‹ Œuvres de Clément Marot; annotées, revues sur les éditions originales et précédées de la vie de Clément MarotChapitre 206 sur 318 · SA DAME ET RE SOY.MESME · texte numérisé non relu

SA DAME ET RE SOY.MESME

Dès que m'amye est ung jour sans me veoir, Kl le me dit que j'en ay tardé quatre ; Tardant deux jours , elle dit ne m'avoir Veu de quatorze, et n'en veult rien rabatre. Mais pour l'ardeur de mon amour abatre. De ne la veoir j'ay raison apparente.

Voyez, amans, nostre amour différente :

Languir la fais quand suis loing de ses yeux . Mourir me faict, quand je la voy présente. Jugez lequel vous semble aymer le mieulx.

Lors que je voy en ordre ' la brunette Jeune, en bon "point, de la ligne des dieux Et que sa voix, ses doigtz et l'espinetle Meinent ung bruict doulx et mélodieux, J'ay du plaisir, et d'oreilles, et d'yeux. Plus que les sainctz en leur gloire immortelle Et autant ([ii'cnK j(^ deviens glorieux. Dès que je |)ense estrr ung peu ayuié d'elle.

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