SCÈNE III
LOTHARIO, CALISTE, MONTALDE,
LUCILE
(lotbario poursuit Galiste, et l'airéte lorsqu'elle est vers le milieu de la scène. Montalde s'oppose aux efforts de Lothario. )
MONTALDE.
Arrête.
LOTHARIO, furieux.
Laisse-moi.
MONTALDE.
Non y je veux t'observer.
LUGILEy à part.
Q)urons vers Sdolto.
CALISTE y se jetant dans un buteuil.
Suis-je assez confondue?
Quoi! tu poursuis encore une femme éperdue! Monstre, sors de ces lieux.
LOTHARIO
Non; ne Fespère pas.
La vengeance et Famour m'attachent sur tes pas ; De ton hymen ici je veux laver loutrage.
CALISTE
Eh bien! venge-toi, frappe; épuise enfin ta rage.
328 CALISTE
LOTHARIO
Je dédaigne tes cris , perfide ; tu n as plus Cet empire usurpé par tes fisiusses vertus , Ce pouvoir inconnu , cet ascendant suprême Que mon cœur étonné te donnoit sur lui-même. Je viens de t'arracher des bras de ton époux : Le crime désormais est égal entre nous. Tu perds par ton hymen le droit de me confondre ; Je t'accuse à mon tour, c'est à toi de répondre.
GALISTE.
Quoi ! j'étois réservée à ce comble dliorreur !
Du moins y en Farrachant, n'avilis point mon cœur.
Tu m accuses j barbare ! et , si Ion veut t'en croire ,
J'ai cherché dans l'hymen mon bonheur et ma gloire ;
Moi-même de ces nœuds je formai le tissu!
Tigre que les rochers dans leurs flancs ont conçu ,
Ne pouvois-tu tantôt lire ma résistance
Dans mes pleurs, dans mes cris, même dans mon silence?
Juge si cet hymen me remplissoit d'efiroi.
Cruel , j'ai souhaité qu'il fût rompu par toi ,
Par toi qui , n'inspirant ni l'amour ni l'estime,
Aux vertus d'Altamont n'opposes que ton crime;
Qui n'as, sur ton rival, que l'avantage afireux
D'avoir trompé le cœur qu'il voulut rendre heureux.
Ta haine pour mon père , inflexible, obstinée.
Au pied de nos autels malgré moi m'a traînée.
J'ai cru que Sciolto , poursuivant ses desseins ,