‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 141 sur 474 · ACTE V, SCÈNE XII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE XII

M. DORMEUIL

i.e II est pas encor là votre plus bel ouvrage.

(Kn saluant Angélique.)

De la terre je vois le plus digne ornement.

M. DE PLINVILLE.

Tout le monde, en effet, nous en fait compliment. Vous paraissez, monsieur, un digne et galant homme.

M. DORMEUIL

Au fait, vous estimez votre terre la somme... ?

(il arrête et regarde sa femme.)

Mais je crois qu'elle vaut... Combien '?

MADAME DE PLINVILLE.

Cent mille écus.

M. DORMEUIL

Je ne contesterai point du tout là-dessus. Je m'en rapporte à vous.

MADAME DE PLINVILLE.

Un procédé si rare Me touche.

M. DORMEUIL

11 est tout simple. En outre, je déclare Que j'entends bien payer la terre argent comptant.

M. DE PLINVILLE.

A votre aise.

M. DORMEUIL

Pardon, c'est un point important, Qui me regarde seul. Oui, je me crains moi- môme. J'ai sur certain article une faiblesse extrême. Tenez, il faut qu'ici je vous fasse un aveu. Le prix de votre terre est un argent du jeu : Par cet achat du moins je sauve une partie De six cent mille francs, que, dans une partie...

MADAME DE ROSELLE

Quoi! vous avez gagné deux fois cent mille écus!

M. DORMEUIL, souriant. *

''^n peut bien les gagner quand on les a perdus.

MADAME DE PLINVILLE.

Ouel est celui qui perd une somme si forte?

M. DE PLINVILLE.

Bon! le connaissons-nous? ainsi, que nous importe? Voyons celui qui gagne, et non celui qui perd.

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