‹ Œuvres de Colardeau, de l'Académie françaiseChapitre 106 sur 112 · DE MA SANTÉ · texte numérisé non relu

DE MA SANTÉ

AU fond de mon alcôve , aveugle, renfermé ,

J attends y pour aller voir les beautés les plus chères, Que de mes yeux le fenal rallumé Me rende enfin ses clartés ordinaires.

Tout rentrera bientôt dans Tordre accoutumé : Je sens déjà que de chaque paupière L'épiderme moins enflammé

Cesse de se gonfler autour de ma visière ;

Un voile moins épais couvre mon cristallin;

L'objet que j'envisage a des couleurs plus nettes : J'espère, en un mot, que demain Je pourrai vous voir sans lunettes..

Si j'en croyois et mon cœur et mes vœux. Je partirois à l'instant même;

Mais la prudence dit : « Attends , tu feras mieux : « On n'a jamais de trop bons yeux, « Pour voir les objets que l'on aime. »

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