‹ Œuvres de Colardeau, de l'Académie françaiseChapitre 57 sur 112 · ACTE IV, SCÈNE II. SaS · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II. SaS

Embrasser les autels pour rhymen préparés, Frapper, meurtrir son sein... Ludle, vous pleurez! Oui, pleurez... Voyez-la, victime involontaire, Aux genoux d'Altamont, aux genoux de son père, Loin d'oser prononcer de coupables serments, Ne pousser que sanglots, que longs gémissements : Du torrent de ses pleurs leurs mains sont arrosées. . . Du temple cependant les portes sont brisées; Lothario paroît, suivi de ses vengeurs.

De ces mêmes brigands vendus à ses fureurs : Il se fait jour, il entre au fond du sanctuaire : Mon criminel ami, d'une main sanguinaire, Saisit Caliste aux yeux du pontife en courroux. Que d'a£Breuses clameurs, que d'effroyables coups ! Sciolto , qui sans doute avoit prévu l'orage , Menace, et donne enfin le signal du carnage. Alors vous eussiez vu, de ces noirs souterrains Où la mort sous le marbre enferme les humains , Soulevant tout-à-coup les tombes révérées, Sortir des légions au combat préparées... Figurez-vous Caliste au milieu des poignards, Le front pâle, l'œil sombre, et les cheveux épars , S'élançant, se jetant, pour fléchir leur colère, Entre Lothario, son époux, et son père. Son bras veut retenir leurs bras ensanglantés ; Tremblante, elle s'écrie : « Arrêtez, arrêtez; n C'est Cahste ,' c'est moi qu'il faut qu'on sacrifie;

3a6 CALISTE.

ff Moi qui vous trahis tous , qui déteste la vie ! » On répond à ces cris par ces cris différents : Vive la liberté! périssent les tyrans!

Frégose alors, Frégose, en prêtre sacrilège. Vient souiller du lieu saint lauguste privilège. Le beau-père, le gendre, et son cruel rival, Gêne entière combat dans ce moment fatal.

LUCILE

Au milieu des horreurs de ce trouble funeste^ Que fait Galiste?... Hélas ! que m'importe le reste!

MONTALDE.

Eh! voilà le motif qui m'amène en ces lieux. J'ai cru que ce palais Toffriroit à mes yeux. Pendant ces mouvements , du temple elle est sortie Lothario suivoit sa marche appesantie , Peut-être épioit-il Tinstant de Fenlever.

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