‹ Œuvres de Clément Marot; annotées, revues sur les éditions originales et précédées de la vie de Clément MarotChapitre 57 sur 318 · Quand on 'jcrniirnt · texte numérisé non relu

Quand on 'jcrniirnt

'1. Un peu.

72 m-rVKl'S DE CLK.MliiNT MAUOT.

Vous n'entendez' procès non plus (jue nioy;

Ne plaidons point, ce n'est que tout esnioy.

.le vous en croy, si je vous ay mesfaict.

Encor, posé le cas que l'eusse faict,

Au [)is aller n'escherroit ([u'une amende.

Prenez le cas que je la vous demande,

Je prens le cas que vous me la donnez ;

l']t si plaideurs furent onc estonnez

Mieulx que ceulx-cy,- je veulx qu'on me délivi-e

Et que soubdain en ma place on les livre.

Si vous supply, sire, mander par lettre Qu'en liberté vos gens me vueillent mettre ; Et si j'en sors, j'espère qu'à grand peine M'y reverront, si on ne m'y rameine.

Treshumblement requerrant vostre grâce De pardonner à ma trop grand audace D'avoir empris ce sot escript vous faire; Et m'excusez, si, pour le mien affaire, Je ne suis point vers vous allé parler : Je n'ay pas eu le loysir d'y aller.

1. C'est que vous n'êtes pas expeit eu procès. '2. Plus (jue nous deux.

i:i'iTin-:s. 73

On dict bien vray : la maulvaise fortune Ne vient jamais, qu'elle n'en apporte une, Ou deux, ou trois avecques elle, sire!

Vostre cueur noble en sçauroit bien que dire : Et moy chétif, qui ne suis roy, ne rien, L'ay esprouvé. Et vous compteray bien.

Si vous voulez, comment vient la besongne.

J'avois ung jour un valet de Gascongne, (iourmant, yvroigne et asseuré menteur, Pipeur,* larron, jureur, blasphémateur.

Sentant la hart- de cent pas à la ronde. Vu demeurant le meilleur lilz du monde. Prisé, loué, fort estimé des fdles Par les bourdeaux, et beau joueur de quilles.

Ce vénérable billot^ l'ut adverty De quelcque argent que m'aviez départy. Et que ma bourse avoit grosse apostume; Si se leva plustost que de coustume Et me va [)rendre en tapinoys icelle , Puis la vous mist tresbien soubz son esselle.

I. rriiinpcur, en jit'iu'Tal, plutôt que trichfur. •J. La corde, qui sort à piMidrf".

:i. Xalct, psclavo.

i m-rVRFS Dl- r. M': M F. NT MAHOT.

\i'f2;pnt et tout, cela se doit entendre,

Ft ne croy point que ce fust pour la rendre,

Car oncques puis n'en ay ouy parler.

Brief, le villain ne s'en voulut aller Pour si petit; mais encor il me happe Saye' et bonnet, chausses, pourpoinct et cappe; De mes habitz, en efTect, il pilla Tous les plus beaux; et puis s'en liahilla Si justement qu'à le veoir ainsi estre, >ous l'eussiez prins, en plein jour, pour son maistre.

Finablement de ma chambre il s'en va Droict à l'estable, où deux cbevaulx trouva; Laisse le pire et sur le meilleur monte; Picque et s'en va. Pour abréger le compte, Soiez certain qu'au partir dudict lieu xN'oublya rien, fors à me dire adieu.

Ainsi s'en va, chattoilleux de la gorge, - Ledict valet, monté comme ung sainct George-.^ Et vous laissa monsieur dormir son saoul, Qui au resveil n'eust sceu finer d'un soûl.' Ce monsieur là, sire, c'estoit moymesme. Qui sans mentir luz au matin bien blesme Quand je me vey sans hoimeste vestui-e. Et l'oi-t làsché de perdre ma monture.

Mais de l'ai-gent que vous m'aviez donné, .le ne luz [)oiut d(; le perdi'e estonné : Car vostre argent, tresdébonnaire prince. Sans point de fàulte, est subjcrt à la pince."

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