‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 261 sur 474 · ACTE I, SCKNE VI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCKNE VI

Tout ce qu'il m'a fallu de courage et d'adresse Pour être en ce logis souveraine maîtresse. Nous avons fait tous deux jouer plus de ressorts, Mon pauvre Evrard et moi... ! (car il vivait alors ; Depuis bientôt deux ans, cher monsieur, je suis veuve.

(Essuyant ses yeux.)

El c'est avoir passé par une rude épreuve!... i Nous avons de concert banni tous les voisins, Les amis, les parents, jusqu'aux derniers cousins.

CHARLE

A la fin, vous voici maîtresse de la place.

MADAME EVRARD

Reste encore un neveu, mais un neveu tenace. ..

CHARLE

Monsieur, comme je vois, n'a point d'enfants?

MADAME EVRARD

Aucun .

CHARLE

Il a donc des neveux, madame?

MADAME EVRARD

11 n'en a qu'un ; Mais ce neveu tout seul me donne plus de peine...! C'est que je vois de loin où tout ceci nous mène. S'il rentre, c'est à moi de sortir.

CHARLE

En effet.

MADAME EVRARD

Aussi, pour l'écarter. Dieu sait ce que j'ai fait ! Mon intrigue et mes soins remontent jusqu'au père. .Monsieur n'eut qu'un beau-frère : il l'aimait!...

Comme un frère.

MADAME EVRARD

Les brouiller tout à fait eût été trop hardi ; Mais pour le frère au moins je l'ai bien refroidi.

CHARLE

J'entends.

MADAME EVRARD

Contre un absent on a tant d'avantage!

Le sort à celui-ci ravit son héritage.

Je traitai ses revers d'inconduite : on me crut.

CHARLE

Ah! fort bien.

M A D A il E EVRARD.

Jeune en cor, grâce au ciel, il mourut.

27 2 LE VIEUX CELIBATAIRE.

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