‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 105 sur 474 · M. DE MORINVAL, MADAME DE ROSELLE · texte numérisé non relu

M. DE MORINVAL, MADAME DE ROSELLE

M . DE M 0 n 1 N V A L .

Jamais il ne craint rien, jamais il ne soupçonne. Quel homme !

MADAME DE ROSELLE

Je voudrais pourtant lui ressembler.

(a part.)

Allons, nous voilà seuls ; il est temps de parler.

(Haut.)

Vous accusez tout bas madame de Mirbelle, Monsieur; votre bonheur est retardé par elle.

M. DE MORINVAL.

Je dois m'en consoler, puisque je la verrai. Encor, si mon bonheur n'était que différé!

MADAME DE ROSELLE

Ce retard, après tout, est fort heureux peut-être : Quand on doit s'épouser, il faut se bien connaître.

M. DE MORINVAL.

Pour connaître Angélique il suffit d'un instant, Et de moi, ce me semble, elle en peut dire autant. Ma franchise, je crois...

MADAME DE ROSELLE

Sert d'excuse à la mienne.

Ètes-vous bien, monsieur, sûr qu'elle vous convienne. Sûr de lui convenir?

M. DE MORINVAL.

Ah ! quant au premier point.

Elle me plaît, madame, et vous n'en doutez point. Je n'ose pas ainsi me flatter de lui plaire. Peut-ôlre en ce moment savez-vous le contraire? Elle vous l'aura dit.

MADAME DE ROSELLE

Point du tout: mais... j'ai peur...

Que vous dirai-je, enfin? il s'af^it du bonheur. Vous ne voudriez pas qu'elle fût malheureuse; Vous avez pour cela l'âme trop généreuse...

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