LE COURRIER
Et qui dans ses calculs se trompe rarement. Le peuple que je dis , c'est la gent nouvelliste.
On conte là-dessus : Un noble aventurier,
Qui fit trembler vingt rois , qui soumit une reine ,
Et qui fut courtisan , philosophe et guerrier
( Talents que mon esprit n'accorde pas sans peine ),
Potemkin avoit un courrier.
Monsieur Baver trottoit du couchant à l'aurore , Hémistiche commun , mais commode et sonore ,
Qui vient ici fort à mon gré ; Monsieur Baver partoit. Qu'a-t-on conjecture?
Un royaume dans le Bosphore ,
L'empire grec régénéré , Les lies, la Tauride, et puis, que sais-je encore! La vérité du fait (mais pourquoi la cacher?) C'est que monsieur Baver étoit allé chercher
Des fourrures en Laponie ,
De la boutargue en Albanie , De l'huile de baleine au fond du Groenland , Des liqueurs à Zara , des castrats à Milan ,
Des figues à Céphalonie.
Choyé des postillons, des marchands et des rois, Baver alloll roulant au temple de mémoire , Quand une ornière , hélas ! mil un terme à su gloirc , Et l'arrêta tout court pour la première fois : Ce grand homme d'étal finit ses jours eu route. Que sa mort à l'Europe ait rendu le repos