‹ Œuvres de Colardeau, de l'Académie françaiseChapitre 7 sur 112 · D'ABAILARD A HÉLOÏSE · texte numérisé non relu

D'ABAILARD A HÉLOÏSE

Qu'ai-je lu? qu as-tu fait, malheureuse Héloise? Au joug de tes devoirs je te croyois soumise : Je croyois que ton cœur, puni d'avoir aimé, A de froids sentiments s'étoit accoutumé. Moi-même, plus tranquille et dans la solitude, Sous le poids de mes fers, courbé par Thabitude, Inconnu, séparé du reste des mortels, N adorant que le Dieu dont je sers les autels, J oubliois qu Héloïse, aux larmes condamnée, Achevoit loin de moi sa triste destinée. Je n abandonnois plus mes esprits détrompés Au regret des plaisirs qui me sont échappés ; Et je goûtois la paix, que j ai tant poursuivie. Ton amour partagea le trouble de ma vie : U étoit juste aussi que ton cœur généreux Pût jouir d'un repos nécessaire à tous deux. Je t'écris... Je me peins dans cet état paisible Qui suit l'épuisement d'une ame trop sensible ,

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