‹ Œuvres de Colardeau, de l'Académie françaiseChapitre 51 sur 112 · LES ACTEURS PRÉCÉDENTS, UN GÉNOIS · texte numérisé non relu

LES ACTEURS PRÉCÉDENTS, UN GÉNOIS

de la suite de Sciolto.

LE GÉNOIS

( A Calistt.) ( Apercerant Lothario. )

Madame... Vous, seigneur, tranquille en ce palais ! Doria , sur la flotte accusant vos délais , Se plaint d'une lenteur qui Tenchaîne au rivage. On vous attend, volez.

LOTHARIO

Quel étonnant langage!

LE GÉNOIS, àCalJste.

Vous, madame, aux autels allez joindre un époux.

CALISTE

Malheureux, quWtu dit?

LE GÉNOIS

Altamont...

CALISTE

Laisse-nous.

(A Lothario.)

Eh bien ! tout est connu : tu vois ma destinée !

3i8 CALISTE.

LOTHARIO

De cet indigne hymen la pompe est ordonnée !

De ton funeste amour voilà quels sont les fruits. Heureuse, cependant , si ta haine...

LOTHARIO

Poursuis...

Ou plutôt y cours, ingrate, aux autels du parjure : Va, tu n entendras plus ni plainte ni murmure.

( Après un silence . ) *

C'est donc à ce dessein qu'on pressoit mon départ?

La fête conunençoit, et je fuyois trop tard.

On craignoit que mes mains , vengeant tes perfidies,

Ne troublassent le cours de ces noces impies.

A ces coupables nœuds ton cœur a consenti !

Le temple... tout est prêt... Que ne suis-je parti !

Non, non, je ne veux point rompre cet hyménce;

Va rejoindre Tépoux à qui tu t'es donnée.

Ma juste inimitié se ranime aujourd'hui ;

Que ta honte me venge et retombe sur lui.

CALISTE

Oui, j'embrasse en mourant Fécueil où je me brise. Je vois qu'en vains efibrts mon désespoir s'épuise : Je vois tous les malheurs dont tu vas m'accabler. O ciel ! quel vain prestige avoit pu m'aveugler l A ces lâches transports il eût fallu m'attendre. Je frémis de te voir et frémis de t'entendre.

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