SCÈNE IX
M. DE CRAC
Dé plus fort en plus fort. Allons nous mettre à table.
VERDAC.
Cette transition, d'honneur, est admirable.
M. DE CRAC
Je mé sens appétit, comme un chasseur, enfin.
VERDAC.
Moi, sans avoir chassé, d'un chasseur j'ai la faim.
Pour moi, lé déjeûner est le repas que j'aime.
VERDAC.
C'est mon meilleur aussi.
FRANCHEVAL.
Mais vous dînez dé môme.
VERDAC.
Tout est si bon ici, même à tous les repas !
M. DE CRAC
Je donne peu dé mets, mais ils sont délicats.
VERDAC.
Qui lé sait mieux que moi? Votre vin de Gascogne... Soi-disant, vaut bien mieux que les vins dé Bourgogne.
SAINT-BRICE
Est-ce qu'il n'en est pas? pour moi, je l'aurais cru.
M. DE CRAC, souriant.
Eh! non, mon cher monsieur, c'est du vin dé mon cru. Vous croyez que je raille ?
SAINT-BRlCE.
Eh! mais...
M. DE CRAC, à l'oreille de Saint-Brice.
Oui, vin dé Beaune.
SAINT-BRICE, bas à M. de Crac.
Je m'en doutais. Chacun aime son vin, le prône. Dans mon parc, une source a le goût du vin blanc, Et môme la couleur, mais d'un vin excellent
FRANCHEVAL.
C'est une cave, au fond, qu'une source pareille.
VERDAC.
Je conseille à monsieur dé la mettre en bouteille. Qu'en dites-vous, varon?
M. DE CRAC, très gravement.
Que lé trait est fort gai ; Mais, comme a dit quelqu'un, rien dé beau que lé vrai. Voilà ce que je dis.
1 5(1 M. DE CHAC
VERDAC.
Hai... la réplique est vive.
M. DE CRAC
Mais allons déjeûner, et qui m'aime mé suive.
VERDAC.
(Aux autres.)
Ah ! je vous aime. Allons.
SAINT-BRICE
Oh! j'ai déjeûné, moi.
VERDAC à Franciieval.
Et vous, mon cher?
Je n'ai nul appétit, ma fui.
VERDAC.
Je mangerai pour trois. Adieu.
Je reste.
FRANCHEVAL, rctonant Saiiit-Bnce.
Deux mots dé grâce.
SAINT-BRICE