‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 347 sur 352 · ET LES RÉCOMPENSES QUI LUI SONT PROMISES · texte numérisé non relu

ET LES RÉCOMPENSES QUI LUI SONT PROMISES

Sujet. Pierre prenant la parole, dit à Jésus-Christ : Vous voyez, Seigneur,,que nous avons tout quitté, et que nous vous avons suivi : quelle récompense en recevrons-nous donc? Jésus-Christ leur répondit : Je vous dis en vérité, qu'au temps de la résurrection , vous qui m'avez suivi, vous serez assis sur des trô' nés pour juger les douze tribus d'Israël, Et quiconque aura quitté sa maison, ses frères et ses sœurs, son père et sa mère, recevra le centuple, et aura pour héritage la vie éternelle.

Voilà en quoi consiste le renoncement religieux , et le fruit que l'Ame religieuse en doit espérer; voilà ce qui a porté tant de chrétiens à se séparer du monde , et à se dépouiller de tout pour suivre Jésus-Christ.

Division. Avoh* tout quitté pour Jésus-Christ, c'est pour l'Ame religieuse une grAce inestimable, et le fonds de toutes les grAces dont elle est redevable à Dieu dans la religion : première partie. Avoir droit aux promesses de Jésus-Christ, c'est pour l'Ame religieuse une récompensa et une béatitude commencée , mais qu'elle doit soutenir par sa ferveur, et qu'elle doit contmueUement mériter dans la religion : deuxième partie.

Première partie. Avoir tout quitté pour Jésus-Christ, c'est pour l'Ame religieuse une grAce inestimable, et la fonds de toutes les grAces dont elle est redevable à Dieu dans la religion. Bien loin de se glorifier du sacrifice qu'elle a fait , elle en doit remerder Dieu , qui lui a inspiré le dessein de renoncer, 1. à des biens onéreux, 2. à des biens contagieux, 3. à des biens qui, dans la vicissitude continuelle des choses de la vie, ef plus encore dans l'inévitable nécessité de la mort, n'aboutissent qu'à affliger l'homme et à le rendre malheureux.

1 . Biens onéreux, je dis onéreux pour la conscience : ce sont de grandes charges devant Dieu , à qui U en fkut rendre compte. Les vrais chrétiens en ont tremblé, lorsqu'ils ont été pourvus de ces biens; mais l'Ame reUgiense en est déchargée. Etn'esMl pas plus avantageux pour elle de ne les point posséder, que de les avoir et de courir la risque affreux de se perdre? A quoi a-t-elle proprement renoncé? est oe à l'agréable de ces biens? Non , paisqu'il est même défendu aux chrétiens du siècle. Elle n'a denc Dut, à le bien prendre, que se délivrer de ce que ces biens ont de pénible.

2. Biens contagieux : biens qui souillent l'Ame par la cupidité qu'ils y allument. H est d'une extrême difficulté de les posséder sans s'y attacher ; et en s'y attaduAl, Il

ANALYSES DES SERMONS

n*est pas possible de se saurer. C'est donc un parti bien plus aisé à l'Ame religieuse de s'en défaire tout d*un coup, et de -s'épargner ainsi tant de combats que les chrétiens du siècle ont à soutenir, pour accorder ensemble la possession de ces biens et le soin de leur salut.

3. Biens qui , dans la vicissitude continuelle des choses de la vie et dans l'inévitable nécessité de la mort , n*aboutissent qu'à affliger l'homme et à le rendre malheureux. Ce sont des biens fragiles : mille accidents les font perdre , la mort au moins les enlève ; et sur cela , à quels chagrins ne sont pas exposés les gens du monde , tandis que l'Ame religieuse est indépendante de toutes les calamités publiques ou particulières, et qu'elle voit sans regret approcher la mort?

Deuxième partie. Avoir droit aux promesses de Jésus- Christ , c'est déjà pour l'Ame religieuse une récompense et une béatitude commencée, mais qu'elle doit soutenir par sa ferveur, et qu'elle doit continuellement mériter dans la religion. Trois promesses de Jésus-Clirist : 1. confiance au jugement de Dieu , et même supériorité et prééminence ; 2. le centuple en ce monde ; 3. la vie étemelle dans l'autre.

1 . Confiance au jugement de Dieu , et même supériorité et prééminence. Exemple de saint Hilarion, qui s'écriait à la mort : Sors, mon âme; que crains-tu? il y a près de soixante et dix ans que tu sers Dieu. Outre la confiance , supériorité et prééminence : Je vous dis en vérité qu'au temps de la résurrection , vous qui m*avez suivi , vous serez assis sur des trônes pour juger les douze tribus d'Israël. En effet, la vie des personnes religieuses sera la condamnation des mondains.

2. Le centuple en ce monde. Qu'est-ce que ce centuple? La liberté de l'esprit, la paix intérieure, les dons de la grâce. Erreur du mondain qui voudrait jouir de ce centuple , sans se mettre auparavant dans les dispositions nécessaires. Il est vrai qu'il y a des Ames religieuses qui ne le goûtent pas ; mais pourquoi? parce qu'elles ne sont pas vraiment religieuses selon l'esprit et le cœur.

3. La vie étemelle dans l'autre monde. Ainsi l'a dit en termes formels le Fils de Dieu : Quiconque aura quitté sa maison, ses frères et ses soeurs , son père ou sa mère, recevra le centuple , et possédera la vie étemelle. Or, de telles espérances et de tels avantages ne sont-ils pas déjà pour l'Ame religieuse une félicité anticipée; et qu'y a-t-il de plus propre à exciter sa ferveur?

IV' SUR l'ÉT4T REUGIEUX : l'oPPOSITION MUTUELLE DES RELIGIEUX ET DES CHRÉTIEKS DU SIÈCLE.

SujCT. Je vous conjure , moi qui suis dans les chaînes pour le Seigneur, de vous conduire d'une manière qui soit digne de votre vocation.

Une vierge qui se consacre à Dieu par la profession religieuse peut dire , comme saint Paul , qu'elle est dans les chaînes pour le Seigneur : et c'est par son exemple qu'elle nous apprend au moins à remplir dignement les devoirs de la vocation chrétienne.

Division. Rien n'est plus capable de confondre la lAdieté des chrétiens du siècle, que de considérer la perfection de l'état rehgieux : première partie. Et rien n'est plus propre à consoler les religieux et à les confirmer dans leur vocation , que d'envisager les malheurs presque inévitables et les obligations des chrétiens du siècle : deuxième partie.

PREHitRi PARTIR. Rleo n'est plus capable de confondre j

la lAcheté des chrétiens du tiède, que de conaidérrr It perfection de l'état religieux. Cette vue, 1. leur découvre sensiblement ce qu'ils doivent être et oe qu'ils ne sont pas ; 2. les détrompe de l'erreur dont ils se préviennent souvent , que la loi de Dieu est pour eux quelque chose d'impraticable; 3. réfute toutes les excuses qu'ils allèguent, quand on leur reproche leur paresse et leur né^igence dans la voie de Dieu.

1 . Cette vue découvre sensiblement anx chrétiens du siècle ce qu'ils doivent être et ce qu'ils ne sont pas. Dans les premiers siècles de l'Église , il n'y avait point de reli* gieux , parce que les clu^iens , vivant en chrétiens , étaient alors comme autant de religieux. Dans la suite des temps , cet heureux état du christianisme a changé par le dérèglement des mœurs; et Dieu a suscité les religieux, afin qu'Ut fussent pour les chrétiens du siècle une image sensible delà perfection dont ils sont déchus et où Ils doivent tendre. Que doivent-ils donc dire en voyant la sainteté de la profession religieuse? ce que disait à peu près saint Antoine après avoir vu saint Paul anadiorète : Malheur à moi qui porte en vain le nom de chrétien!

2. Cette vue détrompe les chrétiens du siède de l'erreur dont ils se préviennent souvent, que la loi de Dieu est pour eux quelque chose d'impraticable. Quand ils voient tant de religieux pratiquer les conseils même les plus héroïques , comment peuvent-ils se persuader que l'observation des préceptes leur est impossible? Nonpoteris qttod isti et istœ? Quoi! vous ne pourrez pas faire au moins une partie de ce que font ceux-d et cdies-là?

3. Cette vue réfbte toutes les excuses qu'allèguent les chrétiens du siècle, quand on leur reproche leur paresse et leur négligence dans la voie de Dieu. Quel prétexte peut les justifier? est-ce la naissance, Féducation, l'Age, le tempérament, les infirmités? mais ils voient dans les oommo* nautés religieuses des personnes de toute condition , de tout Age , de tout tempérament , porter avec constance , et même avec une sainte allégresse , tout le poids de la règle la plus austère.

Deuxième partie. Rien n'est plus propre à consoler les religieux et à les confirmer dans leur vocation, que d'envisager, 1. les misères presque inévitables des chrétiens du siècle, 3. leurs obfigations Indispensables jusqu'au milieu du monde.

1 . Les misères presque inévitables des chrétiens du siède. Le rdigieux a ses croix : mais n'en a-t-on pas dans le monde ; et , croix pour croix , cdles de la rdiglon ne valent-elles pas mieux, puisqu'elles sont salutaires? On dépend dans la;religion : ne dépend-on pas dans le monde ; et la servitude n'y est-elle pas incomparablement plus dure? Ainsi du reste.

2. Les obligations indispensables des chrétiens du siècle. Obligations auxqudies leur salut est attaché; obligations qui y dans ce qu'dies ont de plus essentid et de plus onéreux , sont aussi étroites pour les personnes du monde que pour les religieux ; enfin , obligations qne les personnes du monde ne peuvent^néanmoins remplir qu'avec des violences extrêmes, au lieu que les Ames rdigieuses ont toutes les fiidlités imagfaiables pour s'acquitter, soit des devoirs communs à tous les états du diristianisme, soit des devoirs propres de leur profession. Du reste, avantages qui ne diminuent en rien le mérite do taerifioe que font à Dieu let personnes religieuses.

ANALYSES DES SE&M0N5

Sujet. Si nous sominet enlés en JésuiChrùtpar la rej-

semblance de sa mort, nous te serons en mime temps

par la ressemblance de jo résurrection.

Élit de Jé»ii«-Chri«t ressusdlé, vrai modèle lie U perfscUon rdigieuBe; ou, vie roIiweoM dans sa perfeclion, Bdâle image de l'état de Jéaus-Cbrïat re&aïudté.

DiTitiDN. CoDtormilé de l'étal rollgieax avec l'eut de Jétas-Chriat ressiudlé , soit par rapport au ooqia , Mit par rapport ï l'ime. Par rapport au corps; c'est ce que fUt t'angélique pureté qoe professent les personnes religieuses : premiire partie. Pat rapport k l'àroe ; c'est ce que lUt l'entier étoiguement du monde, et l'iatime commerce avec Dieu où vivent les personnes religieuses: deuxième partie.

Pkemièbe pikBTiK. Coorormilé de l'état reii^eux «vec l'état de Jésus-Clirist ressuscilé par rapport an corps : c'est ce qun bit l'angélique pureté que professent les personnes reli^cuses. Quatre qualités des corps glorieux, selon saint Paul, et en particulier du corps de JésufrChrùI ressuscité -. 1. corps tout spirituel, Surgel corpus spirllaie; 2. corps incorruptible, Surgel In incorruji(ion«; 3. corpatout éclatant de gloire, SurgeflR^'oria; 4. corps plein de force ,Sur$«t in virlule. Or, voilà dans une viei^e dévouée à Dieu les quatre elTets de la chasteté.

1. Corps tout spiriiuet, Surgel corpus tpiritale : c'Wtï-dire, corps atTranclii de la servitude des sens. Tel Tut celui de Jésns-Cbrist ressuscité, tels seront ceui des bien. Ueureui après la résurrectioD , et tel est l'état où le vœu de chasteté met une personne religieuse.

2. Corps incorruptible , Surgel in incorruptiant. Ia chasteté , semblable à ce précieux parfum que Madeleine répandit sur les pieds du Sauveur du monde, e«t, dans U pensé« des Pères, comme un baume sacré qui nuintieni le corps d'une épouse de Jésus^^hrist dans une int^rité parfaite. Hors de la religion elle serait eu danger de s« corrompre; mais l'état religieux est pour elle an préservatif

3. Corps tout éclatant de gliûre , Surgel in gloria. Cesi une invioUble chasteté qui fait aux jeux de Dieu le plus bel agrément d'une vierge. C'est elle qui l'élAve t la noble alliance qu'elle coutrac te avec le Verbe de Dieu, en devenant l'épousa de l'Agot-au.

4. Corps plein de vertu et de force , Surgel in vtrfute, la pureté deBCorpsgiorieux après la résurrection sera une pureté sans effort ; mais la pureté d'une vierge sur la terre est une pureté victorieuse, qai résiste et qui triomphe.

Dureste,(outcela demande dans les personnes religieu. ses nn grand soin de se conserver, et l'exercice de toatea les vertus nécessaires pour se maintenir : morale que lea ctirétiens du siècle doivent s'appliquer ï eux-mêmes.

Deuxième mrtib. Coahraùïé de l'état religieux avec l'état de Jésus-Christ ressuscité par rapporta l'Ame; c'eel ce que fait rentier éloigneraant du monde et l'intime com merce avec Dieu où vivent les personnes religieuses. Comment vécut Jésus-Clirist sur la terre durant les quaranti jours qu'il y demeura après sa résurrection M . Il ; fat séparé du commerce des hommes. 2. Si de temps en temps tl se Ht voir k se* disciples , ce ne fut que pour des besoins importants. 3. Dans ces apparitions il vit ses disciples et leur parla, mais en leur téntoignant toujours une uiote

Impatience de les qniHer. 4. DuTeite,il n'eut d'entretien cpi'anc Dieu, et toute sa conversation futdausle ciel. Or, n'e«t-ce pas là , en ligui« et en al»^ , la vie d'une ime religieuse?

I. Jésus-Christ fut séparé du ci)mmttx« des hommes, <!l toute la vie d'une Ime religieuse est une vie cachée avec Jésus-Christ en Dieu.

1. Jésus-Christ de temps en temps se lit voir â ses disciples, mais ce ne fut que pour de« besoins importants, pour les rassembler, pour les confirmer, pour les consoler, pour les instruire. Une âme religieuse ne doit avoir de conr merca avec les chrétiens dn tiède, qu'autant que l'édili' cation, le lèle, la charité, ta nécessité, le demandent.

3. Jésns-Chriet dans ses apparitions vil ses disciples et leur parJa, mais en leur témoignant toujours une sainte

ipalience do les quitter. Dans les visites qu'une ftme religieuse reçoit quelquefois de ses proches, elle n'aspire qu'à rentrer bienlAt dans sa retraite et qu'à relouiiier à

4. Jéeus-ChriBt n'eut d'entretien qu'avec Dieu , toute sa con versa tion tut dans le ciel; et une Ime religieuse n'est occupée que d« Dieu , n] ne goûte que les choses du ciel. Heureuse vie dont elle comprend le bonheur, et dont elle rend sans cesse à Dieu des actions de grïces.

vr son L'ttkr HiLiciEQx : l'aluancb m l'ave

Sujet. Mon bienaimé est ù moi, et je suis à lui.

C'est l'ime railleuse qai parie, et qui, sous la figure de l'éïKinse des Canaques, nons fUl connaître la sainte aHiante qu'elle a contractée avec Dieu.

DiTUTON. Trois choses forment mie alliance : le choix l'engagement , et la société. Que fait donc une Jeune personne en embrassant la profession religfensePEUechoitit Dien ; pr^nière partie : elle s'engage k Dieu ; deuxième partie: ellea'acquierl, pour ainsi dire, un droitspédalsnr tous les trésors de Dieu et sur Dieu même; troisième partie.

PsEuttRE FABTiE. L'Ame religieuse cbnisll Dieu. Car qu'estce que U profession rallgleusep Le choix le plus singulier que Dieu puisse fïire de ta créature, et le choix le plus authentique gue la créature puisse faire de Dieu . Dien appelle l'Ame, et l'Ame lui i^nd. Or, cette norrea. pondauce n'est rien autre chose que te choix qu'elle fïit de Dieu.

Choix ai eicelleni et si parfait, que l'Ame rellt^ease a droit pour cda de quitter père et mère , et de rompre en quelque sorte les liens les plus sacres de la nature. H n'en est pas de même des Tieiges do siècle. Tontes vieiges qu'elles sont, elles n'ont paa encore choisi Jésns-Cluist d'une mani^ qui lea autorise k se retiifr de la maison paternelle. Il ; a plus : non-ieulemenl l'Ame religieuse quitte père et mère, mai* elle se quitte encore elle-même.

Choix quidevient pour l'Ame religieuse une raison de servir Dieu avec toute la ferveur que demande son état.

DBDxiiME PAB-nE-L'Ame religieuse s'engage ï Dieu ; I . engagement sacré, 2. engagement solennel, 3. engagement irrérocable.

1 . engagement sacré , car c'eel un engagement de vœu . D'où il s'ensuit que c'est le plus grand de tous les ei^agements , et qu'en ce qui regarde l'obserrance des choses que l'Ame reiigieuM a vouée», die ne peut commettra d'infldé- Ulé qui ne tiome de la nature du sacrilège.

ANALYSES DES SGBMONS.

rat solennel. Il n'est ippelé proféMioii qoe piree qu'il est contncU à la hcc des lateli , et devul le* minIttrM de l'Églite. IHITéreiice d'un vœu solennel et d'un vœo pvticulier. L'Église accepte le premier, et n'accepte pas l'autre.

3. Engagement irréiocable. Les tœui de l'ioie religieuse sont indissolubles. Elle a n^aamoins encore tout à eraiodrede sa volonté, qui, par son inconstance, peul, DOD pat se d^ager de l'obligatiao , mais se relftclier dans rtdMemtion de ses vaux; etToilâ ce qui doit exciter sa Tigi lance.

Thoisiëme PUiTiE. L'Ame religieuse acquiert uu droit tpâcial sar tous les trésors de Dieu et sur Dieu même. Dieu est le Dieu de tout le monde, mais il se donne spécislemenl aux tmeaquine Teulenlque]ul,et quine s'altaclieni qu'i lut. Or, que veut autre chose l'Ame religieuse , cl quel autre bien se réserve t-elle ! Deux témoignages tirés de l'Écriture, l'uu de David, l'autre des Juifs lorsqu'ils entrèrent dans la terre promise.

Il est vrai que l'ime religieuse, en faisant alliance avec JésufrCliri9t,fail alliance avec un Dieu pauvre, avec un Keu humilié , avec un Dieu crucifié , et qu'elle doit entrer avec lui en société de peJnesetdemaux;niaisdRns Jésus- Clirist tout s'est converti en bleus. Ce sont des maux pour les ntcDdains qui n'en profitentpaa.et qui les portent sans eontotslioa: mais ce sont des biens pour l'ftme religieuse, qui se les rend salutaires, cl qui, par la gr&ce de Jésus- Christ, y goDIe nne onction toute divine.

Voilà ce qui doit servir de modèle aux chrétiens du siècle. L'exemple d'une ime religieuse , sa Qdélité, sa ferveur, sa constance, son détachement, confond leur tiédeur, leur Ucheté, lenra attaches criminelles aux biens de la terre. Du reste, quelque différence qu'il 7 ait entre l'étal religieux et celui des gens du monde , deux vérités sont certaines : I . que les gens du monde peuvent eux-mêmes être parfaits dans leur élat et selon leur étal , comme les rdipeux;!. que non-seulement ils le peuvent, mais qu'ils j sont même indispensablement obligés.

EIHOKTATIOK SUH L* CBXRITÂ ENVERS LÏS PtUVBES.

Som. Donnex.elvousteretentiiremtntparifiét.

La cocniption du siècle , selon saint Bernard , vient but' tout de trois sources, qnl sont : l'orgueil des richesses, leaattrailsd'une île sensuelle, et la dissipation des alTai' res humaines. Or, point de meilleur préservatif contre ce! trois écueils , que los œuvres de la charilé chrétienne.

Division. Rien do plus efficace que les œuvres de ta charité chrétienne pour défendre notre humilité de l'orgueil des rlcliesses, première partie; notre pureté, des attraits d'une vie sensuelle, deuxième partie; notre piété, de la dissipation des affaires humaines, tnûsième partie.

PHEBifcKE piiTiE. Rien de plus efTicace que les ceuvres de la charité chrétienne pour défendre notre humilité de l'oi^eil des richesses. Car si le riche a du bien , il doit , on vertu de l'obligation de l'aumdne et des ceuv. -« de charité, se dire à lui-même, que ce bien n'est point proprement i lui , qu'il ne l'a que par commission , et qu'il en est comptable à Dieu et aux pauvres : à Dieu , dont il l'a reçn; aux pauvres, pour qui il l'a reçu.

De Ik U s'ensuit qu'il ne doit se considérer que comme leluteurdes pauvres, et comme ayant 4té établi de Dieu, poor le* (crvir.

Servir les pauvres , ministère honorable , pdsqiM c'eM

!rvir Jésns-Chrlsl mémo ; mais du reale , ministère Uen capable de rabattre les endures de Dc4re cœur el kt haaleurs de notre esprit Exemptée de saint Louis, et de* deux

intes Elisabeth.

DsnxiijiE FARTiB. Rieo de plus efficace que les «ovrea de ta charité chrétienne pour défendre notre pureté dea allraita d'une vie sensuelle. La raison est, que la pratlqtre des œuvres de charité nous engage k voiries pauvres, et têlretémoinde leurs misères. Or. celte vue est le remède le plus prompt el le pins sOr contre l'amour de nous-mêmes et les sensualités du siècle.

De Ik l'on apprend ii'uccupermoinsdesapenoDne, i retrancher le* excès dans les onwmenls moudalns et dans les repas, k soufTHr dans les occasions', enfin k soutenir les austérités delà pénitence.

Tnoisil:» PAKTiE. Rleu de plus elBcace que les œuvres de la charité chrétienne pour défendre notre fiHé de la dissipation des affaires hura^oes. tJne vie aj^tsanle est fc craibdre par la dissipation où elle jette ; non pas néanmoins qu'elle soit pour cela condamnable. Il j a de* soins dan* la vie, et des sein* humains, dont on est obligé de te charger : mais le moyen d'en éviter la disdpation , el d'y entretenir sa piété, c'est d'y joindre les œuvresde charilé. Car cas œuvres de charité étant plus communément pratiquée* avec une Intention sainte et en vue de Dieu , elles insphent la dévotion, elle* la nourrissent, 00 elle* la rallument lorsqu'elle commence è s'éteindre.

4DTBE SDH LA CBKtkVtt WinOl» LE* MHVUS.

ScjBT. Le bon grain, ^t*l laparoU de Dieu.

Ce bon grain , celte parole de Dieu, se dispense encore t certains jours dan* 1e« axsemblées de charité , et dans les exliortations que les prédicateurs, Qgurés par le laboureur de t'Ëvanglle, y font en faveur de* pauvre*. Hais d'où vient qu'on en retire si peu de Ihiit? c'est ce qu'il faut présentement examiner.

Division. Dans les différentes qualité* de la bunne et de la mauvaise terre oti legrainesl jeté, noua ponrroni reconnaître las divers caraclères des personnes qui atsi*tmt aux assemblées de charité et aux exhortatlotia qu'on y bit ; et de lï nous apprendrons pourqud les pauvres retirent si peu d'avantage de tant de discoois. Point d'antra partage de cet entretien.

I. Le laboureur alla somer son grain. C'était de bon grain; mais d'abord une partie de cette semeno* tomba pris du chemin : les passants la foulèrent aux pied* , et le* oiseaux la mangèrent. Qu'estce que ce grand chemin ouvert h tout le monde? Cesonl ces Imes volages et dissipées, qui apportent aux assemblées de charité un esprit distrait et sans arrêt. Tout ce qu'on leur dit en bveur des panvres ne fait nulle impression sur leur cœur. Elle* n'eu profitent , ni pour la réformalion de leur vie , ni pour le soulagement des pauvres.

A cette dissipation, que doivent-elles opposer? Le femède d'une sérieuse réflexion.

][. Une autre partie du grain tomba sur de* plants. Image de ces ïmes dures que rien ne peut émouvoir. On 3 beau leur représenter les besoins de* panvres, elles y sont insensibles. S'agil-il d'etles-méines, elles sont délicates jusqu'à l'exci*. S'agit-fl d'autnil , dles u'y prennent

ANALYSES DES SBBUONS.

es*

CinribededoreU, dont oouiaToiuimeiEiiipleduu le RMaiaia rtcbe, et que Diea punit tiè»'«<TèreiDeDl.

m. II T eut encore da grain qai lomlu an milïea de* épinei. Cm ipinet, selon reipIicalloD mËmede Jésna- Cliriil, ce «ont ki pMsioD* du sitele; et cea putimi, •uiTint la peniie an même Sauvear, «e rédolMnl k trots «•ptecs : HToir, rinqafétude des eoln* temporels, !■ cupidité oa le ajùrntipreuAd'siiiasset les bieos de 11 terre, •I raltacbemenl aai plsisin de la >ie. Trois obsticles qui àieiTait tonte la force de U parole de Diea , trois sortes fépliies qui MonlTeDl la cbarité dut les cceurs.

Sur e^ trois ans : I. point de soin plu* etaenliel que niai de satia&ire aux deroirade ladwrilé; 1. la charité e«l récompensée par le* trésor* du del , et Dténie par les bienide ce DMwdeiS. de tons les plairirs, le plus doux doit être de soulager les affligés.

IT. n 7 eut one bonne terre ob le grain tomba et où il profita ; et il j a des tmes où la parole de Dieu opère et produit des œuTresde charité, maiaaTeccetlidinérHice marquée dans la parabole de l'Évangile , qui est qu'elles readcDt, leii unes trente , le* autres soixante , et d'aulrei cent pour un. Cest4.dire, que les unes se bornent prérti/roeni au précepte de t'aumdne; que les autres ajoutent au> aumAnes d'obligation des anmAoe* de snrérogalioa ; et que d'antres , enfin , Tont jnsqn'h une espèce de profusion.

Or, de quel nombre sonimes-noa*? c'ert M qne nous derons sérteusenMot eunlner devant Dieu , qui hitmCme nous en téra rendre nn compte t(軫Met.

SDH tx eakini uteu les nisonrisM.

Sun. L' Btpril du Seigneur t'ett r^oté mr moi: &at

pew ceia qu'il m'a envoyé précAtr FivangiU aux

pamvrtt. eoiuoler ceux qultimt data l'a^leHon,

et annoncer aux eapHfi leur àéliwranee.

Ces paoTTC* , ce* affligés , ces captib , ce aontlet prisonniers, que les prMieatenrs sont chargés de TecoTODiander tu cbarité des fidèles.

DiTision. Asdsterles prisonniers, c'est un de* plus exetUents acte* de 1* cbarité chréUome : comment cdaP Parceque c'est J. C. qui nonsen adonné l'eiemple, première partie; ^arte qne c'est Z.C qui ma hit le commandenwit , denilème partie ; parce que , en soi , c'est un des moyens les pins erScacea de sanctiBcatiast et de salut , tnitdème partie.

Panitas rixm. C'est Jésns-Cbrist qui non* m a donné l'eiempie : et oti? Dans tous les mTStère* de sa rie. Dans son incamatloo , il est descendu anr la terre pour sauver des esclaves. Dans sa prédication , il est venu nou* annoncer notre liberté. Dans sa passion , U a versé son sang pour nous racheter. Danssarésnrrectito.il est allé Tisiter des captifs qui l'attendaient et qui soupiraient après lui. Dans son ascension, il a emmené avec lui cette tronpe d'élus qu'il avait tirés des Itmbe* , et les s mis en possession de »s gloire.

Récapituladan et apfdicatlon de tons ce* exemple*.

DKDXitHR runa. Ceet Jésos-Chrlst qui mnu en a (ait : car c'eat loi qui non* a Ikit le comit de U cbarité, et de cette cbarité patticollère. D'oà vient qne, dans rarrêt qnll prononcei» nn lonr contre le* répnMvés, il marquera ce peint : T'était m priton, etvoutn» m'oM» patvUiU.

n est vrai que cette obUpUon e*t ranfcsMée te* le précepte général de ranmAne : mal* ce précepte da l'an' mOneest fondé snr les be*oin*et las mlsèfes ta prochain. Par cimséqaent.ob lee misères Mot [dns grandes, rofallgalion est plus étroite : or, j a-MI une misère pareille à Mlle des prisonniers?

Tno:utn put». Cest en soi nn des moyoïs les ptns etScaces de la saoctiAcation et do salut. Outra le mérite de la cbarité et le* bïnédlcthnis qu'elle attire de la part du dd , pour peu qu'on bsse de réflexious aux objets qu'on a devant les yeux en visitant le* prisons, on apprend à craindre Heu, à redouter sa Justin et ses jngementi , à expier le péché qui en est le sqjel, et k s'en préserver.

son Li auarrf BHVsas li* omhslims.

Sur. La religion pure et tatulaelu aux yeux ^ Dieu

notre père ul é* Htiler iet orpheiiMs dont leur itf-

jlicHoit.

Piriol de parole* plos propres t exdier tout notra lèle en (aveor de* psnrres orphdint.

DivTsioii. Toute cette axborlatlMi ne dtrit être , sans ao- (re partage, qu'une exposition sulvia de ces pvoles de

I. £a refiffioH. La cbarité commune oiver* le* pauvres est sans contredit une partie eesentldle de la religion , puisqne c'est un dev<^ qne 1* religion nous recommande , et snr leqnd noos serons Jogé* de Dlen : m^ cela est Burlont TTBl de la charité particulière enrer* le* panvres orpbelbu , pukqo'il n'j aqn'an Mprit de reflglaa qni nous porte I (o prendre soin.

H. La reliçion pur» «I som iaehe. Car U vraie rcU> gton doit giofifler Diea et édifier le prochain. Or, eatca giorifler Dienqua d'abaodoniHr ces pauvre* enbnts?n'estc* pas renverser Tordra da sa prorideoce? El de quelle édiBcaticm peuvent être pour le prochain toute* le* ouvre* de piété qœ non* pratiquona d'aOleors , si nous msnquutts à ce devcrir impMtinl?

la. Ul religion pure et lanttaeMoMx'ifem* de Dieu notre pérs. Dieu est le père de* puvre* , et spédalemeat deeon^Mfln* : donc la vraie leligian doK engager tonte tme chiétiMine à ^mur ^ngnUèrement Iescrpiiellna,e(fc le* secourir.

IV. La reliffloR pure ef «HU focAe eti de oitller Ut orpMiiu. Ponrqnd le* orpheUns? Piree qoe l'orphelin est , de tous les pauvres , le plus destitué de secours et de moyeu*. Aussi Dieu avait-il ordonné dan* randenne loi , que chaque bmille adopUl unorpbeUn,et<inil (Ut traité eomme le* autre* enbnt*. II voulait de piM qa'uM paHie de* dîmes (Ut affectée anx orpheUns, et qoe le* jugea Imr renaissait U Justice préférableraent k ton* le* utres.

V. la refi^n at de vieilêr Ut orpMint dant leur fiction. En quel état se trouve cette maison destinée à les recodlUr, et qne n'y soarrrent-ils point t km sang denundcrajustkfl kDieu contre ceux qui les aoreatdéUssés.

■m Li fxktini nmat im nocvunx ciiMugoa*.

Sun. Que la paix eoil tur notfrèrtt mee la eMariU

et lafiH-

Tant de nouveaux catbottqne* et tant d'antree dl^osé* kledavenir,ceBontM*(Mre*,dont U ProvUsMe omis

ANALYSES DES SERMONS

DifiNON^l &ttt poanroir à kurs beadins temporels, première partie et il faat eitcore plus pourvoir à leur salât élerMl» deiuièiiie partie.

ni PRBiiiaBf ARTiB. Il fiiut pounToir à leurs besoins tempofils, €o les usistaut dans leur pressante nécessité. Sans cela ils doiTent tomber dans une extrême misère. Car iU n^t plus les eecours qu'ils avaient dans l'église protestante» et qui les faisaient subsister. Si donc ils ne reçoifent encore de nous ancuoe assistance , où en seront-ils? quelle boute sera-ce pour le senrice de Dieu et pour son É^ise?

Lear nombre est trop grand, dit-on : mais le peutil Itre trop? Il n'est trop grand que parce que plusieurs ne feulent en rien oontrilNier, ou ne veulent pas asses contribuer. On ne peut non plus s'excuser sur le malheur des temps, et il n'y a qu'à se consulter soi-même de bonne Ibi , *poor découvrir minsion de œ prétexte.

DÉinutei ^àMii. n finit pourvoir à leur sahtt étemel, en les confirmant dans la foi et en achevant leur conversion, qui ^r'iest encore qu'imparfiidte et qu'ébauchée. U s'agit pour cela de gagner leur esprit et leur cmur : leur esprit, en leof persuadant toujours de plus en plus la vérité de notre ^^^Igion; leur otRur, en les y affectionnant et la leur fUsant aimer. Or, jamais nous ne leur ferons mieux connaître la vérité de notre rdigion, que parla charité qui s'y pratiqua, et dont ils ressentiront les effets; ni Jamais nous ne les affectionnerons plus à cette même religion que par le lèle q/f» nous témoignerons pour leur soulagement. De là oQDduons que noos y sommes très-étroitement obligés : car fi noua devons assister nos frères dausles besoins êd corps, à plus forte raison le devons-noos dans les besoins éerime.

son Là aunrri nvins «n sÉuiunB.

8«iBT. Mmiê-Maéêleine prit «me livre^htUUde jeu* Isifr, iTioi nmrd exeeUeni et dé grand prix^ et elle en arrpia Uipied$ de Jésus.

Ce que fit Madeleine pour Jésos<%rist 9 c^est ce que nous devons f^fepour ses ministres assemblés dans cette mai* son, €0 répandant sur eux nos charités.

Oivamii.^Notre charité aura ces trois avantages, qu'dle saim d'an plus grand mérite anprès de Jésus-Christ que l'action même de Madeleine, première partie; qu'elle sera d'une ntilitéM évidente, qu'il n'y aura point d'espriU assei critique^poiir ne U pas approuver, deuxième partie; que le lirait s'en répandra dans toute FÉglise, troisième parti».

PmBnÉu fàfm. Cliarité d'un plus grand mâîte auprès ée Jésos-Chrirt que Faction même de Maddeme. L'action de Madeleine ne Ait que l'ombre, que la figure de l'aumêne et de la charitéj^irétienne. Or, la seule figure ayant été d'an si grand méfite anprès du Sauveur des iMNnmes , combien pins eei-a g^rifié deb vérité même et de l'effet?

Madeleine ne se contenta pas de répandre ce parfum sur les pieds de Jésns-Ctuist : die le répandit encore sur sa tèle. Image de ce que noos faisons en assistant les ministres de rÉJillse. Lkte autres pauvrereont coomie les pieds de JtaisOirisI; mais ceux-d en sont comme la tête. On a do lèle pour l'ornement des autds : les tabernacles et les «otebvlvantsdu Dieu degloire, ce sont les prêtres.

DoonAo PARTia. Charité d'une utitité si évidente, qu'U ■e peut yavoir d'esprits asses crîtiqaes pour ne fai pas «pproufir. On joge «e l'utilité d*»» emrapriae par U fin

et par les moyens. Or,la fin qu'on se propose id, c'est la sanctification de l'Église; et les moyens qu'on y vent employer, c'est de former de dignes ministres et d'habiles ouvnen dans la vigne du Seigneur.

n y en a assez d'aulres : mais d'habiles, de lâés, de laborieux, il y en a peu ; et c'est pour en élever qu'on travaille à rétablissement de ce séminaira, qui ne peut êtr« fondé que sur les libéralités des fidèles.

TnoisiàoB PÂRTiB. Charité dont le fhdt se répandra partout. De cette maison sortiront des troupes entières de pré* dicateura , de dlrecteun , de docteura vertueux et savants , qui se distribueront dans toute la France , et y porteront la parole du sdut et la bonne odeur de Jésus-Christ.

U ne faut point dbre qu'on a d'antres pauvres à assister : d l'on veut bien mesurer ses charités , on trouvera de quoi pourvoir aux uns et aux autres.

Il ne faut point ajouter qu'il y a d'autres séminaires, dans tous les diocèses : ce sont des séminaires particuliers ; mais cdui-d est comme un séminaire général Si notre foi nous est chère, nous ne manquerons aucune occasion de l'étendre et de lui soumettre les ccsun.

AOVRB SUR Lk CHAmiTi ERVUS Ulf SteNAmS.

Sujet. Le %èie de votre nutison me dévore.

Nous pouvons regarder ce séminaire comme fai maison de Dieu, et nous devons être là-dessus animés du même ièle qoe le prophète.

DiVHiOH. Dans cette maison de Dieu nous avons deux choses à conddérer : qui sont cenx que nous devons assister, première partie; et pourquoi nous les devons assister, deuidème partie.

PRBÉiÈnn PAim. Qof sont cenx que nous devons assister ? Ce sont de véritables pauvres, ce sont de saints pauvres, ce sont des pauvres qui ont choid J. C. €o embrassant l'état ecdésiasiiqae, et que J. O. a dioisis en les y appelant.

Ge son& de pauvres étrangère, bannis de leur patrie en haine de leur religion. Ce sont des pauvres envers qui nous pratiquerons font à la fois ranmêne corporelle, so contribuant à leur subsistance, et l'aumône spirituelle, en les affiwmissant dans leur attachement à la vraie fbi, et en leur associant de xdés ouvrietv qui les secondent

Enfin ce sont des pauvres qui, par lenn prières, nous rendront au centuple ce qu'ils auront reçu de nous. En est-il donc qui méritent plus nos soins et notre assistance?

DKUxiàax pakhb. Pourqnd particulièrement les devonsnous assister? Parce qu'ils sont destinés à combattre l'erreur, et à maintenir, autant qnll leur sera possible, la religion dana des royaumes hérétiqnes , où l'Église est persécutée et opprimée. Avant que d'agir, il fiuit qu'ils se disposent et qu'ils se fbrmeuL Voilà pourquoi on les retire dans ce sémhiaire, établi sdon Fidée du concile de Trente : mais de quoi y seront41s entretenus, a les charités viennent à leur manquer? C'est donc à noos qu'ils s'adressent comme l'ange de la Macédoine s'adressa à saint Paul.

La charité, dit-on, ne peut fournir à tout. Faux prétexte : on trouve bien de qod fournir à tant de dépenses inutiles. Ayons plus de foi et phis de confiance en Dieu. Mais, éjoute4-on, il faudrait poorcda se retrancher bien des choses. £h bi»! peut-on se les retrandier pour une œuvre plus importante?

ANALYSES DES SERMOIf&

MA L'omaTATlOM Dtt RftCUS.

Svttr. Paix et mUérieorde à tous tmm qui observeront cette règle.

Rien de plus important que de maintenir la règle dans une commanaoté réligiease.

DnnsioN. Dans la profession religieuse nous ne pouvons , sans l'observation de nos règles , conserver la paix , ni avec Dieu, première partie; ni avec nous-mêmes , deniième partie; ni avec te prochain, troisième partie.

PEEM1ÈRB PARTIE. Daus la profcssfon religieuse nous ne pouvons , sans l'otMervation de nos rè^es, conserver la paix avec Dieu. Qu'est-oe que la règle qui nous est presoite dans la religion > C'est une volonté spéciale de Dieu par rapport à nous et pour nous. Quand donc je m'attaclie à observer cette règle, je m'unis de volonté avec Dieu, et dès là je suis en paix avec lui. Mais , par un effet tout contraire , quand je désobéis à ma règle , je me sépare en quelque sorte de Dteu ; par conséquent je romps la paix entre lui et moi.

Si je ne la romps pas absolument , cette paix , parce que la transgression de ma règle ne va pas jusqu'au pécbé mort tel , du moins je la trouble, et j'arrête ainsi te cours des communications et des grâces de Dteo.

Mais, dira-^on, la transgression de la règle n'est pas même une offense de Dieu vénielte : à quoi Je réponds que rinfraction de la rè^ peut n'être pas un péché, prise en elle-même, et Têtre dans ses drconstancea. Quoi qu'il en soit, il suffit que oê soit une ImperfëctioD , pour m'empêcher d'avoir avec Dieu une union aussi étroite que je dois la souhaiter.

DcnxiteB PART». Dans la professioD relIglease nous ne pouvons , sans l'observation de nos rè|^ , eonserver la paix avec nous-mêmes. La raison en est cpie nous avons alors dans nous-mêmes deux esprits tout apposés qui se Combattent sans cesse : savoir, l'esprit de la règte , et l'esprit de te liberlé : l'esprit de la règle, qui nous inspire te soumission ; et l'esprit de te liberté , qui nous porte à l'indépendance. Or, dans cette contrariété , comment une âme religieuse aur»-t-elto la paix? quelles douceurs goùtera-telle? Les douceurs du monde lui sont inter^les» et elte se prive des douceurs de te religion.

Aussi l'expérience nous apprend-elle que , des pers<mnes religieuses qui se trouvent mal contentes dans leur étot, te plupart ne te sont;que parce qu'eltos ne remplissent pas asses fidèlement leurs devoirs.

TaoïsikHB PARTIS. Dans la profession religieuse nous ne pouvons, sans l'observation de nos règles, conserver te paix avec le prochain , c'est-à-dire avec nos supérieurs et avec nos frères. Qu'estce, dans une communauté religieuse , que le supérieur ? c'est le protecteur et le tuteur de te règle. Le moyen donc de te violer, et d'être en paix avec lui? U est obliffi d'agir contre les transgresseurs, et d'en venir à des punitions; ces punitions aigrissent les esprits, et de là les mécontentements mutuete et les divteions. Une sainte régularité entretiendrait entre le chef et les membres une parfaite intelligence.

La paU même ne peut longtemps subsister entre les inférieurs et les particuliers qui composent une maison» dès que la règle n'y est pas gardée. Il n'y a plue d'ordre alors ; et sans Tordre , tout est en trouble. Vérité qui n'est canfimée que par trop d'exemples.

SUR LB RSNOOVIULIIIIICr MS ^Om DB RUJOHII.

Sujet. Renouvetez-vous en esprit,

Cest JésufrChrist même qui nous parle par te bouche de son Apôtre, et qui nous demande un parfait renouvelle, ment d'esprit et de cœur.

Drvisioif . Quatre choses à considérer : savoir, comment le renouvellement des vœux honoro Dteu ; comment U nous sanctifie nous-mêmes; comment JésufrOhrist surtout, présent aux yeux des personnes qui le font, a spéctetement droit de l'exiger d'elles ; et comment [enfin elles n'ont jamais été mieux disposées à le faire dignement.

L Le renouvellement des vœux honore Dieu. Car renouveler ses vœux, c'est ratifier le premier sacrifice qu'on a fait de soi-même à Dieu , et donner à connaître combien te joug du Seigneur est doux ; combien Dieu est un bon mettre, un maître fidèle dans ses promesses et magnifique dans ses récompenses; un mattre digne de nos services, puisque, après une longue épreuve, on veut bien tout de nouveau se dévouer à lui.

II. Le renouvdlement des vœux nous sanctifie nous^aêmes. En effet , de te manière dont on le pratique , U entretient dans les esprits et dans les cœurs un souvenir sahi taire des obligations qu'on a contractées devant Dieu. Or, ce souvenir est te plus exodient moyen pour se maintenir toujours dans une safaite ferveur.

IIL Jésus-Christ, présent à ce renouveUement des vœux, a un droit spécial dé Pexiger des personnes qui le font. C'est devaftt te sacriethefit 'dé née autels que se JMissê cette cérémonie. C'est donc en présence de Jésus-Christ sacrifié pour nous. 6r, en lûet état, n'a-t-il pas droit d'exiger de nous sacrifice pour sacrifice?'

IV. Jamato les pmvonnés qn! Ibnt ce renouvellement de leurs vœux , ne furent mieux disposées à le fUre d'une manière digne de Dieu. Elles s'y sont préparées par te retraite, par terevuede leurs fautes, par des œuvres de pénitence; et elles y sont encore animées par la solennité de la cérémonie , et par les exemples les unes des antres.

SUR L'eséiasAiici rilmdbjsb.

Suivr. OhéUtet à vos supériews , et so^Z'leur soumêi.

Cette règle générale que FApôtre donnait à toos tes fidèles , convient particulièrement aux religieux. L'obéissanea est une des plus exeellentes vertu» de leur état. . DrvisioM.Obéissancede l'action, première partie ;obéi^ sance de te volonté , deuxième partte ; obéissance du Jugement, troisième partie.

E^EMiÈRB PARTIE. Obéissanco de l'action. Elte rniMÉite à faire ce qui est ordonné. Obéissance nécessaire en vertu du vœu.

Mate de plus , obébsanoe qi^ doit être prompte et i retardement.

Universelte et sans bornes.

Indépendante de toute eonsidératten humaine et acception de personne.

Telle a été l'obéissance de Jésus-Christ; mate souvent ce n'est pas la nôtre. On obéit, mais lentement, mate imparfaitement, mate trop humainement.

Deuxièhb PARTIE. Obéisssnce de te volonté. Sans eette disposition du cœnr et celte volonté, nous n'avons qu'une obétesanceservile et d'escteve. Or, «mobéiasanoe servite

ANALYSES DES SERMONS

el d'MclaYe n'est point me obéissance religieuse, ni one vertu. Tout le mérite d*une vraie obéissance est dans le sacrifice de ia volonté.

De là trois conséquences : que je dois trembler, quand on supérieur m'ordonne des clioses selon mon inclination et selon mon goût , parce que je dois craindre alors que ma volonté ne soit pas sacrifiée.

Que je dois au contraire me réjouir selon Dieu et en Dieu, quand un supérieur m'emploie à des fonctions qui me mortifient et qui me gênent, parce qu'alors le sacrifice de ma volonté est plus certain et plus excellent.

Que c'est une erreur de croire pratiquer l'obéissance , quand, par des sollicitations et des poursuites, on amène les supérieurs à tout ce qu'on soutiaite.

Ce n'est point ainsi que Jésus-Christ a ot>éi. Il a pleinement soumis sa volonté à la volonté de son Père. Mais , par un étrange^ren versement, quelle est quelquefois l'obéissance des personnes même religieuses? Une obéissance de respect humain, une obéissance de contrainte, une obéissance d'artifice ou d'une espèce de violence.

TnoisiàME PARTIE. Obélssauce du jugement. C'est par là que nous achevons de soumettre tout l'homme à Dieu , en lui soumettant notre esprit et notre entendement. Soumission d'un prix inestimable, et sans laquelle toute notre obéissance, soit de l'action, soit de la volonté, ne peut se soutenir. Car comment ferai-je avec exactitude et avec promptitude œ que mon supérieur m'enjoint, et comment m'y affectionnerai-je , si je le condamne dans ma pensée ?

Mais l'obéissance doit-elle être aveugle? Oui. Non pas qu'en certaines ooi^onctures elle ne puisse découvrir ce qu'elle pense et le représenter, pourvu que ce soit avec humilité et avec docilité. Du reste, dans son aveuglement elle est plus éclairée , plus droite , plus sûre , que toute la sagesse de l'esprit humain. Le supérieur peut se tromper dans ce qu'il me commande , et c'est à lui d'y prendre garde : mais moi je ne me trompe point en lui obéissant, puisque Je fais ce que Dieu veut de moi.

De plus, nous ne pouvons douter que Dieu n'éclaire les supérieurs; et en agissant selon leurs vues , nous agissons selon les lumières de Dieu. Enfin, nous ne devons pas aisément Juger d'eux : car souvent ils ont des raisons trèssolides , mais qui nous sont inconnues.

POUR UNE oomnniAiniÉ de carmélites sur sainte thérèse.

Sujet. Il viendra avec Fesprit et la vertu (TÉlie pour former au Seigneur unpeuple parfait.

C'est avec ce même esprit que Thérèse est venue et pour le même dessein.

Division. Conunent Thérèse , animée du double esprit d'ÉliCy et réformatrice d'un srand ordre, a réformé le corps par la mortification, qu'elle a elle-même pratiquée avec une constance héroïque , première partie ; et conunent elle a perfectionné l'esprit par Fusage de l'oraison , où elle s'est exercée avec de si merveilleux progrès, deuxième partie. pREMikRB PARTIE. Commcut Thérèsc a réformé le corps par la mortification, qu'elle a elle-même pratiquée avec une constance héroïque. Son premier désir fut celui du martyre, et c'est pour cela que, dès son enfance, elle quitta la maison de ses parents, voulant aller en Afrique.

Kamenée bientôt dans la maison paternelle, là elle se eondamne à un autre martyre plus rigoureux par sa durée ,

qui est une mortification entière de ses sens. Esprit de pénitence que Dieu lui inspûra par un attrait particulier, par des signes visibles et des apparitions.

De là cette devise qu'elle prit : Ou souffrir^ ùu mourir. Sentiment qui lui fit surmonter tout ; et c'est par ce même sentiment qu'une âme religieuse devient victorieuse de tout.

Cependant de son cœur elle ûdt passer l'anaour de la croix dans le cœur d'une infinité d'autres, par la réforme qu'elle établit au Mont-Carmel. Réforme qu'elle oppose à la fausse réforme de Luther et de Calvin. Réforme la plus mortifiante, et dont elle porte la première toute l'austérité.

Ce ne fut pas sans de grandes difficultés et de grandes contradictions qu'elle entreprit ce saint ouvrage; mais enfin elle le conduisit à sa perfection et le déposa , pour ainsi dire, entre les mains de ses filles, à qui elle le confia. Or, elles ne le soutiendront Jamais mieux que parce qui en a été le principe, c'est-à-dire, par la mortification et une pleine abné^tion d'elles-mêmes. Quel sujet de reproche, si elles le laissaient déchoir !

Deuxième partie. Comment Thérèse a perfectionné l'esprit par l'usage de l'oraison, où elle s'est exercée avec de si merveilleux progiès. Il s'agit id de-cette oraison extraordinaire , eu elle fut élevée; et son exemple nous apprend trois choses : 1* par où l'on se doit disposer à ce don de Dieu ; V avec quel esprit il le fiiut recevoir; 3* de quelle manière on en peut faire le discernement.

Elle s'y est disposée par l'oraison coounune et ordinaire, où elle a persévéré pendant vingt-deux ans ,*malgré toutes les aridités et toutes les sécheresses dont efle a été éprouvée de la part de Dieu. Nous , au contraire , nous abandonnons souvent cette oraison commune , ou du moins nous la négligeons , dès que nous y sentons la moindre peine , et qu'il y a la moindre violence à nous faire.

Elle a reçu ce don de contemplation et d'une oraison sublime et extraordinaire , avec humilité , et sans rien perdre d'une docilité parfiûte à la conduite de ses directeurs : mais nous , si nous n'y prenons garde , nous nous laissons enfler d'orgueil dès les premières faveurs que nous recevons de Dieu , et nous ne voulons plus d'autre guide que nousmêmes.

Elle en a fait le vrai discernement par trois signes non suspects, dont le premier est l'attachement à la foi de l'Église; le second , la fidélité aux devoûrs de son état; el le troisième , l'utilité de ces laveurs célestes dont Dieu la gratifiait Cest aussi, à notre égard, par où nous les pouvons discerner; sans cela, on prend pour vrai don d'oraison ce qui n'en a que l'apparence.

SUR LA niGNITÉ ET LES nEVOIRS DES PRÊTRES.

SciBT. Que voi prêtres 9 Seigneur, soient revêtus de justice et de sainteté.

Rien de plus nécessaire aux prêtres que cette sainteté et oettejustice.

Division. Les prêtres doivent être saints, parce qu'ils sont les sacrificateurs du corps de Jésus-Christ, première partie; parce qu'ils sont les pasteurs de l'Église de Jésus- Christ, deuxième partie.

Première partie. Les prêtres doivent être saints, parce qu'ils sont les sacrificateurs du corps de Jésus-Cluist. En cette qualité, ils tiennent la place de Jésus-Christ, qui fut

ANALYSES DES SERMONS

lui-même le premier sacrificateur de son propre corps » lorsqu'il institua son adorable sacrement Or, quelle sainteté est nécessaire pour occoper dignement une telle place , et pour exercer un tel ministère? D'autant plus que le prêtre, quoique substitut de Jésus-Christ, a néanmoins dans Texercioe de son ministère, nne espèce de pouToir sur Jésus*Cbrist même.

Quelle dignité ! s'écrie saint Augustin ; c'est en quelque sorte dans les mains des prêtres que le Verbe de Dieu s'incarne tout de nouTeau. L'Église, poursuit ce même saint docteur, croit en aToir beaucoup dit, quand elle chante que le Verbe divin n'eut point horreur de demeurer dans le sein d'une vierge , toute sainte qu'elle était. rTcst-ce'pas le même Dieu qui descend sur l'autel, et que les prêtres portent dans leurs mains? Combien donc doivent-ils travailler à se sanctifier I

Mais par un étrange abus , on ne voit que trop de prêtres bien éloignés de la sainteté qui leur convient; c'est-àdire, qu'on ne voit que trop de prêtres mercenaires et intéressés, de prêtres ambitieux , de prêtres vams et présomptueux, de prêtres oisifs et voluptueux, de prêtres tout mondains. Honte du christianisme , ou plutôt de ceux qui déshonorent ainsi ce qu'il y a de plus vénérable dans le christianisme.

Deuxièmb partie. Les prêtres doivent être saints , parce qu'ils sont les pasteurs de l'Église de Jésus-Christ. Ils réconcilient les hommes avec Dieu , ils confèrent les sacrements, ils remettent les péchés , ils instruisent le peuple de Dieu : car tout cela est renfermé dans ces paroles de Jésus-Christ à ses apôtres : Tout ce que vous lierez sur la terre, sera lié dans le ciel; et tout ce que vous dé" lierez sur la terre, sera délié dans le ciel.

Après cela, nous ne devons point nous éUmner que les plus grands monarques du monde aient témoigné tant de révérence pour les prêtres. Mais ce qui doit nous surprendre, c'est que ces prêtres, si distingués par leur caractère , ne s'efforcent pas d'avoir tonte la pureté et toute la sainteté des anges. Comment pourront-ils s'entremettre d'une réconciliation aussi sainte que ceUe des pécheurs avec Dieu , s'ils sont eux-mêmes ennemis de Dieu ? Comment oseront-ils administrer les sacrements de Jésus-Christ, et verser sur les fidèles les mérites de son sang avec des mains impures? Comment entreprendront-Us déjuger, de condamner, d'absoudre, dans des dispositions toutes criminelles? Enfin, comment instruiront-Us le peupledeDieu, en détruisant par leurs exemples ce qu'ils enseignent par leurs paroles?

Car leurs exemples font beaucoup plus d'impression que leurs paroles. Leurs moindres fautes sont remarquées, et les scandales des prêtres n'ont que trop de fois servi à autoriser le libertinage des laïques. De là le décri du sacerdoce. De là le compte rigoureux que Dieu exigera de tant de prêtres. Les saints eux-mêmes en ont tremblé. Terribles paroles de saint Grégoire et de saint Chrysostôme. Avis important du bienheureux Laurent Justinien.

SUR LÀ PRltRE DR jéSUS-€BRISTDAm LE JARDIIC.

Sujet. S* étant avancé un peu plus loin, il se prosterna le visage contre terre, priant et disant: Mon père, s'il est possible, faites que ce calice passe, et qu'il ne soit point pour moi ; cependant que votre volonté s'accomplisse , et non la mienne.

Soumission de Jésus-Christ, modèle de la nôtre.

Division. La soumission chrétienne renferme deux choses , savoir, le sentiment et l'action : le sentiment dans le cœur pour vouloir tout ce que Dieu veut, première partie ; et l'action dans la pratique pour fiure tout ce que Dieu veut, deuxième partie. Deux devoirs que Jésus-Christ nous enseigne ici par son exemple.

Première partie. Soumission dans le sentiment pour vouloir tout ce que Dieu veut. Ainsi Jésus-Christ dans sa prière, 1. se soumet au bon plaisir de son Père : Mon Père, dit-il , qu'il n'en soit pas comme je le veux, mais comme vous le voulez ; 2. il s'y soumet dans un soulèvement général de toutes ses passions contre lui-même : ennui , crainte , tristesse, agonie ; 3. il s'y soumet dans un délaissement total, à ce qu'il semble, et de la part du ciel, et de la part des hommes; 4. il s'y soumet de telle sorte qu'A agrée tout sans exception et sans réserve.

Vrai modèle d'une sainte soumission. Être soumis au bon plaisir de Dieu, lorsqu'à n'y a rien que de contraire à nos inclinations, être docile et souple sous la main de Dieu, lorsque toutes nos passions se révoltent et se soulèvent ; se conformera la volonté de Dieu, lorsque Dieu ne nous soutient par aucune consolation sensible, et que le monde nous abandonne; enfin, ne point mettre de bornes à notre soumission et embrasser tout également , sans accepter une chose parce qu'elle nous fait moins de peine , ni rejeter l'antre parce qu'elle nous en fait davantage. Hors de là notre conformité et notre patience ne peut être d'un grand prix, et n'est pas même souvent une Tertu chrétienne. Deuxièhe partie. Soumission dans la pratique et l'action pour faire tout ce que Dieu Teut. C'était la volonté de Dieu que Jésus-Christ fût livré aux Juifs et condamné à la mort. Jusque-là cet Homme- Dieu, malgré toutes ses répugnances naturelles, s'était contenté de reoevobr là-dessus l'ordre du del, parce que le temps de l'exécution n'était pas encore venu : mais dès qu'il se trouve à cette heure marquée par son Père, et que les Juifs avancent pour se saisir de sa personne , quel merveilleux changement se fait en lui I Auparavant , tout soumis qu'il était de cceur, il tremblait néanmoins , il ressentait les plus violentes révoltes, il se troublait et demandait à être délivré de sa passion : mais tout à coup le voOà plein de courage , qui anime ses apôtres, qui sans se cacher, se fait au contraire connaître à ses ennemis, se présente à eux , défend à Pierre de rien entreprendre pour les arrêter, et s'abandonne lui-même entre leurs mains : Toutula, dit-il, afin que le monde sache que faime mon Père, et quefaccomplisfldèlement tout ce qu'il luiplait de m* or donner.

Or, il y a par rapport à nous-mêmes des volontés de Dieu pratiques et qui tendent à l'action : mais les suivons-nous en e/fet, et agissons-nous conformément à ses vues? faisons-nous tout ce qu'il veut, et tout ce qu'il nons prescrit dans notre état? Nous manquons à nos plus essentielles obligations. En vain après cela disons-nous tous les jours à Dieu , Q^e votre volonté soit faite; ce n'est qu'un pur langage.

Il est vrai que cette soumission en pratique et en œuvres demande de la contrainte et de la gêne : mais Dieu ne méritet-n pas bien que nous nous contraignions et que nous nous gênions pour lui ? ne lui obéhx)ns-nous que lorsqu'à ne nous en coûtera rien ?£n quelque ooigoocture que ce soit, Ima* ginons-noos que Jénis-Ghrist nous dit comme ani ap^^:

ANALYSES DES SERMONS

Wi«*-v<mf , *t marchotu. SuuTeDon&'Dout de la grudear i\i uuItre que whjs wttodi, de ae« promeue* el de aei récompeoMHi el dwi* U méiae riaoluUoa que uIdI Paii1> <lwiu-lui : <iu»v<mUi'VoM, S«igMtir,qy*}efa*itf

Biun. Le Sauveur du monde n 'avait pat encore acheM dt partir, que /udat, l'un dadousBapôtra, arrive, el avec lui une troupe d'hommei armé*, qui étalenc eHVO]fétparUtprlnee*deiprilre*.Or,ledlKipltgu\ teIrahUtallleuravalldonnieetignat.etleuravail dit : Celui que Je àatterat eti celui que doui cA«rcAei; laiiiûei-U.

Cet uiUe« pirotei eiprimeot MMa touta l'bomur d» ta tnhlMn de Judu.

DiTition. Le principe du crime de Judu, ce (ut une peuioDDul rëclije, première partie; etlecomlde de un crime, ce fïit ud aveugle désespoir, deuxiioK partie.

pHEMifcBE pÀinE. Le principe du citme de Jodu, ce Ikit une pauioD mal r^ée. Quelle paation? Sa aeule avarice. Se Toyaot (hislré du gain qu'il eût bil , ai l'on eU veoda ce parfum que Hadeleine réptodit «ur lea pieda da Jteat-Cbritt, et qu'on lui en eùl mb l'argent enlre tu main* , il Toolot te dédommager, e( vendit pour cela Jeiua-Cliriit même trente déniera.

De Ik eoDcluona Intli cboMi, qui regardent toute pM. lion en général : combien il est dangtfeux de Simenter une paaaton dana notre CŒur, puisqu'elle peut noua conduire aux plus giandt désordres. Elle a lait de Judas ou apostat et an bomiddt. Aussi quand Dieu a voulu punir les boMunes «ur la lene, et Iw plus grands hommes, il ■'; a point employé de plus terrible oblliment que de lea livrer t leun panions.

Combien il est important d'attaquer la passion de bonne beure, puisque, lorsqu'elles'ett fortifiée raine peut, sana une extrême difBcutté, la surmonter.

Combien II est Déce«8aire de n'en épargner aucune el de lea réprimer laolea , pulsqa'uoe aeule suISt pour nous perdre. C'est une maladie mortelle , et il ne but qu'une maladie DMrlella piMir noua causer U mort. Pritte t Dieu.

DcnitaE panni. Le comble du crime de Judaa , c* {Dt un areogie désespoir. Un apAtre rittranvé , quel abhw dea ingements de Dieu 1 C'est U néanmoins que s'est terminée la trahison de Judas : pourquoi? Parce quil désespért'Be h miséricorde de Dieu. Il rut.tonché de repentir, mais d'an repentir de démon , parM qu'il n'était pas accompagné de l'etpérance chrétienne. Il reconnut son pécM, mais U ne reconnut pas en mime temps , reniarque saint Bernard , la bonté de Dieu envers les pécheurs. Il tendit lé prix peur lequel il avait vendu son niailre;taaii, dit saint Anguatn, il ne fil point atlentlon au prix dont son maître l'avait racheté. C'est ce qui le ports k ce dernier attentai , ofi s'trracbant lui-même U vie , il coniomma son étemelle damnation.

De U apprenons, I. ï craindre Dieu, et k opérei notre salut avec tremblement, en quelque elat et en quelque proTes^M que DODi sotoos; l.t ne point séparer laconliaiKe de la crainte , mais à espérer tonjouis en Dieu , quelque pédieors que nous ajona été. Le plus grand atlj- Sce de retpill séducteur est de M^s donner de U oonflaooe avant la pAcbé.el de nous rÀteraiHia lé péctié. Tant ooe .

le pécheur se eonfiéra en la giioe divine , ce sera toitjonr* pour lai une ressource , parce que ce sera un motif capable de l'attirer ï Dieu , e£ de lui lUre prwdre une sainte résolution de se convertir.

a encore JésnsChrlst, Jusque

StiiBT.Qmelque femp* aprèt, ceux qui m Irauvèrenl là dirent à Pierre :Autirém»iUvmtéUt de ee$gent4à: earvoutitei au*si d» GfUiUe. MaU U lemU à/aire dei ImprAuAHU, elàdtr» atee ttrwuHt:Jt ne tonmail point oaf AtmimeJA dantvouë me parlex. Cestabid que l'on re dans le christianisme.

Divnioii. Jésn»Cbrist tenoDcé par les mauvais chrétiens, première partie ; les mauvais chrétieni remnuA par Jésus^ Christ, deuxitfue partie. Deux vérités affligeantes, que la reniement de ashit Pierre nous donne lieo de couaidénr. PanitaE i>*aTiB. Jésua-Chrlst renoncé par les mauvais chrétiens. Faiblesse de Pierre, qui , malgré fouies les proteslaHiHis qu'il avait hitei au Pils de Dieu d'une fidélité inviolable, le méconnut dans Toccaslon et le renonça. Ainsi le reiWDcent tant de mauvais chrétiens.

tteDoncemeol le pins ui^venei. Car ou le renonce m lout. C'est-ji-dire, dans sa vie et ses exemples: on ne veut point s*; confortner. Dans sa mort el dans sa onis : c'est souvent pour nons , tout k la fois , et une folie et un scandale. Dam son £van^ el sa DMtale : on suit la onale du monde pidfiràblement A la sienne. Dans ses sacrements , et surtout dkns celui de son corps : on le déshonore psr mille immodesties, par mille abominatioas , par on délaissement presqtte total. Dana ses disdples el ses sectateurs : on lea méprise el on en raille.

ftenoDcement le |ilus crhahiel. Pierre liil d'autant plut coupable en raioatùit Jésus-Christ, qu'llétàil un de ses apAtres; et ce qui mus rend plus crimbels quand nous renontoos ce Dieu sauveur, c'est la qualité de chrétims dont nous sommes revêtus. Nous lombms aioti dans une cratradictlon ah ne tombent ni les InOdètea même, ni les hérétiques.

Deuxième fxiitie. Les mauvais chréHent renonces par Jésus-Christ. H n'en fut pas ainsi de Pierre , parce que sa pénitence r^iara son pécbé. Hais comme les mauvais chrétiràs ajoutent kteur péché l'impénileuce, ils verront s'accomplir k.leur éprd cette terriUe menace de l'Évangile, dii il est dit du Fils de Dieu , qu'D sera la rvine de pluileurs, même en Israël.

Dès sa vie mortelle, il a oommettcé i contredire et k renoncer le monde et les parlisans du monde : mais c'est dana son jugement dernier qn'II les renoncera avec plus d'éclat.

Or, entre ses ennemis qu'il réprouvera , il n'y en aura point qu'il traite plus rlgonreosement que les mauvais chrétiens : pourquoi? 1. parce qu'Us auront été les plus rdwlles i 3. parce qu'ils auront été les plus Ingrats; 3. parce qu'ils auront au plus de part aux avantages de sa loi. Vollk que nous ne pouvons jn^vcofr arec trop de soin.

Sont. Jéiut allant parti de ta sorte, un de* soldait qulitaitàtimeiti,luldonnaunt»^SUte*dUani:

EsKe ainet que voue répondet au grandprStrtf

ANALYSES DES SERMONS

Jte»4StriM DMN dnnu id nn bd «umple in iwrdon des injnrts.

DimiON. Supporter Iw InjnrM camme JéuifrCbtist Miu en poarsuiTre la TengeaDce et uni éclater, première partie: agréer même let injure* connue JéMU<!briit,j(uqu'k f*; exposer en certainee rennatres et i les ÙDwr, deuiième partie.

Premièm Pkanc Rapporter lefa liùurea totoim Jésus- Christ , sans m poarsulTre ta Tengeanee et sans éclater. Quelle iujurel un sonOlet raçu, et de la manifere la plus outrageante I CatnUea de raisons semblaient engager le Sauvenr du moDde à venger sur l'beare cet outtage? Ille pouTBit, puisque la vengeance lui appartient en qualité de Dieu r mais il aime mieux nous apprendre par son exemple k réprimer taule* dos Teogeaoces, et il veut détruire par là tous les Taux raiMinnements et tous les prétextes dont notre passion cberdie k s'sutoriser.

Exemple si coDraiDcant, qu'il ne nous laisse nuUe ressource ob nous puisuons nous retrancher. S'il se fOl conloité de nous dire : Jt votu ordonne de ne point repcntter la violence par la vMtnce; mai* ti quelqu'un vmu frappe tur la joue droite , préttnleL-lui encore la gauche, cette parole nous eAl paru dure. Hais il nous l'adoucit en j ajoutant son exemple : car l'exemple de ce Dieu sauveur itM tire la r^e de tonte noire vie.

Cependant, il 7 en a bien peu qui le suivent. Ou tnit des hommes sages du reste, de« hommes vertueux, des bommes religieux ; mais oji eu voit-on qui soient ]«lieuU dansles injure*, et qui le* reçoiveuL avec modérationP On Oit proIïMion de piété et de la plus étnilie morale, rt néanmoins on est d'UM sensibilité extrême sur le* moindres oflbnset. Pour nous oonTondre , envisageons Jésus-CUrist , el'consldéroos cette laoe reqiecuble et adorable eux angra mêmes, couverte d'un sootOeL

Daoïi^EPUiT», Agréermémeles injures comme Jésus- Chriatjusiiu'às'y exposer eu certaines reoconties et k les aimer. Ainsi pour Taire «on devoir dans une charge , dans une dignité , dans un ministère , combien y a-t-il souvent demépris, de railleries, de médissoces, d'outrages k essuya*? Or, je m'en dois (àira akws un mérite; je dois les aimer pour Dieu.

Cela est bien parbit et bien difficile ; mais souvenonsnoua que notre divin Maître a vouhi être rassasié d'opprobres , et qu'il ra a lïit ses dâices. C'est pour cela que les sainli.et entre Ita autre* saint Paul et David, les ont reçus avec tant de joie ; et sans cela même on ne peut avdr l'esprit de Jésns-Chrisl, ni par conséquent être véritablement chrétieD. Hais le moyen d'aimer ce qui nous ofrease,ce qui nous humilie? En le regardant comme une' portion Aa opprobres de Jésus-Christ , et comme une/natière de sacrifice à Jésus-Christ. ,

Mais encore k quoi dans la pratique se réduit Ik-dessus notre oUigation? Aimer mieux se voir méprisé, moqué, raillé, condamné, persécuté, que de se départir jamais' d'une eiacte vertu en consentant k l'iniquité. Ce n'est pas que le cœur ne soit alors bien comhatlu ; mais au milieu de ce* combats, mille considérations le sontiennent, et Dieu d'aiUeun ne lui rehjse pas le secours de si grkce. Avec la Ibrce et l'ondiini de cette grice, on s'éoie comme le Pn^bète : Cett un bien. Seigneur, qv^j'aie itéhu- MiJii, puisque je le suis pour vous. Plaise au ciel que nous

soyons animés de ce sentiment I Cest par lé mépris de la confusion , selon l'expression de l'ApAtre , que le PDs de Uen a consommé notre foi ; et c'est par I amour de la oonfurion qne nous laconsommeronsDous-mfemes, et que nous parviendrons au plus pur christianisme , et à la vraie gloire qui en est la récompense.

Sm LES VAtrX TéaOlCNAGES RENDUS COHTRE IÉBDS-CflM*T.

So/BT. Pluiieurt rendaient de /aux témoignage* confret Jému , e^ tous cet Umoignaçei ne t'aeeordaitnl

Voilk ce qui noos arrive k nous-mêmes en tant de médlsancesque npusfaisonsdnproclMÎn. ,

DivisMN. Désordre* de la médisancejen celui qui la (iiit , et qui souvent ne se rend pas moins coiipahleque cesbux accusateurs qui témoignent contre Jésuc-CbiJsl, premièn partie. Désordre de la médisance en cflhiiqui l'écoute, et qnl loovent n'eat pas moins condamnable que Caiphe 01 que tout son conseil, qui prêtent si vdautiers l'oreille aux actusalionsfonnées contre JésBs-Clirist, deuxième partie.

PnEMikkE PARTIE. Désordrt de la médisance en celui qui la (ait, et qui souvent ne se rend pas moins coupable que ces Aux accuealeuri qui témoignent contre Jéaua- CSiriit. Ces accusateuTB dn Fila de Ûta avancent contre lui mille impostures : et rien ne nous est plu* ordinaire dans nos médisances, que d'y milN dtsbussetés : car il n'y a guère de médisances oti la vérité'ne soit blessée en quelque manière. SI ce n'est pas toujouit k t'éprd du i<Md de* chose*, c'est au moins k l'^iard des circonstance*.

Ce* accusateurs du Ftls de Dieu veulent le noircir dans l'etpril desesjugeset le faire condamner; et l'injustice de la médisance est de s'attaquer i la répntatloo d'autrul et de la détruire dans l'estime publique, hijustice d'autant plus griève , qu'elle ravit au pro^ahi , de tous les biens niturdi, le plus précieux, te plusdélical, le pins difficile et k conserver, et k réparer, qui est l'honneur, i

Ces accusateurs du Fils de Dieu n'agissaient que par passion; et le [o^cipe le pin* cominnd de tant de médisances oii l'on se porte, n'est-ce pas une secrète passion qnl nous anime ? C'est une vai^eance outrée , une baine envenimée, une aveitgleantipathle, une Jalouaie mortelle, un esprit d'intérêt, Une humeur chagrine et critique, un lêlemal entendu, une envie démeauréede porter, une légèreté Indiscrète et sans réflexioa.

DEuxitaiE PARTIE. Désordre de la médisance en celui qui fécoole, et qui souvent n'esl pas moint condamnable que Caïpbe et tout son conseil , qnl préteiH si vokmlier* l'oreille aux accusations lormées contre Jénis-Clirlst. Écouler volontairement la médisance et sans nécessité, c'est y participef, c'est la Ikvoriser et la (smenier. Or, participer k un péché, le favoriser et le fomenter, c'est sans contredit nn péché. SI dtacon fUsah son devoir k l'égard du médisant, et qu'on rehisit de l'entendre, U serait obligé de se taire.

Voilt néanmoins de quoi l'on ne se Ikit nul stzupule. Content de n'être point auteur de ta médlsanM, on ns compte pour rien de l'écouter. On l'écoute avec indiflérence , ou l'écoute avec complaisance , 00 l'écoute par kn re^ect humain et nne llche condescendance , on l'éoonU par une vaine curiosité , et ce qu'il y a de pluf criBlsicIt on l'écoute par un* secrèle malignité.

ANALYSES DES SERMONS

Présenrom-iious donc de la médisance, conumeda poison le plos mortel, soit pour celui qui la fait, soit pour eeloi qui l'écoute. Quels maux ne cause-t-elle pas? Du reste, si elle nous attaque, imitons la patience de Jésus* Clirist.

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