‹ Œuvres de Colardeau, de l'Académie françaiseChapitre 8 sur 112 · FRAGMENT D'UNE RÉPONSE · texte numérisé non relu

FRAGMENT D'UNE RÉPONSE

Et ma froide raison t'invite à partager

Les trompeuses douœurs d'un calme passager...

Héloîse ! Héloïse ! . . . ah ! quelle est ta réponse ! . . .

Le repos m'abandonne, et ma rage y renonce :

La flamme qui te brûle a ranimé mes feux :

Oui , je t'aime. . . et t'aimer est un supplice affreux.

Trop déplorable amante, ô ma chère Héloïse! De mon amour troublé pardonne la surprise : Indigne d'être aimé, j'ai douté de ton cœur. Pouvois-je me^fiatter dlnspirer tant d'ardeur. Moi qui, sous le fardeau d'une vie importune. N'ai plus dé sentiment que pour mon infortune ; Qui redoutois sur-tout de réveiller en toi Un amour désormais inutile pour mod?

Je ne suis plus cehiî dont l'ardeur dévorante Se rallumoit sans cesse aux feux de son amante; Et qui, plein d'un amour accru par les désirs, Sut t'en prouver l'excès par l'excès des plaisirs...

Hélas ! tu le sais trop : le ciel, dans sa vengeance, Le ciel ne m'a laissé qu'un reste d'existence. Ménagements cruels autant que superflus ! J'existe pour sentir que je n'existe plus. O mort! uLas-tu frappé, sans pouvoir me détruire? L homme est anéanti dans l'homme qui respire ; Et de rfanmànité ce qui survit en moi Fait rou^ la nature et la glace d'effroi. Image affreuse , hélas ! que tu m'as retracée !

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