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encore nouvelles pour lui. Ses livres le charmèrent surtout par le goût délicat qui avoit présidé à leur choix. Ce qu'il y a de plus exquis dans la littérature et de plus utile dans les sciences humaines s'y trouvoit rassemblé pour le plaisir et l'instruction d'une longue vie, comme les Aventures de l'ingénieux don Quichotte de la Manche, les chefs-d'œuvre de la Bibliothèque bleue^ de la fameuse édition de madame Oudot ; des Contes des fées de toute sorte , avec de belles images en taille-douce ; wae collection de Voyages curieux et récréatifs,, dont les plus authentiques étoient déjà ceux deRohinsori et de Gulliver; d'excellents Atmanachs pleins d'anecdotes divertissantes et de renseignements infaillibles sur les phases de la lune et les jours propres aux semailles ; des Traités innombrables, écrits d une manière fort simple et fort claire, sur ragriculture , le jardinage , la pêche à la ligne, la chasse au filet, et Fart d'apprivoiser les rossignols; tout ce qu'on peut désirer enfin quand on est parvenu à connoitre ce que valent les livres de l'homme et son esprit : il n'y avoit d'ailleurs |Adut d'autres savants, point d'autres phi-
losophes , point d'autres poètes , par la raison incontestable que tout savoir, toute philosophie, toute poésie, sont là, ou ne seront jamais nulle part : c'est moi qui vous en réponds.
Pendant qu'il proeédoit ainsi à l'inventaire de ses richesses. Trésor des Fèves se sentit frappé du reflet de son image dans un des miroirs dont tous les salons étoient ornés. Si la glace n'étoit menteuse, il devoit avoir grandi, ô prodige ! de plus de trois pieds depuis la veille; et la moustache brune qui ombrageoit sa lèvre supérieure annonçoit distinctement en effet qu'il commencoit à passer d'une adolescence robuste à une jeunesse virile. Ce phénomène le travailloit un peu, quand une riche pendule placée entre deux trumeaux lui permit de l'éclaircir à son grand regret : une des aiguilles marquoit le quantième des années, et Trésor des Fèves s'aperçut , à n'en pas douter, qu'il avoit réellement vieilli de six ans.
— Six ans ! s'écria-t-il, malheur à moi ! Mes pauvres parents sont morts de vieillesse et peutêtre de besoin ! peut-être , hélas ! sont-ils morts de la douleur de ma perte ! et qu'auront-ils pensé en mourant de mon cruel abandon c^
de ma pitoyable infortune ? Je comprends , calèche maudite , que tu fasses bien du chemin, car tu dévores bien des jours dans tes minutes! Partez donc , partez donc , pois chiche ! continua-t-il en tirant le pois chiche de sa bougette, et en le lançant par la fenêtre. Allez si loin, damné de pois chiche, que l'on ne vous revoie jamais ! — Aussi n'a-t-on jamais revu , à ma connoissance, de pois chiche en façon de chaise de poste qui fit cinquante lieues à l'heure.
Trésor des Fèves descendit ses degrés de marbre plus triste qu'il n'avoit jamais fait l'échelle du grenier aux fèves. Il sortit du palais sans le voir; il chemina dans ses plaines incultes, sans prendre garde si les loups n'y avoient pas insolemment bivouaqué pour le menacer d'un blocus. Il revoit en marchant, se frappoit le front de la main, et pleuroit quelquefois.
— Et qu'aurois-jc à souhaiter, maintenant que mes parents n'existent plus ? dit-il en tournant machinalement son porte-manteau entre ses doigts... Maintenant que Fleur des Pois est depuis six ans mariée, car c'étoit le jour où je
l'ai vue qu'expiroit sa dixième année, et cette époque est celle du mariage des princesses de sa maison ! D'ailleurs, son choix étoit fait. — Que m'importe le monde entier, le monde qui ne se composoit pour moi que d'une chaumine et d'un champ de fèves que vous ne me rendrez jamais , petit pois vert, ajouta-t-il en le détachant de sa gousse , car les jours si doux de Tenfance ne se renouvellent plus. Allez, petit pois- vert, allez où Dieu vous portera , et produisez ce que vous devez produire à la gloire de votre maîtresse, puisque c'en est fait de mes vieux parents , de la chaumine, du champ de fèves et de Fleur des Pois ! Allezy petit pois vert, allez hien kin !'
Et il le lança de si grande force , que le petit pois vert auroit facilement rattrapé le gros pois chiche, si cela avoit été de sa nature. — Aiprès quoi , Trésor des Fèves tomba par terre d'accablement et de douleur.
Quand il se releva ,^ tout Faspectde la plaine étoit changé. C'étoit jusqu'à l'horizon une mer sans bornes dtî brune ou de riante verdure, svn^ la(|uelle se rouloient comme des flots cpn|u&,aii petit soufUe des briaes^ de blanches»
fleurs à la carène de bateau et aux ailes de pa-» pillon, lavées de violet comme celles des fèves, ou de rose comme celles des pois ; et quand le vent courboit ensemble tous leurs fronts ondoyants, toutes ces nuances se confondoient dans une nuance inconnue, qui étoit plu* belle mille fois que celle des plus beaux par^ terres.
Trésor des Fèves s'élança , car il avoit tout revu , le champ agrandi , la chaumine embellie, son père et sa mère vivants, et qui accou»roient au devant de lui, bien qu'un peu cassés , de toute la force de leurs jambes , pour lui apprendre comment, depuis le jour de son départ, ils n'avoient jamais manqué de recevoir de ses nouvelles tous les soirs, avec quelques gracieusetés qui ameilleuroient leur vie, et de bonnes espérances de retour qui les avoient sauvés de mourir.
Trésor des Fèves, après les avoir tendrement embrassés, leur donna ses bras pour l'accompajjner à son palais. A mesure qu'ils en approchoient , le vieux et la vieille s'ébahissoient de plus en plus, et Trésor des Fèves auroit craint de troubler leur joie. 11 ne put
cependant s'empêcher de dire en soupirant : Ah ! si vous aviez vu Fleur des Pois ! Mais il y a six ans qu'elle est mariée !
— Et que je suis mariée avec toi, dit Fleur des Pois en ouvrant la erille à deux battants. Mon
choix étoit fait alors , t'en souvient-il ? Entrez ici, continua-t-elle en baisant le vieux et la vieille qui ne pouvoient se lasser de l'admirer, car elle étoit aussi grandie de six ans, et l'histoire indique par là qu'elle en avoit seize. — Entrez ici chez votre fils : c'est un pays d'ame et d'imagination où l'on ne vieillit plus et où l'on ne meurt pas.
Il étoit dilTicile d'apprendre une meilleure nouvelle à ces pauvres gens.
Les fêtes du mariage s'accomplirent dans toute la splendeur requise entre de si grands personnages, et leur ménage ne cessa jamais d'être un parfait exemple d'amour, de constance et de bonheur.
Cest ainsi que finissent les contes de fées.
11 y avoit autrefois des génies. Il y en auroit bien encore , si vous vouliez croire tous ceux qui se piquent d'être des génies; mais il ne faut pas s'y fier.
Celui dont il sera question ici n'étoit pas d'ailleurs de la première volée des génies. C'étoit un génie d'entresol, un pauvre garçon de
génie, qui ne siégeoit dans l'assemblée des génies que par droit de naissance, et sauf le bon plaisir des génies titrés. Quand il s'y présenta pour la première fois, j'ai toujours envie de rire quand j'y pense , il avoit pris pour devise de son petit étendard de cérémonie : Fais ce que dois ; advienne que pourra. Aussi l'appela-t-on le génie Bonhomme. Ce dernier sobriquet est resté depuis aux esprits simples et naïfs qui pratiquent le bien par sentiment, ou par habitude, et qui n'ont pas trouvé le secret de faire une science de la vertu.
Quant au sobriquet de génie ^ on en a fait tout ce qu'on a voulu. Cela ne nous regarde pas.
A plus de deux cents lieues d'ici, et bien avant la révolution, vivoit, dans un vieux château seigneurial, une riche douairière dont ces messieurs de l'école des chartes n'ont jamais pu retrouver le nom. La bonne dame avoit perdu sa bru jeune , et son fils à la guerre. Il ne lui restoit poui' la consoler dans les ennuis de sa vieillesse que son petit-fils et sa petite fille, qui sembloient être créés pour le plaisir de les voir ; car la peinture ell©-mèmc, qui as-
pire toujours à faire mieux que Dieu n'a fait, n'a jamais rien fait de plus joli. Le garçon, qui avoit douze ans , s'appeloit Saphir , et la fdle, qui en avoit dix, s'appeloit Améthyste. On croit, mais je n'oserois l'assurer, que ces noms leur avoient été donnés à cause de la couleur de leurs yeux, et ceci me permet de vous ajvprendre ou de vous rappeler deux choses en passant : la première , c'est que le saphir est une helle pierre d'un hleu trans[)arent, et que l'améthyste en est une autre qui tire sur le violet. La seconde, c'est que les enfants de grande maison n'étoient ordinairement nommés que cinq ou six mois après leur naissance.
On chercheroit long-temps avant de rencontrer une aussi bonne femme que la grand'mére d' Améthyste et de Saphir; elle l'étoit même trop , et c'est un inconvénient dans lequel les femmes tombent volontiers quand elles ont pris la peine d'être bonnes]; mais ce hasard n'est pas assez commun pour mériter qu'on s'en inquiète. Nous la désignerons cependant par le surnom de Tropbonne , afin d'éviter la confusion, s'il y a lieu.
Tropbonne aimoit tant ses petits- enfants
qu'elle les élevoit comme si elle ne les avoit pas aimés. Elle leur laissoit suivre tous leurs caprices, ne leur parloit jamais d'études, et jouoit avec eux pour aiguiser ou renouveler leur plaisir quand ils s'ennuyoient de jouer. Il résultoit de là qu'ils ne savoient presque rien, et que , s'ils n'avoient pas été curieux comme sont tous les enfants, ils n'auroient rien su du tout.
Cependant Tropbonne étoit de vieille date l'amie du génie Bonhomme, qu'elle avoit vu quelque part dans sa jeunesse. Il est probable que cen'étoit pas à la cour. Elle s'accusoit souvent auprès de lui, dans leurs entretiens secrets, de n'avoir pas eu la force de pourvoir à l'instruction de ces deux charmantes petites créatures auxquelles elle pouvoit manquer d'un jour à l'autre. Le génie lui avoit promis d'y penser quand ses affaires le permettroient, mais il s'occupoit alors de remédier aux mauvais effets de l'éducation des pédants et des charlatans, qui commençoient à être à la mode. Il avoit bien de la besogne.
Un soir d'été , cependant, Tropbonne s'étoit couchée de bonne heure, selon sa coutume :
le repos des honnêtes gens est si doux ! A31É- THYSTE et Saphir s'entretenoient dans le grand salon de quelques-uns de ces riens qui remplissent la fade oisiveté des châteaux, et ils auroient bâillé plus d'une fois en se regardant, si la nature n'avoit pris soin de les distraire par un de ses phénomènes les plus effrayants, et pourtant les plus communs. L'orage grondoit au dehors. De minute en minute , les éclairs enflammoient le vaste espace, ou se croisoient en zig-zags de feu sur les vitres ébranlées. Les arbres de l'avenue crioient et se fendoient en éclats ; la foudre rouloit dans les nues comme un char d'airain; il n'y avoit pas jusqu'à la cloche de la chapelle qui ne vibrât de terreur, et qui ne mêlât sa plainte longue et sonore au fracas des éléments. Cela ëtoit sublime et terrible.
Tout-à-coup , les domestiques vinrent annoncer qu'on avoit recueilli à la porte un petit vieillard percé par la pluie, transi de froid, et probablement mourant de faim , parce que la tempête devoit l'avoir écarté beaucoup de sa route. Aaiéthyste , qui s'étoit pressée dans son effroi contre le sein de son frère, fut la pre-
338 LE GENIE BONHOMBIE.
mière à courir à la rencontre de l'étranger ; mais comme Saphir étoit le plus fort et le plus leste, il l'auroit facilement devancée , s'il n'avoit pas voulu lui donner le plaisir d'arriver avant lui, car ces aimables enfants étoient aussi bons qu'ils étoient beaUx. Je vous laisse à penser si les membres endoloris du pauvre homme furent réjouis par un feu pétillant et clair, si le sucre fut ménagé dans le vin généreux qu'A- MÉTHYSTE faisoit chaufTcr pour lui sur un petit lit de braise ardente, s'il eut enfin bon souper, bon gîte, et surtout bonne mine d'hôte. Je ne vous dirai pas même qui étoit ce vieillard, parce que je veux vous ménager le plaisir de la surprise.
Quand le vieillard fut un peu remis de sa fatigue et de ses besoins, il devint joyeux et causeur, et les jeunes gens y prirent plaisir. Les jeunes gens de ce temps-là ne dédaignoient pas la conversation des vieilles gens, où ils pensoient avec raison qu'on peut apprendre quelque chose. Aujourd'hui, la vieillesse est beaucoup moins respectée, et je n'en suis pas surpris. La jeunesse a si peu do chose à apprendre I
« Vous m'avez si bien traité, leur dit-il, que » mon cœur s'épanouit à l'idée de vous savoir » heureux. Je suppose que dans ce château » magnilique, où tout vous vient à souhait, » vous devez couler de beaux jours ? »
Saphir bai^a les yeux.
— Heureux, sansdoute, répondit Amkthvste! Notre grand'mère a tant de bontés pour nous et nous l'aimons tant! Rien ne nous manque, à la vérité, mais nous nous ennuyons souvent.
« Vous vous ennuyez! s'écria le vieillard » avec les marques du plus vif étonnement. » Qui a jamais entendu dire qu'on s'ennuyât à » votre âge, avec de la fortune et de l'esprit ? » L'ennui est la maladie des gens inutiles, des » paresseux et des sots. Quiconque s'ennuie » est un être à charge h la société comme à liii- » même, qui ne mérite que le mépris. Mais ce » n'est pas tout d'être doué par la Providence » d'un excellent naturel comme le vôtre, si on » ne le cultive par le travail . Vous ne travaillez » donc pas? »
— Travailler? répliqua Saphir un peu piqué. Nous sommes riches, et ce château le fait assez voir.
u Prenez garde, reprit le vieillard en lais- » sant échapper à regret un sourire amer. La » foudre qui se tait à peine auroit pu le con- » sumer en passant. »
— Ma grand'mère a plus d'or qu'il n'en faut pour suffire au luxe de sa maison.
« Les voleurs pourroient le prendre. »
— Si vous venez du côté que vous nous avez dit, continua Saphir d'un ton assuré, vous avez dû traverser une plaine de dix lieues d'étendue, toute chargée de vergers et de moissons. La montagne qui la domine du côté de l'occident est couronnée d'un palais immense qui fut celui de mesancétres,et où ils avoient amassé à grands frais toutes les richesses de dix générations !
« Hélas ! dit l'inconnu, pourquoi me forcez- )) vous à payer une si douce hospitalité par M une mauvaise nouvelle? Le temps, qui n'é- » pargne rien , n'a pas épargné la plus solide » de vos espérances. J'ai côtoyé long-temps la » plaine dont vous parlez. Elle a été rem- » placée par un lac. J'ai voulu visiter le pa- » lais de vos aïeux. Je n'en ai trouvé que les » ruines , qui servent tout au plus d'asile au- » jourd'hui à quelques oiseaux nocturnes et à
» quelques bêtes de proie. Les loutres se dis- » putent la moitié de votre héritage, et l'autre » appartient aux hiboux. C'est si peu, mes » amis, que l'opulence des hommes! »
Les enfants se regardèrent.
« 11 n'y a qu'un bien, poursuivit le vieillard » comme s'il ne les avoit pas remarqués, qui » mette la vie à l'abri de ces dures vicissitudes , » et on ne se le procure que par l'étude et le » travail. Oh! contre celui-là, c'est en vain » que les eaux se débordent, et que la terre se » soulève, et que le ciel épuise ses fléaux. » Pour qui possède celui-là , il n'y a point de » revers qui puisse démonter son courage , tant » qu'il lui reste une faculté dans l'ame ou un » métier dans la main. L'aimable science des >) arts est la plus belle dot des fiancées. L'apti- » tudc aux soins domestiques est la couronne des » femmes. L'homme qui possède une industrie » utile, ou des connoissances d'une applica- )) tion commune, est plus réellement riche que » les riches , ou plutôt il n'y a que lui de riche » et d'indépendant sur la terre. Toute autre >) fortune est trompeuse et passagère. Elle vaut » moins et diu-e peu. »
Améthyste et Saphir n'avoient jamais entendu ce langage. Ils se regardèrent encore et ne répondirent pas. Pendant qu'ils gardoient le silence , le vieillard se transfiguroit. Ses traits décrépits reprenoient les grâces du bel âge , et ses membres cassés ^ l'attitude saine et robuste de la force. Ce pauvre homme étoit un génie bienfaisant avec lequel je vous ai déjà fait faire connoissance. Nos jeunes gens ne s'en étoient guère doutés, ni vous non plus
« Je ne vous quitterai pas, ajouta-t-il en >) souriant , sans vous laisser un foible gage de i) ma reconnoissance , pour les soins dont vous » m'avez comblé. Puisque l'ennui seul a jus- » qu'ici troublé le bonheur que la nature vous » dispensoit d'une manière si libérale, recevez « de moi ces deux anneaux qui sont de puis- » sauts talismans. En poussant le ressort qui » en ouvre le chaton, vous trouverez toujours » dans l'enseignement qui y est caché un re- » mède infaillible contre cette triste maladie » du conir et de l'esprit. Si cependant l'art di- » vin ({ui lésa fabriqués trompoitune fois mes » es})érances, nous nous reveri'ons dans un an, » et nous aviserons alors à d'autres moyens. En
)) attendant, les petits cadeaux entretiennent » l'amitié, et je n'attache à celui-ci que deux » conditions faciles à remplir : la première, » c'est de ne pas consulter l'oracle de l'anneau » sans nécessité , c'est-à-dire avant que l'en- » nui vous ^a^ne. La seconde, c'est d'exécuter » ponctuellement tout ce qu'il vous prescrira. »
En achevant ces paroles , le génie Bonhomme s'en alla , et un auteur , doué d'une imagination plus poétique , vous diroit probablement qu'il disparut. C'est la manière dont les génies prenoient congé.
Améthyste et Saphir ne s'ennuyèrent pas cette nuit-là , et j'imagine cependant qu'ils dormirent peu. Ils pensèrent probablement à leur fortune perdue , à leurs années d'aptitude et d'intelligence plus irréparablement perdues encore. Ils regrettèrent tant d'heures passées dans de vaines dissipations, et qui auroient pu devenir profitables et fécondes s'ils avoient su les employer. Ils se levèrent tristement, se cherchèrent en craignant de se rencontrer , et s'embrassèrent à la hâte en se cachant une l«l||c. Au bout d'un moment d'embarras , la
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filtre de l'habitude l'emporta pourtant encore
Slill LE GENIE BONHOMME.
une fois. Ils retournèrent à leurs amusements accoutumés , et s'amusèrent moins que de coutume.
— Je crois que tu t'ennuies? dit Améthyste.
— J'allois t'adresser la même question , répondit Saphir ; mais j'ai eu peur que l'ennui ne servît de prétexte à la curiosité.
— Je te jure, reprit AjiÉthyste en poussant le ressort du chaton , que je m'ennuie à la mort !
Et au même instant , elle lut , artistement gravée sur la plaque intérieure, cette inscription que Saphir lisoit déjà de son côté :
travaillez
POUR vous RENDRE UTILES.