DE MA SANTÉ
AU fond de mon alcôve , aveugle, renfermé ,
J attends y pour aller voir les beautés les plus chères, Que de mes yeux le fenal rallumé Me rende enfin ses clartés ordinaires.
Tout rentrera bientôt dans Tordre accoutumé : Je sens déjà que de chaque paupière L'épiderme moins enflammé
Cesse de se gonfler autour de ma visière ;
Un voile moins épais couvre mon cristallin;
L'objet que j'envisage a des couleurs plus nettes : J'espère, en un mot, que demain Je pourrai vous voir sans lunettes..
Si j'en croyois et mon cœur et mes vœux. Je partirois à l'instant même;
Mais la prudence dit : « Attends , tu feras mieux : « On n'a jamais de trop bons yeux, « Pour voir les objets que l'on aime. »