‹ Œuvres de Clément Marot; annotées, revues sur les éditions originales et précédées de la vie de Clément MarotChapitre 62 sur 318 · A UN G SIEN AMY. SUR CE PROPOS · texte numérisé non relu

A UN G SIEN AMY. SUR CE PROPOS

Puis que le roy a désir de me l'aire A ce besoiiig quelcque gracieu.x prest, J'en suis content, car j'en ay bien affaire, Et de signer ne fuz oncqucs si prest.

Parquoy vous pry sçavoir de combien c'est Qu'il veult cédulle, affin qu'il se contente. Je la feray tant seure, si Dieu plaist, Ou'ij n'y perdra (pie l'argent et l'attente.

Non que par luuy suit arrogance prinse, Non que ce soit par curieuse eniprinse ' D'escrire au Roy, pour tout cela ma plume D'ardant désir de voiler ne s'allume.

Mon juste dueil seulement l'a contraincte De faire à vous, et non de vous, complaincte. Il vous a pieu , sire , de pleine grâce , Bien commander qu'on me meit en la place Du père mien, vostre serf humble mort; Mais la fortune, où luy plaist, rit et mord. Mors elle m'a, et ne m'a voulu rire, Ne mon nom faire en voz papiers escrire ; L' Estât est faict, les personnes rengées, Le parc est clos et les brebis logées Toutes, fors moy le moindre du troupeau Qui n'a toyson, ne laine sur la peau.

Si - ne peult pas grand los Fortune acquerre. Quand elle meine aux plus foybles la guerre: Las, pourquoy donc à mon bon heur s'oppose? Certes mon cas pendoit à peu de chose,

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