LA CHARITÉ ENVERS LES ORPHELINS
Religio munda et immaculata apud Deum et Patrtm hœc est, visitare pupillos in tribulatione eorum,
La religion pore et sans taclie aux yeax de Diea , noire père , est de visiter les orphelins dans leur afflicUon. Épitre de SAINT Jagques , chap. i .
Voilà, mesdames, la plus haute idée que vous puissiez concevoir et que je puisse vous donner du devoir de charité pour lequel vous êtes assemblées. Ce n'est pas moi qui vous la propose , c'est le Saint- Esprit, et jamais l'Écriture n'a rien décidé en des termes plus exprès que ce que vous venez d'entendre. Aussi dans toute l'Écriture ne pouvais-je choisir un texte plus propre que celui-ci pour satisfaire à ce que vous attendez de moi , et à l'engagement où je suis d'exciter votre compassion envers les orphelins. L'Écriture ne dit pas qu'une partie de la religion consiste à les visiter et à les secourir : elle dit absolument qu'en cela consiste la religion, et la religion pure et sans tache, la religion parfaite : Reiigio munda et immaculata. Or, on ne peut douter que ce passage ne convienne particulièrement à ceux dont je dois vous entretenir, puisqu'il est évident que dans le monde chrétien il n'y a point d'orphelins , si j'ose ainsi dire, plus orphelins, ni par conséquent plus dignes de votre zèle. Il fallait toute l'autorité de la parole de Dieu pour vous persuader de cette importante vérité, que la religion est particulièrement attachée au soin de ces enfants qui réclament votre assistance : mais je puis vous assurer, mesdames, que si vous comprenez bien le sens de l'apôtre, cette vérité vous paraîtra non-seulement très-raisonnable , mais très-naturelle , très-conforme à tous les principes du christianisme : et c'est de quoi j'entreprends ici de vous convaincre. Le lieu où je parle est spécialement destiné, disons mieux, spécialement consacré à la subsistance et à l'éducation de
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ces orphelins, qui , par Tiniquité des hommes, se trouvent tous les jours exposés au danger de périr et de se perdre , si la Providence et la charité publique ne venaient à leur secours. OEuvre de Dieu dont , vous ne pouvez ignorer l'utilité et la nécessité; œuvre de Dieu dont on me charge de vous représenter Pétat, en vous faisant en même temps connaître l'obligation que vous avez d'y contribuer, et le mérite que vous aurez d'y participer. Pour cela , mesdames, tout mon dessein est de vous développer, dans une exposition simple et suivie, les paroles de mon texte. Il ne m'en échappera pas une, parce qu'il n'y en a pas une qui ne demande une réflexion particulière. Appliquez-vous, s'il vous plait, et commençons.
I. On conçoit assez que le zèle d'assister les pauvres , surtout les orphelins, qui de tous les pauvres sont les plus abandonnés, est une partie essentielle de la religion , puisque c'est un des devoirs que la religion nous recommande le plus expressément, et qu'elle nous en fait un point capital : Religio; car il semble que de là dépende toute la prédestination des hommes , et que le jugement de Dieu doive uniquement rouler sur ce précepte. Venez , dira le Sauveur du monde à ses élus, venez, vous quiètes bénis de mon Père , parce que j'ai eu faim et que vous m'avez donné à manger, parce que j'étais nu et que vous avez pris soin de me vétir^ parce que je manquais de tout et que vous avez pourvu à mes besoins. On conçoit encore que l'aumône faite au pauvre et à l'orphelin est non-seulement une dépendance et une suite du culte de Dieu, mais un exercice actuel du culte de Dieu , puisque dans la personne de l'orphelin et du pauvre on rend hommage à Dieu même. Honorez , dit le Sage , au livre des Proverbes {Prov, 3) , honorez le Seigneur de vos biens. On convient même, pour la consolation de ceux qui contribuent à cette sainte œuvre dont il s'agit ici , et à laquelle je vous exhorte, on convient que la charité qui se pratique envers les orphelins est une espèce de sacrifice , ou un vrai sacrifice que l'on offre à Dieu; d'où il s'ensuit que c'est donc un des premiers et des plus excellents actes de la religion. N'oubliez pas la charité, disait saint Paul aux Uébreux(^e6r., 18), et faites part dece que vous avez, parce que c'est par de telles hosties qu'on se rend Dieu favorable.
Tout cela est certain ; mais pourquoi saint Jacques nous marque-t-il si absolument que la religion est d'assister les orphelins et de les visiter; et pourquoi paraît-il la réduire à ce seul point? voici , selon saint Augustin , sur quoi est fondée sa proposition. C'est qu'en effet toute la religion se réduit à la charité , se rapporte à la charité ; qu'elle a la ^.harité pour principe, la charité pour fin , la charité pour objet. Ce qui faisait conclure au maître des
gentils que la charité est la plénitude de la loi , Pienitudo ergo legis est ditectio {Rom, y 13), entendant par ce terme dilectio, l'amour du prochain ; car, voilà pourquoi il ajoutait : Qui diligit proximum legem implevit ( Ibid. ) ; Celui qui aime son prochain accomplit toute la loi. Or, quiconque a le zèle d'assister les orphelins, et de les visiter, doit conséquemment avoir dans le cœur cet amour du prochain : je dis cet amour surnaturel , cet amour chrétien , amour pur, qui , dégagé de tous les intérêts du monde, regarde le prochain dans Dieu , et le soulage pour Dieu. Quel autre motif nous y porterait, et qui pourrait sans cela nous faire penser à des misérables dont l'unique titre pour s'attirer cet amour est d'être les créatures de Dieu ? Je puis donc dire , et il est vrai , que celui qui s'affectionne à ces malheureux , et qui , connaissant leurs nécessités , s'empresse de leur procurer tous les soulagements qu'il est en état de leur fournir, a dans l'âme, nonseulement de la religion, mais le fond de la religion, mais l'abrégé de toute la religion ; c'est-à-dire , qu'il est dès là préparé et déterminé à remplir sans réserve tous les autres devoirs de la religion ; et comme devant Dieu la préparation du cœur, quand elle est sincère , est réputée pour l'effet même , par ce seul acte de religion il a déjà en quelque manière tout le mérite de la religion ; il en a déjà tout l'esprit : Religio hœc est. Quel avantage , mesdames , et quel bonheur pour une âme chrétienne de pouvoir avec vérité et toujours avec humilité se rendre à soimême ce témoignage de sa religion ! On dit tous les jours qu'il n'y a plus de foi dans le monde; c'est une plainte ordinaire , et une plainte qui , dans un sens ; ne se vérifie que trop ; mais en quelque sens qu'on puisse l'entendre, il y aura de la foi parmi nous, tant qu'il y aura des âmes charitables, puisqu'elles ne peuvent être vraiment et solidement charitables que par la foi, et que le degré de leur foi répond à l'abondance et à la mesure de leur charité : Religio hœc est,
II. De là, mesdames, par une règle toute contraire, se flatter d'avoir de la religion, et n'avoir pas ce zèle de compassion, de tendresse, de miséricorde pour des sujets aussi délaissés que le sont ceux en faveur de qui je vous sollicite , c'est une religion chimérique et imaginaire, une religion vaine et apparente, une religion dont Dieu n'est point honoré , et dont les hommes ne sont nullement édifiés. Voilà néanmoins la religion de notre siècle, et Dieu veuille que ce ne soit pas la vôtre ! On voit des femmes qui se piquent d'être chrétiennes et de pratiquer la dévotion, mais qui, toutes pieuses et I toutes dévotes qu'elles paraissent, n'ont que de ; l'indifférence pour les pauvres , sont insensibles à leurs misères , les laissent souffrir, sans être toui chées de leurs maux ni se mettre en peine de les
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adoucir. Elles ont, si vous voulez, de la piété, mais une piété stérile , une piété dont les pauvres ne proGtent point, une piété qui dès lors ne peut être cette piété pure et sans tache que Fapôtre nous recommande : Religio munda et imniaculatu, ' II faut que la piété, pour être pure et sans tache : glorifie Dieu. Or est-ce le glorifier, que de violer un de ses préceptes les plus étroits, qui est celui de la charité? Est-ce le glorifier, que de renverser l'ordre de sa providence, qui n'a point donné d'autre fonds aux pauvres que ce qu'ils peuvent et ce qu'ils doivent recevoir de la charité ? Est-ce le glorifier, que d'oublier ses images vivantes , ses substituts, ses enfants, qu'il a commis aux soins des fidèles et à leur charité? Il faut quo la piété, pour être pure et sans tache, soit édifiante, soit exemplaire, soit exempte devant les hommes de tout reproche, et à l'épreuve de toute censure : et le reproche le plus honteux qu'on puisse faire à une chrétienne qui fait profession de vertu , n'est-ce pas de ne s'occuper que d'elle-même, et de n'avoir nulle pitié des pauvres ? Moins de prières, pourrait-on lui dire , moins de pratiques et d'exercices d'oraison , et un peu plus de bonnes œuvres; moins de confessions et de communions, et un peu plus d'attention etde vigilance pour vos frères et les membres de Jésus-Christ; ou plutôt, sans rien retrancher de vos prières , ni diminuer le nombre de vos communions, montrez-en l'utilité et le fruit, par le zèle qu'elles vous inspireront pour des chrétiens comme vous, et pour subvenir à leur indigence. Autrement, ou vous n'avez que les dehors de la religion , ou la religion que vous professez , et dont vous prétendez vous prévaloir, n'est pas la religion sans tache que je vous prêche : Religio munda et immactUata.
IIL Religion pure et sans tache aux yeux de Dieu notre père : yipud Deum et Pairem. Car Dieu est le père des pauvres, et en particulier le père des orphelins ; par conséquent la vraie religion doit porter toute âme chrétienne à aimer singulièrement les orphelins , et à leur en donner des marques solides : pourquoi ? parce que la vraie religion , répond saint Augustin , est d'entrer dans les vues de Dieu, et dans les inclinations de Dieu : or. Dieu se plaît à être le père des orphelins, il s'en fait honneur; et quand il se glorifie de cette qualité, il veut être en cela notre modèle : Tibi derelictus est pauper; orphano tu eris acffutor (Psalm. 9) : Oui , Seigneur, c'est à vos soins paternels que le pauvre est confié, et c'est vous qui êtes le protecteur de l'orphelin. Que faites-vous donc, mesdames, quand vous vous appliquez à faire subsister ces pauvres enfants qui sont aujourd'hui l'objet de votre charité? je ne vous dis pas que vous déchargez Dieu du soin de pourvoir à leur fubbistance; il est trop bon pour
cesser jamais de penser à eux : mais je dis que vous êtes par là les ministres de sa miséricorde, que vous en êtes les coopératrices et les coadjutrices ; je dis que vous acquittez en quelque sorte sa providence à l'égard de ses enfants, afin qu'ils n'aient jamais lieu de se plaindre qu'il leur ait manqué. Il est leur père, et quand vous entrez dans leurs besoins par une cliarité bienfaisante, vous leur tenez lieu de mères eu Jésus-Christ. Je dis plus encore : c'est ainsi que vous devenez , dans un sens aussi véritable qu'il est honorable , comme les mères de Jésus- Christ même. Ne croyez pas qu'il y ait là de l'exagération, puisque c'est le Sauveur lui-même, ce divin Sauveur, qui vous le témoigne : car, dans son Évangile, il a déclaré que sa vraie mère selon l'esprit, c'était quiconque fait la volonté de son Père céleste : Quicumque/ecerit voluntatem Patris niei, ipse meusfrater et maf^r est, (Matth., 12. ) Or, pouvez-vous mieux accomplir la volonté du Père céleste qu'en vous employant auprès de ceux dont il vous a particulièrement chargées , qui sont les orphelins ? Religio munda et immaculata apud Deum et Patrem hœc est.
IV. Mais pourquoi les orphelins? Fisitare pupillas. Ne le voyez- vous pas, mesdames? parce que l'orphelin est, de tous les pauvres, le plus destitué de secours et de moyens ; parce que c'est à l'orphelin que la protection de Dieu est plus nécessaire ; parce que c'est l'orphelin qui a plus droit de recourir à Dieu comme à son unique refuge, et de dire,, comme David : Mon père et ma mère m'ont quitté , ils sont perdus pour moi; mais le Seigneur m'a pris en sa garde : Quoniam pater meus et mater mea dereliquerunt me ; Dominus autem assumpsit me, ( Psalm. 26. ) Ce n'est pas assez ; mais j'ajoute qu'entre les orphelins, il n'y en a point à qui ces paroles conviennent si naturellement qu'à ceux que la charité a retirés dans cette maison où vous venez les visiter : les autres , quoique orphelins, au défaut de leurs pères et de leurs mères , peuvent encore avoir des appuis ; ils trouvent dans leurs familles des parents , des proches , qui les reconnaissent et les élèvent; ils ont des tuteurs qui ménagent leur bien et qui font valoir leurs deniers : ceux-ci n'ont ni tuteurs , ni parents , dont ils puissent implorer l'assistance; désavoués de tout le monde, ils n'ont personne dans tout le monde à qui s'adresser. Les autres , quoique sans père et sans mère , sont souvent dans un âge où ils peuvent s'aider eux-mêmes : ceux-ci, dès le moment de leur naissance, sont exposés au danger prochain de périr, et périraient en effet, si le Créateur qui les a formés ne leur avait ménagé une ressource dans la providence des hommes. Il est donc incontestable que ce sont là les orphelins les plus abandonnés de leurs pères et de I leurs mères ; que ce sont ceux sur qui Dieu est plus
SUR LA CHARITÉ, EN VERS LES ORPHEUNS
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engagé à veiller, cetu dans qui la religion [Hire et sans tache se pratique plus à la lettre : FisUare fmpillos. Cesl entre les bras de Dieu seul que ces pauvres enfants sont déposés; et c'est dans vos mains, mesdames, qu'il les remets pour les retirer de la mort, et leur conserver une vie dont vous aurez à lui répondre.
Quel soin, dans Tancienne loi, quel zèle Dieu n'a-t-il pas fait paraître pour les orphelins ? ceci mérite votre attention, et vous apprendra votre religion. Qu'était-ce, dans l'ancienne loi, que les orphelins? Des personnes privilégiées, des personnes spécialement protégées de Dieu, et comme telles respectées. Rien de plus authentique ni de plus formel que ce que nous lisons sur cela dans le Deutéronome. Dieu voulait que les orphelins fussent considérés des Israélites comme leurs frères ; que chaque famille en adoptât un , et que cet orphelin ainsi adopté mangeât à la table, eût part à tous les biens , fût traité comme les autres enfants de la maison; il voulait que dans chaque fiunille il y eût une partie des dîmes affectée aux orphelins , et que lorsqu'on fusait la récolte des fruits de la terre, on en réservât une portion pour l'orphelin, afin qu'il eût de quoi vivre; il voulait que les juges établis pour administrer la justice la rendissent à l'or^ phelin , préférablement à tout autre : voilà ce que Dieu avait ordonné dès la loi de Moïse. Dans la loi nouvelle, qui est une loi d'amotflr et de miséricorde, au lieu de tout cela. Dieu s'en repcee sur votre charité; il ne vous oblige « ni à reoueillir ioes orphelins dans vos maisons, ni à les fiure manger à vos tables ; mais il se contente que votre charité pourvoie d'une manière efiftcaee à leur établissement. Sans exiger de vous d'autres dîmes, il veut que votre charité soit pour eux la dtme assurée de vos biens, et qu'ainsi vous soyez à leur égard encore plus secourables par le principe de la charité, que ne l'étaient les Israélites par l'obligation de la loi.
y. Vous y êtes d'autant plus indispensablement engagées , mesdames, que ces orphelins se trouvent ici dans un état plus déplorable : In tfibulatione eorum. Leur afOiction est extrême : je veux dire que leur indigenee est aussi grande que vous pouvez l'imaginer, et j'ai bien sujet dei m'écder avec saint Paul : Os nostrum pcUet ad vos {Cor., 6); je suis député pour vous parler et pour vouB parler fortement : Cor nostmm dUatatusni est ( Ibid.}; je sens mon coeur qui se dilate , qui s'étend par le zèle de la charité^ et même de la religion , qui est là-dessus inséparable de la charité : Non angusiiamini in nabis (Ibid. ] ; mes entrailles ne sont point ressertées pour vous et pour votre sarictification : Angus- Hamini autem in viscetHbus vestris (Ibid.) ; mais que jeorains que vos âmes ne se tiennent fermées , ou qu'elles ne s'oavrent pas autant qu'elles devraient
et qu'il est à souhaiter ! Voilà des enfants dont Dieu nous charge aujourd'hui, vous et moi ; il m'ordonne de vous représenter leurs besoins, de plaider auprès de vous leur cause , et d'y faire servir tout ce qu'il m'a donné de connaissances et de forces; c'est là mon ministère, et je tâche à m'en acquitter : mais quel est le vôtre? de contribuer à l'éducation de ces enfants et à leur salut, de répandre sur eux libéra-| lement et saintemei^ vos dons : libéralement, afin qu'ils en reçoivent une solide assistance ; sainteipont, afin que vous en ayez devant Dieu le mérite, et que vous en obteniez la récompense : ce sera la même pour nous. Or puisque vous aspirez à la même gloire que moi, que vos eœurs s'élargissent comme le mien : Ecandem autem habentes remunercUionem , dilatamini et vos. (Cor,, 6.)
A Dieu ne plaise que je veuille exagérer les misères de cette maison! Je suis le prédicateur de la vérité, et je ne voudrais pas m'en départir une fois , ni d'uu seul point, pour exciter votre charité. On vous a dit qu'un grand nombre de ces enfants sont morts faute de nourriture et des choses les plus nécessaires : je n'examine point si peut-être on vous en a trop dit; vous avez pu vous en instruire, et même vous l'avez dû , car votre ignorance en cela ne serait pas une légitime excuse. On vous a dit que la multitude de ces enfants croît tous l^s jours , et que vos charités devraient croUre à proportion. Quoi qu'il en soit, mesdames, je sais que ces enfants sont dans la souffrance, qu'ils sont dans l'extrémité de l'indigence, et ce ne sera point amplifier si je conclus qu'ils sont donc daps l'état où la religion vous oblige à faire des eâbrts extraordinaires pour les soutenir : Fisitare pupiliosin tribulatione eorum.
Si vous y manquiez , le sang de ces innocents demanderait à Dieu justice; ,car leur sang, aussi bien que celui d'Abel, a une voix qui se fait entendre de Dieu , et qui crie de la terre jusqu'au ciel. Il est pour vous, mesdames, du dernier intérêt que la voix de ce sang ne crie jamais contre vous. Il est pour vous d'une conséquence infinie que vous écoutiez cette voix, et que, sur le témoignage que je vous rends , vous preniez de justes mesures , et vous régliez vos aumônes. Sans cela, qui pourrait vous préserver de la malédiction dont Dieu menaçait les Israélites par ces paroles du psaume? lurbabuniur ajacie ejus, Patris orphanorum , ei Ju^ didsviduai'um {Psalm. 67 ) : Ils seront troublés et saisis de frayeur à son aspect, parce qu'il est le père des orphelins, et qu'il sera un jour leur juge; c'està-dire qu'il leur rendra justice aux dépens de ceux et de celles qui les auront négligés, et qui, témoins de leur extrême disette, ne se seront pas mis en devoir de les soulager.
Mais quedis-je, mesdames? j'aime mieux vous exhorter à ce saint exercice par l'espérance des hé-