‹ Œuvres de Colardeau, de l'Académie françaiseChapitre 37 sur 112 · ACTE II, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IL

Montrez-lui cet écrit garant de vos vertus ; La nature a ses droits.

GALISTE.

Espoir que je n ai plus 1 La nature, croisHmoi , dans le sein d une mère Jette un cri plus plaintif que dans celui dun père. Eh! conunent annoncer au plus fier des mortels Qu on a chargé mon front d'opprobres éternels? Vengeant, à cet aveu, Thonneur de sa famille, Du crime de Tamant il puniroit sa fille... Que dis-je ! Ce n est pas sa fureur que je crains ; Puisse mon trépas seul ensanglanter ses mains i Je tremble de porter dans son ame abattue Ce désir de la mort, ce poison qui me tue. Lucile, il est des maux quon n ose confier; L'innocence rougit de s'en justifier :

Sans doute il est affreux de révéler sa honte.

LUCILE

Qui n'en est pas coupable aisément la surmonte. Mais enfin le temps presse, et bientôt sur ses pas Sciolto... Vous pleurez!... Vous ne m'écoutez pas!

Des apprêts de l'hymen déjà l'on m'environne; Aux feux de son rival un traître m'abandonne... Mais ne m'as*tu pas dit que ce monstre odieux Tantôt par sa présence a profisiné ces heux? Dans ce séjour de pleurs quel motif le ramène?

298 CALISTE

Est-ce le repentir... ou Famour... ou la haine?

Si jaloux. . . lui jaloux ! ... Il le fut , mais , hélas !

Du faste des honneurs qu il ne méritoit pas.

Quels sont donc ses projets? pourquoi revoir mon père?

S'il avoit de son crime éclairci le mystère...

Voilà ce que je crains, ce que je veux savoir...

Quoi ! sentir mille maux , et toujours en prévoir !

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