‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 165 sur 474 · SAINT-BRICE, M. DE CRAC · texte numérisé non relu

SAINT-BRICE, M. DE CRAC

M. DE CRAC, avec un autre habît.

Ami, que je vous conte une chanson à boire.

Que j'ai faite impromptu, comme vous pouvez croire.

Vordac qui l'entendait en riiùt comme un fou.

(il chante.)

J'aimé beaucoup les femmes blanches, Mais j'aime encor mieux le vin blanc ; ' Je n'ai point vu de femmes franches,

Et j'ai bu souvent du vin franc. •

Lé sexe né m'est rien quand je flûte ; Et dans cela comme dans tout, Chacun a son goût ;

Point de dispute, Chacun a son goût.

SAINT-RRICE.

La chanson est jolie. Eh mais, je ne sais où, Mais quelque part ailleurs je l'ai vue imprimée.

M. DE CRAC

11 sé peut ; dé mes vers, oui, la France est semée.

SÀINT-BRICE.

Elle a paru, je crois, sous le nom de Collé.

M. DE CRAC

Ah ! ce n'est pas lé seul couplet qu'il m'ait volé. Dé mon absence il a profité lé compère. Je l'aimais fort, au reste; il m'appelait son père. Mais dépuis qu'en ces lieux je mé vois confiné. Lé Parnasse, mon cher, est bien abandonné. Que vous dirai-je enfin ? les Muses ésilées. Dans quelque coin obscur, plaintives, désolées... Je né puis y penser sans répandre des pleurs.

Page 1