‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 47 sur 352 · SUR LA CHARITÉ ENVERS LES NOUVEAUX CATHOLIQUES · texte numérisé non relu

SUR LA CHARITÉ ENVERS LES NOUVEAUX CATHOLIQUES

nédictions éternelles que Dieu vous promet. C'est Famour, je dis l'amour de votre Dieu, qui vous doit animer, plutôt que la crainte de ses châtiments. 11 s'agit de seconder une entreprise des plus importantes à sa gloire. Il s'agit de sauver des âmes que Jésus-Christ a rachetées , et qui , n'ayant dans le monde nul asile , s'y perdraient immanquablement^ si votre zèle n'y remédiait. Il s'agit de dresser des enflants qui, sans vous, n'ayant nulle instruction , par une conséquence inévitable, n'auraient nulle religion. Il s'agit de les retirer, non-seulement de la pauvreté , mais du vice , mais du libertinage, où la fainéantise, par une triste fatalité, les entraînerait avec tant d'autres. Il s'agit de former dans leur personne de bons sujets pour être employés partout où la Providence les destinera.

C'est votre ouvrage , mesdames , et vous y êtes intéressées : car vous êtes comme les fondatrices de cet hôpital. C'est à vous que Dieu en a premièrement inspiré le dessein, et c'est vous qui avez eu le courage de l'entreprendre. Quand je dis vous, j'entends ces illustres dames dont toutes les assemblées de saints publient et publieront sans cesse les charités. Vous les avez connues , et je ne vous en rappelle le souvenir que pour vous porter à les imiter. Vous leur avez succédé , et cet établissement qu'elles ont commencé ne peut être ni maintenu , ni conduit à sa perfection que par vous. Une grande princesse dont je respecte la présence, et dont l'humble modestie m'oblige à me taire sur ses éminentes qualités , n'a pas cru pouvoir mieux honorer Dieu, ni mieux reconnaître tout ce qu'elle en a reçu 9 qu'en se mettant à la tête de cette œuvre de piété. Sa foi l'y a engagée, et son exemple doit vous y attirer. Faites-vous un devoir et un mérite de vous conformer à ses pieuses intentions. Et vous, troupe infortunée , enfants que le crime a fait naître sans vous rendre criminels, bénissez dans votre malheur même le Dieu souverain , le Père des miséricordes : Laudate pueri Dominum, {Psalm. 112.) Si vous êtes le rebut du monde , il y a dans le ciel un Créateur qui s'intéresse à votre conservation , et à qui vous êtes aussi chers que le reste des hommes. Il est au plus haut point de la gloire , mais de ce haut point de gloire il ne dédaigne pas d'abaisser ses regards sur votre misère : Qui in altis habitat et humilia respicit. (Ibid.) C'est lui qui apprend aux grands du siècle et aux plus grands à descendre eux-mêmes jusqu'à vous; lui qui les fait sortir de leurs palais, de leurs riches et magnifiques appartements, pour se ranger auprès de vous iSuscitans de terra inopem, ut sedeat cum principibus ^ cumprincipibus populi sui, (Ibid.) Levez vers lui vos voix pour lui payer le juste tribut de vos louanges. C'est la louange des enfants, et des enfants à la mamelle, qui lui plaît par-dessus toutes les autres : Ex ore injantium et

lactentium per/ecistiiaudem. (Psalm. 8.) Levez avec vos voix vos mains encore pures, et servez à toute cette assemblée d'intercesseurs. Vous n'en pouvez avoir de plus puissants , mesdames , pour vous ouvrir le trésor des grâces divines , et pour vous obtenir l'éternité bienheureuse, que je vous souhaite, etc.

EXHORTATION

SUR LA CHÀRlTâ

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