‹ Œuvres de Clément Marot; annotées, revues sur les éditions originales et précédées de la vie de Clément MarotChapitre 270 sur 318 · Les avocats · texte numérisé non relu

Les avocats

Là en public on manifeste et dict

La maulvaistié de ce monde mauldict

(Jiii ne sçauroit soubz bonne conscience

Vivre deux jours en paix et patience,

Dont j'ay grand joye avecques ces mordants.^

El tant plus sont les hommes discordants,

Plus à discord esmouvons leurs courages-

l\)ur le proufict, qui vient de leurs dommages.

Car s' on vivoit en paix comme est mestier,-'

Rien ne vauldroit de ce lieu le mestier:

Pource qu'il est de soy si anormal

Qu'il fault exprès qu'il commence par mal.

Et que quelcun à quelcque autre mefface/'

Avant que nul jamais profi'ict en face.

Brief, en ce lieu ne gaignerions deux pommes,

Si ce n'estoit la maulvaistié des hommes.

Mais par Pluton, le dieu, que doibs nommer,

Mourir de faim ne sçaurions, ne chommer.

Car tant de gens, qui en ce parc s'assaillent.

Assez et trop de besongne ilz nous taillent.

Assez pour nous, quand les biens nous en viennent,

Et trop pour eulx quand pauvres en deviennent.

Ce nonobstant, ô nouveau prisonnier,

Il est besoing de près les manier;

Il est besoing, croy-moy, et par leur fatilte.

One dessus eulx on tienne la main haulte:

(Ju aultrement les bons bonté fuyroient.

Et les maulvais en empirant iroient.

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