AVEC LES DEUX E N FA N S DU ROV, DELIVREZ
DES MAINS DE l' EMPEREUR.
Puis que les champs, les luontz et les vallées,^ Les fleuves doulx et les undes sallées Te font honneur à la venue tienne.
Princesse illustre et royne treschrestienne , Puis que clérons et bombardes tenantes, (Chantres, oyseaulx de leurs voix résonnantes Tous à l'envy maintenant te saluent, Feray-je mal, si de ma plume fluent Vers mesurez, pour saluer aussi Ta grand haulteui', f[ui rompt nostre soucy ! Certes le sou de ma lettre n'a gaixie D'estre si dur, comm(; d'une bombarde; Et si n'est |)()iiil iiioilcl, en terre, connue Voix de clérons^ ou d'oysellet, on d'homme: Parquoy, je croy que de toy sera piis Aidtant à gré. Doncques, perle de pris, |*;ir (|;ii nous est tant (h' joxc advcime, Tu sois kl bien, et miruK f|U(' l)ien, venue!
1. Et ma poésie ne doit pas pi-rir et disparaître comme ces bruits et ces rliaiits. (Je crois, du moins, que tel est le sens.)
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Poiirqiioy as l'aict si longue (Iciiionrée? Certainement ta venue honnorée De tarder tant tous languir nous faisoit; Mais bien sçavons que trop t'en desplaisoit.
N'est-ce pas toy qui du Roy t'uz esprise Sans l'avoir veu, mesme après sa prise, Où tellement aux armes laboura Que, le corps pris, l'honneur hiy demeura? N'est-ce pas toy qui sentis plus fort croistre L'amour en toy, quand tu vins à congnoistre Et veoir son port, forme, sens et beaulté Qui ne sent rien que toute royaulté?
.N'est-ce pas toy qui songeoys nuict et jour A le remettre en son privé séjour?
Et qui depuis, en prison si amère, A ses enfans feis office de mère.
Jusqu'à donner à ton cher frère auguste Doubte de toy, voyre doubte tresjuste?
Car je croy .bien, si eusses eu l'usage Des artz subtilz de Médée la sage , Qu'en blancs vieillards tu eusses transformez (-es jeunes corps tant beaulx et bien formez Pour les mener secrètement en France, Et puis rendu leur eusses leur enfance.
Or, Dieu mercy, amenez les as-tu Sans nigromance, ou magique vertu, Ains par le vueil de Dieu qui tout prévoit Et qui desjà destinée t'avoit Femme (hi roy, duquel et jours et nuictz Tu as porté la moytié des ennuiz :
Dont raison veult et le droict d'amytié Que maintenant reçoives la movtié
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De sa grand joye et du règne puissant Et de l'amour du peuple obéissant.
0 royne, donc, de tes subjects loyaulx Vien recepvoir les haultz honneurs royaulx. Veoir te convient ton roxaulme plus loing; Tu n'en as veu encor qu'un petit coing. Tu n'as rien veu, que la Doue et Gironde;^ Bien tost verras la Obérante profonde, Loyre au long cours, Seine au port li iictueux. Saône qui dort , le Rosne impétueux ; Aussi la Somme et force aultres rivières. ()ui ont "les bortz de fortes villes lières. Dont la plus grande est Paris sans pareille.
Là et ailleurs desjà on t'appareille Mystères, jeux, beaulx paremens de rues.. Sur le pavé Heurs espesses et drues, Par les quantons,'- théâtres, colisées.^' lirief, son pouvoit faire CJiamps Elisées. On les feroit pour niieulx te recevoir.
Mais ([ue veut l'on encor le faire veoii? Pourroit-on bien augmenter tes plaisirs?
\'as-tu pas veu le grand de tes désirs, Ton cher espoux, nostre souverain io\ '.' Si as tresbien C niais encores je croy (}u'en gré prendras et voirras voulentiers Les appareil/ du peuple en niaiiilz (piailiers: Kl qui |)lus est, eu cela regardant.
1. Otte ('pitre fut présentée à Huidi-Hiix, nù la reine KliMPiime vint avec le F\(ii le lendemain de son mariage.