CALISTE, LOTHARIO, LUCILE
LOTHARIO
Non y je ne reçois point ces barbares adieux.
( A Montalde , qui se retire.)
Ami, veille sur nous.
CALISTE
Où suis-je? Hélas !
LOTHARIO
Tes yeux Ne peuvent soutenir ma funeste présence ; Au ciel épouvanté tu demandes vengeance, Mais je viens te Tofirir.
GALISTB.
Lucile , soutiens-moi.
LOTHAllIO, prétentant nn poignard à Galkte.
Prends ce fer vengeur, frappe , et calme ton effroi.
CALISTE
C'est moi qui veux la mort; moi , qui vis méprisable. Cruel ! Montalde sait. . .
LOTHARIO, mement.
Que je suis seul coupable. . .
Toi, mourir!... Si je fus et barbare et jaloux, Si la peur de te perdre égara mon courroux,
3io CALISTE.
Tremble , n^augmente point le trouble où je me livre. Ton cœur est innocent, il est pur, tu dois vivre; Tu le dois , je le veux.
CALISTE
Hélas 1 ces tristes jours , Dont ta flamme odieuse empoisonna le cours, Â de nouves^ux périls tu les livres encore. Mon père...
LOTHARIO
Le barbare ! Ah ! combien je Tabhorre ! A mes vrais sentiments garde-toi d'imputer Les coupables excès où j'ai pu m^emporter. Ton père!... va, sans lui Tamour t'eût respectée. Sur Theureux Altamont sa faveur arrêtée , Son choix qui du perfide autorisoit les vœux, L'aspect de mon rival, son audace, ses feux; Tout frappa mes esprits d'une fureur soudaine... Le crime de l'amour fut commis par la haine... Ne crois pas que je veuille excuser mes transports. Tremblant, désespéré, suivi de ses remords, L'amant impétueux, qui te plaint, qui t'outrage. Frémit à tes genoux de douleur et de rage. Tu le connois, pardonne, et crains de l'irriter.
Le refus de la mort peut seul m'épouvanter. Ah ! si de la pitié la voix plaintive et tendre A ton ame inflexible eût pu se faire entendre.