‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 92 sur 352 · ET LA MORT DE JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

ET LA MORT DE JÉSUS-CHRIST

Poitquam venerunt in locum qui vocatur Calvarim, Mi* crucifixerunt eum.

Quand ils furent arrivés au Heu appelé Calvaire, on y OfOcitia Jésus. Saint Luc , cbap. 23.

Quel souvenir, chrétiens auditeurs , nous rappellent ces paroles de mon texte ! et si les historiens sacrés n'avaient pris soin de perpétuer dans le monde la mémoire d'un tel événement ; si la religion que nous professons ne nous l'enseignait d'une manière à ne permettre pas le moindre doute , qui jamais eût pu se persuader que le Messie , le Saint des saints dût mourir sur le Calvaire, c'est-à-dire, dans un lieu destiné au supplice des criminels , et qu'un Homme-Dieu dût terminer sa vie mortelle par le tourment et l'opprobre de la croix ? Voilà toutefois ce que l'Évangile nous représente , et sans m'arréter à de terribles lamentations , si j'ose d'abord pénétrer dans ce profond mystère , il me semble que c'est là que se fait cette merveilleuse alliance dont avait parlé le prophète royal , quand il disait que la justice et la miséricorde s'étaient réunies , et que par un heureux accord elles se trouvaient l'une et l'autre pleinement satisfaites : Jusfitiu et pax oscU' latxsunt, {Psalm, 84.) Du moment que l'homme, en violant le commandement de Dieu , s'était rendu

SUR LE CRUCIFIEMENT ET LA MORT DE JÉSUS-CHRIST

pécheur, il y avait entre cette justice et cette miséricorde divine une espèce de combat. L'une était armée contre nous , et se disposait , par notre perte étemelle, à venger les intérêts du Seigneur, et à réparer sa gloire ; maisTautre, sans oublier ni la gloire, ni les intérêts du Dieu tout-puissant,' sensible néanmoins à notre malheur, retenait le glaive suspendu sur nos têtes , et arrêtait le coup dont nous étions menacés. Le lAoyen de les concilier? ô secret inconnu à toute la prudence humaine! à abîme de la sagesse et des conseils du Très-Haut ! le voici , mes frères, ce grand moyen , ce moyen prévu de toute éternité et accompli dans la plénitude des siècles ; c'est que Jésus-Christ , Fils de Dieu et Fils de rfaomme, vrai Dieu et vrai homme lui-même, verse son sang, donne sa vie; qu'il meure, et que par sa mort il soit tout ensemble sacrifié et à la justice du Dieu des vengeances, et à la miséricorde du Dieu de la paix. En deux mots, Jésus- Christ mourant sur la croix comme victime de la justice de Dieu; ce sera la première partie : comme victime de la miséricorde de Dieu; ce sera la seconde. Je ne puis mieux finir le cours de ces exhortations que j'avais à vous faire pendant ce saint temps. Puissiez-vous encore remporter de celle-ci tout le fruit que je m'en promets, avec le secours de la grâce, pour Totre instruction et votre édification.

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