ACTE m, SCÈNE IX
M. DE MORINVAL.
Vous ne croyez donc pas qu'il soit des maux réels ?
M. DE PLINVILLE.
Très peu.
M. UE MORINVAL.
iNos passions, ennemis domestiques, Ne sont donc, selon vous, que des maux chimériques ?
M. DE PLINVILLE.
Ah ! fort bien ! vous nommez les passions des maux ! Sans elles, nous serions au rang des animaux. Il faut des passions, il nous en faut, vous dis-je ; rt ce sont de vrais biens, pourvu qu'on les dirige.
M. DE morInval.
Oui! dirigez l'amour!
M. DE PLINVILLE.
Pourquoi non? sentez-vous t'e qu'un amour honnête a de touchant, de doux ? (Juel plaisir d'attendrir la beauté que l'on aime, El de s'aimer encore en un autre soi-même ! De... ! J'en aurais parlé bien mieux à vingt-cinq ans. llt'hisl j'ai, sans retour, passé cet heureux temps... Mais un bien vient toujours nous tenir lieu d'un autre: l/amitié me console, et je bénis la nôtre.
Vous nous parlez ici d'amour et d'amitié.
De nos aflections ce n'est pas la moitié :
Ne comptez-vous pour rien l'avarice sordide,