‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 253 sur 474 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

.M. D'ORFEUIL, M. D'ORLANGE, MADEMOISELLE D'ORFEUIL, M. DE FLORVILLE, VICTOR.

M. d'oRLANGE.

Avais-je donc, monsieur, si mal choisi la place? Et faut-il dans le bois... ?

Épargnez-moi, de grâce ; Je sens assez, monsieur, combien je suis ingrat !

MADEMOISELLE d'oRFEUIL.

Moi, je sens tout le prix d'un trait si délicat!

(a m. (l'Orlange.)

Vous n'aviez à ma main qu'un droit peu légitime, Vous en avez, monsieur, de vrais à mon estime.

(a son père.)

Vous savez notre erreur, mon père ?

M. d'oRFEUIL.

Oui ; voilà donc Monsieur Florville? enfin, on le connaît!

M. de FLORVILLE.

Pardon.

M. d'or F EL' IL.

Mais si ma fille, grâce à ce dessein étrange, S'était trop prévenue en faveur de d'Orlange, Comme, par parenthèse, il s'en est peu fallu, C'eût été votre faute, et vous l'auriez voulu.

M. DE FLORVILLE

Aussi je m'en allais sans accuser personne. Me pardonnerez-vous ?

MADEMOISELLE d'oRFEVIL. *

Pour moi, je vous pardonne; Mais à condition que vous ne feindrez plus.

Mic (T'vvfz que jamais...

MADEMOISELLE d'oRFEUIL.

Ehî discours superflus!

■ vous crois sans peine.

M. DK FLOU VILLE.

Ah! que je dois rendre grju'p A l'ami généreux qui fit suivre ma trace!

M. d'orlange.

Moi '.j'ai fait mon devoir. Ah ! respirons... l'on sent Qu'une honne action nous rafraîchit le sang: Et ce bien-là n'est pas un lùen imaginaire ; Car je renonce à tout ce qu'on nomme chimère, r.'en est fait, pour jamais me voilà corrigé.... Tenez, que je vous dise un bon dessein que j'ai: Assez d'autres sans moi serviront bien le prince, Moi, je vivrai tranquille au fond d'une province... Serait-il une terre à vendre en ce canton?

M. d'oRFETIL.

Justement; j'en sais une assez près d'ici.

M. d'orlange.

Bon.

Je l'achète J'y prends une femme estimable. D'une vertu solide et d'un esprit aimable. Douce... une autre Henriette, en un mot, s'il en est. .T'aurai beaucoup d'enfants ; le grand nombre m'en pLuI Le ciel bénit toujours les nombreuses familles. Ma femme, c'est tout simple, élèvera les filles : Mais les garçons n'auront de précepteur que moi; C'est le plus doux plaisir, c'est la première loi : Je saurai démêler leur goût, leur caractère ; L'un sera dans la robe, et l'autre militaire. Ils me feront honneur. Que je suis fortuné !

(a m. d'OrfeuiL)

Mon voisin, vous serez parrain de mon aîné. Je n'irai pas bien loin lui chercher une femme; 11 pourrait épouser la fille de madame.

(il montre mademoiselle d'Orfeiiil. j

Trop heureux !

(a m. d'Orfeuil.)

Tous alors nous serons vos enfants ; Vous sourirez, mon père, à nos soins caressants. A cent ans, vous direz: « Je n'avais qu'une fille. Et tout ce qui m'entoure est pourtant ma famille. »> Voilà ce qui s'appelle un projet bien sensé !

VICTOR

Mon maître, finissant comme il a commencé, Tout en parlant raison, bat encor la campagne. Ne veut plus faire et fait des châteaux en Espagne.

COMÉDIE KN CINQ ACTES ET EN VEMS

HRPnÉSENTKE POl'R LA PHRMIKRK FOIS PAR LES COMÉOIENS FRANÇAIS, EN 1792.

PERSONNAGES

M. DUBRIAGE, le Vieux Célibataire.

MADAME EVRARD, sa gouvernante.

ARMAND, neveu de M. Dubriage, sous le nom de Charle.

LAIIRE, femme d'Armand.

AMBROISE, intendant de M. Dubriage.

GEORGE, filleul et portier de M. Dubriage.

JULIEN ET SUZON, enfants de George.

Cinq cousins de M. Dubriage.

La scène est à Paris, chez monsieur Dubriage.

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M DUBR[ACE.

Je vais au Lux«»mbour^ me promoncrun pou

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