SOB L
FLAGELLATION DE JÉSUS-CHRIST
Tune apprthendit Pilatus Jesum, etflagellavU,
Alors Pilate fit prendre Jésus , et le lit flageller. Saint Jean, cbap. 19.
Quel nouveau spectacle, chrétiens, et quelle sanglante scène ! on conduit notre divin Mattre dans le prétoire de Pilate; on le dépouille de ses habits et on rattache à une colonne; outre une nombreuse multitude de peuple qui l'investit de toutes parts, une troupe de soldats s'assemble autour de lui ; ils sont armés de fouets , et ils se disposent à le déchirer de coups I Pourquoi ce supplice et qui Ta ainsi ordonné? Comment s'y comportent les ministres du juge qui vient de rendre cet arrêt, et comment estil exécuté? c'est ce que je me suis proposé de vous mettre aujourd'hui devant les yeux, et ce qui doit faire également le sujet de votre compassion et de votre instruction. Pour y procéder avec ordre, observez, s'il vous platt, qu'un supplice devient surtout rigoureux et par la honte qui l'accompagne, et par l'excès de la douleur qu'il est capable de causer : en quoi l'esprit et le corps ont tout à la fois à souffrir; car la honte afflige l'esprit, et la douleur fait impression sur les sens et tourmente le corps. L'une et l'autre ne se trouvent pas toujours jointes ensemble. La honte d'un supplice peut être extrême, sans qu'il y ait nulle douleur à supporter; ou la douleur en peut être très-cuisante et très-vîolente, sans qu'il s'y rencontre nulle confusion à soutenir. Mais voici ce que jo dis touchant cette cruelle flagellation , où le Sauveur des hommes se vit condamné : c'est que ce fut tout ensemble un des suppliées de sa passion , et le plus honteux , et le plus douloureux. Cette honte qu'il a voulu subir, tout Dieu qu'il était, nous apprendra à corriger les désordres d'une honte criminelle , qui souvent nous arrête dans le service de Dieu, et à nous prémunir contre le péché, de la honte salutaire que nous en devons concevoir. Et cette douleur , qu'il a voulu ressentir dans tous les membres de son corps, nous animera à retrancher en nous les délicatesses de la chair, et à nous armer contre nous-mêmes des saintes rigueurs de la pénitence chrétienne. Voilà en deux mots tout le fond le cet entretien , et tout le fruit que vous en devez retirer.