ds Tats-aLim itaumn.
Cette octave est Instituée pour réparer tes outrages faits à Jésus'Christ daui radoiabla Eueharialie, considérée, soit comme SBcrament,soit comme sacrifice.
I, Comment nous dévoua réparer les outrages que nous avons faits à la divine Eucharistie eonaidérée comme sacrement. Ces outrages consjsteni surtout en tant de communions, onsacril^ee, ou Ucbes, tièdes, inutiles, que noua avons Tailes. Répanma-les dans la suite , et en particulier dans celle octave , par de saintes communions.
Approcitons de la communion avec humilité et avec amour, avec crainte et avec confiance, avec un profond respect et un désir ardent de nous unir à Jésus-Christ. C'est dans le juste tempérament de cet contraires en apparence, mais d'i qu'est renfermée toute la pertsetioB de la cbrétieoM. Pour comnMBoer à en Mr* l'épreo**, ftiiens
duiiKiBde,etal)oo*à lui avec les mêmes lenltmenla de repentir que l'eohnt prodigue alla à son père.
n. Commmt nous devons T^iarerlevouiragesqueiKias avons bits à la divine EudiarisUe ctusidérée comme sacrifice. Par rapport à ce divbi sacrifice, que nous âffelons le sacriBcedelBiDesse,on se rend coupable, soit en a'j assistant pas, soit en j asdstant mal.
Sur ceb les promesses que nous devons bire à Jésus- Christ , et lei résolutions oà nous devons nous confirmer durant l'octave, se réduisent à quatre; savoir, d'asaislv désormais tous les }otm an sacriBce de b meae.
D'y assista' avec révérence, avec attttitlaii, avec dév«-
D'oUHf lesacrlfice avec le prMre looles les Ms que nous ; Bluterons, De communier qtiritDeUenMnt à disque mose.
Trob lhilts,qae noos devons retirer de cette octave : 1. apprendre t mourir de la mort des tairts; 3. apprendre à discerner en quoi oonaiite et sur quoi est Ibodé le bonheur des saints; 3. apitrendre quelle est b vraie dévotion envers Marie, mti« du Saint dee saints.
t , Comment feiemple de Hatie aons apprend à monrir de b mort des s^ts. Sa mort M prédeoie devant Dira; premièrement , par b bonne vie qni ravatt précédée.
Secondement, par la pali: dont eDe fiit accompagnée. Paix établie sur l'eiMDption du péché et sor le détaebemenl du monde.
Enflo, par la disposition d'eqvll et détenir avec k- ' qudle Maria b reçat Voilà eommort tons lea chrétiens pourraient et devraient monrir.
IL Oonimenl Marie nona apprend fur qnoi doit Mre fondé le boobenr des sainla. Dieu , en conronnant Marie dans le ciel, a prétendu oourmiDersaTtout sa samleté et ses bonnes «esvre*. Leçon Importante qui di^t tout à b DA noa* instruire, MHit confondre, nous consoler.
Trob votas principales que Dieu , entre les aDtrei,a
reU, sonbnmiHté, saebarité. Cest par les mêmes vertai •I les mêmes mérites que nous (Mendroos b même gloire.
lU. En qooi consiste b vraie dévotion envers Maria. CetI d'abord à la prendre pour notre OMMMe , et à té0H tonte notro condnûe sor la sienne.
Cest de plus à U prendre pour notre protedriu, en nous adresasnl à eOe dans nos basolos. Prière k b Vierge,
La pensée de se préparer à b mort est m Celte pensée de b mort doit produire d'i
! grâce.
Ce détachement du monde ne peut être parbit , ai BOUS n'y joignons le détacbemant de noaa-même.
NI l'an ni l'antre ne doit aUer Jusqu'à nous Mre négHger tescboHadehTieet leswriMtenporeb dont b Providence iuhu a chargés.
Noos devona tatan Urer de b pensée de U mort nna antre oonséqMnoe , qnl e«t de noos hâter de Mre le bloi que Dieu demande de nous.
Jésus-Christ ne non* a pas dit senlemtti : Pr^Nreiquandb mort viendra; mab : Boyei prêta.
La pensée de b nert est un remUe contre b tiédenr dan* le* eurdow de b reUgioa.
ANALYSES DES SERMONS
fiain, elle nous doit tenir pour résoudre tontes les dUBcBllés que noos pooTOos aToir dans la oondotte de notre Tie.
Sim Lk PAIX ÂTK LE MIOCHAIIf.
Cette matière regarde surtout les communautés religieusesy et elle se réduit à trois points, qui sont , 1 . Tim* portanoe de la paix avec le prochain ; 2. les obstacles les plus ordinaires qui la troublent; 3. les moyens les plus propres à les maintenir.
I. Importance de la paix avec le prochain. Jésus-Christ quittant ses disciples , la leur laissa'comme le plus précieux héritage. Aussi ne peut-on , sans cette paix , traTafller solidement à s'aTancer dans la Tole de Dieu.
Dès que la paix n'est plus dans une communauté, combien s'y commet-il de péchés.
De là toute la discipline régulière Tient à se renyerser.
Mécontentements', troubles, scandales qui passent au dehors.
Tant de liens nous unissent ensemble : pourquoi nous divisons-nous?
H. Obstacles les plus ordinaires qui troublent la paix avec le prochain. Ce sont la diversité des tempéraments et des humeurs.
La diversité des intérêts et des prétentions.
La diversité des opinions et des sentiments en matière de doctrine.
La diversité des directions et des conduites.
Enfin, les liaisons et les amitiés particulières.
m. Moyens les plus propres à nuîntenir la paix avec le prochain. S'accoutumer de bonne heure à vaincre son humeur.
Se désister volontairement de toutes ses prétentions , dès qu'il y va de la paix.
Ne s'attacher point à son propre sens.
Sacrifier même , s'il est nécessaire , sa propre raison.
Préférer une sage et religieuse simplicité à une envie dangereute et immodérée de savoir.
Mais de tous , le plus efficace et le plus puissant , est la bonne et fréquente communion , puisque le sacrement de nos autels est le sacrement de l'unité.
sua LA CHAniT^
Deux choses à considérer dans la charité , son précepte et sa pratique.
I. Le précepte et l'obligation de la charité. C'est le commandement de Jésus-Christ.
C'est la marque spécifique et certaine des vrais chrétiens.
C'est dans ce commandement que sont contenus tous les autres.
Sans l'observation de ce précepte, toutes les autres œuvres sont inutiles.
Sans la charité nous sommesdans un état de mort, c'està-dire, dans l'état do péché mortel.
Sans la charité nous marchons dans les ténèbres.
Sans la charité nous sommes homicides de nous-mêmes, de la charité et du prochain.
Rien au reste de plus exposé que la charité , non-seulement dans le monde , mais dans la profession religieuse.
II. La pratique et les caractères de la charité. Saint Paul nous les a marqués.
La charité est patiente.
Elle est pleine de bonté. ?.
Elle n'est point Jalouse.
Elle n'agit point mai à propos.
Elle ne s'enfle point.
Elle n'est point ambitieuse.
Elle ne cherche point ses faitérèts.
Elle ne s'emporte point.
Elle ne pense point de mal.
Elle n'a point de joie de l'injustice ; mais elle ei adn b vérité.
Elle endure tout , elle croit tout, elle espère tout , «De supporte tout
Elle ne sera pas sans récompense , et sans une réoooipense étemelle, puisqu'elle ne doit jamais finir.
son L^BvmwtÈ ns la roi.
Sans une solide humilité on ne peut bien pure.
Deux choses' à disiioguer dans la fol : ce que croyons , et la manière dont nous le croyons. Or, l'on el l'autre a une connexion essentielle avecrhumililé.
Ce que nous croyons se réduit à des mystères et àm maximes d'humilité : comment les croUre sans avofar quelques principes d'humilité dans le cœur.
La manière dont nous le croyons renferme les actes d'humilité les plus excellents, par la soumission de nolve esprit et de notre raison.
C'est nous rendre semblables à des enfants.
C'est nous réduire dans une espèce de servitude.
Servitude ou soumission très-difficile, parce qu'elle doiw humilie.
Nous sommes jaloux de nos propres pensées; mais es n'est point par nos propres pensées que Dieu veut nous conduire.
Nous voulons que Dieu nous rende raison des choses quil nous tévèl« : mais de quel droit le voulons^ious?
Présomption et orgueil qui a précipité dans 1 abtme tant d'hérésiarques et leurs sectateurs. Exemple de Luther el de Calvm. Au lieu de s'humilier en se soumettant à l'Église, ils ont voulu se faire juges de l'Église. Ils l'ont rsjetée , et lui ont substitué un fantôme d'Église.
Châtiment de Dieu, qui permet que les orgueilleux tombent dans les plus grandes erreurs et qu'ils s'y obstinent.
Le grand moyen de réduire une infinité d'esprits n'est pas de disputer et déraisonner avec eux; mais ce serait de leur inspirer plus d'humilité.
On parle avec trop de liberté de tout ce qui a rapport à h foi.
Conservons l'avantage que nous avons toujours eu sur les hérétiques, qui est l'humilité delà foi. Avis de saint Jérôme.
sua LA PRUOEIfCE DO SALUT.
Nécessité de la prudence du salut, et en quoi elle consiste.
On est souvent sage mondain , et msensé chrétien.
Point de vraie prudence sans la prudence du salut
La vraie prudence doit se proposer une fin, et une fin digne de nous. Or, point de fin digne de nous, que le salul.
On peut néamnobis avoir pour fin les biens de la vie pré*
ANALYSES DES SERMONS
neote; mais pour fin prochaine, et non point pour fin dernière : teUement que cette fin prochaine doit être rapportée à la fin dernière, qni est le salut. ' Ainsi la prudence da saint doit entrer dans toutes les afiaireSy même humaines, pour les régler selon Dlen et selon la conscience. Comparaison de saint Chrysostôme. De là Tient la nécessité de savoir bien joindre ensemble la prudence du monde et la prudence du salut.
De là encore la nécessité d'un directeur sage et Yertueux aTec qui l'on conAre même des affaires temporelles où l'on est engagé.
La prudence du salut ne doit pas seulement entrer dans les affaires humaines pour en bannir le péché ; mais pour les rendre utiles au salut même et profitables devant Dieu ; car elles le peuvent être.
Telle est la science du salut, qu'on ne connaît guère dans les conrs des princes. Joseph l'enseigna aux miDîsIres de Pharaon.
Désordre des gens du monde qui ne suivent que la prudence du monde. Prétendus esprits forts ; combien ils seront confondus au jugement de Dien.
Ne point penser à tout cela, c'est un renversement d'esprit.
SUR Ll CHOIX n'UN ttkT ns VIE.
Combien lechoix d'un état de vie est important pour le salut
Il ne fout point entrer dans un état sans vocation.
L'abus est qu'on n'y entre communément que par des vues humaines , et qu'on ne consulte que la prudence du siècle.
De là il arrive qu'il y a très-peu de gens qui puissent se flatter d'être dans l'état où Dieu les vent
Trois règles pour bien connaître la vocation de Dieu. Premièrement , recourir à Dieu même par la prière.
Secondement, consulter les ministres de Dien , qui sont