‹ Œuvres de Clément Marot; annotées, revues sur les éditions originales et précédées de la vie de Clément MarotChapitre 42 sur 318 · La paix · texte numérisé non relu

La paix

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Ki'iTin:s 47

()ii parleruis, usant tic |)ius liault stilc. De maint conflict cruel, dur et hostile. Où l'on a veu charger et presses fendre Nostre bon roy pour vous aultres deiïench-e. Ce temps pendant que preniés voz délictz Sans nul danger, en voz chambres et lictz.

Ou compterois de luy maint grand orage De grand fortune, et son plus grand courage Qui soubz le fayz n"a esté veu ployer.

Voilcà les poinctz où vouldrois m'emploier, Sans m'anuiser à rimer voz Adieux.

Et faictes-moy mines de groingz et d'yeux Tant que vouldrez: oncques ne prins visée Pour NOUS lascliei' un seul traict de visée, Et m'en croyez: mais les langues ([ui sonnent, Comme ung cliquet, tousjours le bruyt me donnent De tous escripts, tant soient lourdement faictz; Ainsi soustiens de asnes tout le faiz.

Or estes-vous dedans Paris six femmes.

Qui ung escript tout farcy de ditïames M'avez transmys, et quand aulcun se boute V l'escouter, luy semble (pi'il escoute, En plain marché, six ordes harangères Jecter le feu de leurs langues légères Contre quelqu'ung : n Va, vilain farcereau, Marault, bélistre, yvrongne, macquereau! » C^onnne une pie en cage injurieuse.

En vostre épistre aussi tant fui-ieuse.

M'avez reprins que je veulx laire bragues Dessus l'amour sans chaînes et sans bagues.'

1. M'' vantor dïtri- aimt'' sans faiir do iir<-«'Mi>, nu bien vaiitrr raiiiour

48 (H;rvi;i:s \)\i ci/k.m km ma ko t.

« Ha. 'l)-j<' lors, il t'auh ([iic cliasciiii croye (hi'à tout oyseau il souvient de sa proye; \oz i2;raii(ls iaulcons, qui furent faulconneaux, Nolk'ut tousjours pour ciiay.snes et auneaulx. n'

Puis vous touchez et les mortz et les vifz. Respondez-moy, pouiquoy en voz devis Blasniez-vous tant ïe\i mon pèi'e honnoré, ()ui vostre sexe a tant ])i('n décoré Au livre dict : Des Dames l'Advocate? * .restimcroys la récompense infi;i"ate.

Si |)Our vous six eust travaillé sa teste: Mais il parla de toute femme honneste.

Non que sur vous je treuve que redire, Ainçois- chascun vous doibt nommer et dire \vant la mort les six canonisées Ou. pour le moins, les six chanoynisées.

()uant au resveur, qui pour telz vieulx registres Piiiit tant (le peine à faire des épistres Encontre moy, pour tous les menuz droicts De son labeur, seulement je voidclrois ()u'il eust couvert de vous six la plus saine. Il aiiioit beau se laver d'eau de Seine Après le conj) ! Ha, le vil blasonncui', C'est lu\ (pii l'eit, sin* les dames d'honneur, Tous les Adieux! et vous six l'en j)riastes; Puis dessus moy le grand hai'o criastes, Saclians de \ray que pour \ous seulement On n'eust'crié dessus moy nullement.

Va de bon jieui" piiustes ung secrétaire

<|iii di-dai^iK' la gr'iirrositc'. Allusion à riiii di-s plus jolis roiuli'aux di' Mai'ut. I. La Vraye disniil . Adrixalp des Dames. '2. Mais.

i: l'ITUKS. w

l'ioprc [)(Hir NOUS. ()n(:([iies ne se sceiit taire'

De composer en injure et meschance;

Je le congnois. Or piciioiis aiiltre chance :

Je suis d'advis qne Ncnie/ ai)poinctant.-

Qnant an courroux, en nioy n'en a point tant

Que, pour le bien de vous six, je ne veille,

Et, qu'ainsi soit, en aniy vous conseille

Que désonnais vostre bec teniez coy;

Car vostre honneur ressemble ung ne scay ([uoy

Lequel tant plus on le va remuant,

Moins il sent bon et tant plus est puant.

Et quand orrez ces miens présens alarmes,^ Ayez bon cueur et contenez voz larmes Que vous avez pour les Adieux rendues.

Las, mieulx vauldroit les avoir espandues Dessus les piedz de Christ, les essuyans De voz cheveulx et voz péchez fuyans.

Par repentance, avecques Magdelaine.

Qu'attendez-vous? Quand on est hors d'alaine, La force fault. Quand vous serez hors d'aage Et que voz nerlz sembleront ung cordage. Plus de voz yeux larmoyer ne pourrez.

Car sans humeur seiches vous demourrez; Et quand voz yeux puurruient pleurer encores. Où prendrez-vons les cheveulx qu'avez ores, Pour essuier les piedz du Roy des cieulx? Croiez qu'à tel mystère précieux Ne serez lors du lîon Ange appellées, Ponrce qne trop serez vieilles pellées:

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