‹ Œuvres de Colardeau, de l'Académie françaiseChapitre 72 sur 112 · ACTE V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II

( EUe se rapproche du tombeau de sa mère.)

O mânes révérés ! ô cendres de ma mère ,

Ombre aujourd'hui terrible , et qui me fus si chère y

Âh ! combien mon aspect doit^il t'épou vanter ?

Le secret de moa cœur n a pas craint d'éclater ; ^

Tout est connu ; ma honte est enfin dévoilée !

( Elle paroonrt le tbëfltre.)

Mais 9 que vois-je? Quel est ce nouveau mausolée? Hélas ! pour qui ce deuil , ces festons odieux? Auroit-on préparé...

( Elle sooléTe le voile qui couvre le corps de Lothario.)

Lothario ! grands dieux ! . . .

Fantômes de la nuit , redoutables tâiébres , O spectres qui traînez vos dépouilles funèbres , Des enfers avec ivous dût sortir la terreur, Jamais de cet objet vous n'atteindrez Thorreur ! Voyez-vous sur ce front , où se peignoit laudace , Cette pâleur livide et ce froid qui le glace? Est-ce là le mortel dont le &tal amour Me coûte l'innocence , et la gloire , et le jour ? De quel spectacle affireux me vois-je environnée?

(Elle s'éloigne du tombeau , et se troure près de la table sur laquelle est la coupe.)

Mais à qui cette coupe est-elle destinée?

(Elle s'avance auprès de la table.)

Ah I c'est à moi y sans doute ; et ces tristes apprêts ,

Ce vase a£Freux , ce lit entouré de cyprès ,

Mes remords , tout me dit que la main paternelle

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A préparé pour moi cette pompe cruelle.

Non, non ; n en doutons plus. . . Il esttemps que mon cœur

S'apprête au sacrifice exigé par Thonneur.

(Elle s'assied , et s'appuie sur la table où esC la coupe.)

Dans le fond de mon ame osons porter la vue. Mes malheurs, mes combats , ma honte inattendue. Les sentiments de haine, et ceux de ma pitié , La pesanteur du joug où mon sort fut lié , L'illusion , Famour, mon hymen déplorable, Mon infortune enfin me rend-elle coupable ? Oui, Caliste, tu Tes... le sénat dispersé. Dans son propre palais Sciolto menacé, Frégose, ce barbare, égorgeant ses victimes, Ton pays dans les fers : tremble ! voilà tes crimes. Viens donc, ô mort! entends mon lamentable cri!

(Elle porte la main à la coupe.) ^

Viens , mes jours sont à toi !... Mon père!

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