‹ Œuvres de Charles Nodier (volume 2)Chapitre 19 sur 32 · DE MON SOLEIL · texte numérisé non relu

DE MON SOLEIL

A travers le vallon je me fraie un chemin ^ Pour la centième fois heureux de les relire ! Et toi , curé bouffon , dont le malin délire Fronda si plaisamment le pauvre genre humain ^ Toi qui sus de nos biens si sagement élire Trois points : le nonchaloir, le rien faire et le vin !

Montre-moi ces riants caprices Où tu vainquis Pétrone , Érasme et Lucien. Mais que dis-je? oubliant, dans tes libres esquisses, Un charme sans lequel le reste ne m'est rien , N'as-tu pas ignoré que pleurer est un bien? Yorick inspire au moins d'agréables alarmes , Et jusque sous le rire il va chercher des larmes ; Ton livre est plus piquant, mais je relis le sien.

Un bonheur plus parfait m'attend dans ma retraite. Je ne le peindrai point. Ta volupté secrète , Lien délicieux des parents , des époux , Ne sauroit s'exprimer en termes assez doux. Des travaux commencés j'entretiens lu famille. J'ai vu, tout en marchant, notre blé déjà mûr Du moissonneur tardif appeler la faucille , La cerise éclater d'un incarnat plus pur, Ou le raisin croissant se colorer d'azur. Dans mes bras je presse ma fille :

Je souris à sa mère , assise à mon côté , Et mon cœur tient à peine à sa félicité.

Qu'il fut sage une fois ce fou de Dlogène ,

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