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livré à rimpression. Uépître k M. Duhamel de Denain villiers, le morceau le plus achevé que nous ayons de lui, resta dix ans manuscrite dans le portefeuille de Fauteur.
On a parlé du sacrifice qu'il fit de sa traduction de deux chants de la Jérusalem délivrée. Il se proposoit de traduire également tEnéide en vers François; mais il y renonça dès qu il fut informé que Fabbé Delille, qui avoit dqa publié les GéorgiqueSy s'occupoit de compléter sa traduction de Virgile. Il avoit eu le projet de donner à la belle prose du Télémaque la parure delà versification; mais, quelque talent qu'il eût pu déployer dans l'exécution de ce dessein téméraire, il montra encore plus de goût en l'abandonnant.
Il affectionnoit les sujets tendres et pathétiques. Le succès qu'il obtint en écrivant l'épître d'Héloïse à Abailard fait regretter qu'il n'ait pas achevé une épttre de madame de La Vallière à Louis XIV, qu'il avoit commencée.
Bien que la tragédie de Caliste ait dû en partie son succès momentané à l'appareil du spectacle et au jeu de mademoiselle Clairon, quelques scènes très attachantes, et les beautés de style qu'elle renferme, nous ont engagés à la réimprimer.
Colardeau ne sut pas assez résister à l'attrait des plaisirs, et il en porta de bonne heure la peine. II a
SUR COLARDEAU. xj
exhale ses regrets touchants dans une épttre à un amiy qui commence ainsi : ^ ^
Tu plains mes jours troublés par faut d'orages, etc.
Barthe avoit été un des nombreux amis de Colardeau; mais depuis long-temps ils se voyoient peu. Celui-ci étoit malade et presque à l'extrémité, quand le poëte provençal se présenta devant son lit, et, deiïirant profiter de ses derniers conseils , le força d'entendre la lecture de sa comédie de F Homme personnel, qu'il alloit donner au théâtre. Lorsqu'il eut fini , le malade lui dit tranquillement : « Vous avez oublié « un trait essentiel dans votre pièce, c'est celui d'un « homme qui vient lire une comédie en cinq actes à « son ami mourant. »
L^éloge de Colardeau fut prononcé par Lq Harpe, son successeur au fauteuil académique , et par Marmontel, qui répondit au discours de La Harpe. Nous allons extraire de ces deux discours les morceaux où le mérite de lliomme et de l'écrivain est particulièrement apprécié.
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