‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 276 sur 474 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

MADAME EVRARD, AMBROISE

Savez VOUS que, si l'on n'y prend garde, Il nous fera la loi !

MADAME EVRARD

Nous sommes sans témoin , Ambroise, songez-y, vous allez un peu loin. Et je crains que monsieur ne perde patience.

AMBROISE

Je voudrais voir cela!

M A DAME É \' R A R D

Ce ton de confiance Pourrait vous attirer quelques fâcheux éclats ; Je vous en avertis, ne vous exposez pas.

Eh! je n'ai pas du tout besoin qu'on m'avertisse.

La maison sauterait plutôt que j'en sortisse.

tJn autre soin m'occupe, à ne vous rien celer,

Et je vais cette fois nettement vous parler.

Dès long-temps je vous aime, et vous presse, madame,

De recevoir ma main, de devenir ma femme :

C'est trop long-temps, aussi, me jouer, m'amuser ;

Il faut m'admettre, enfin, ou bien me refuser.

MADAME EVRARD

Mais vous pressez les gens d'une manière étrange, Il le faut avouer.

AMBROISE

Je ne prends plus le change.

Tenez, madame Evrard, je vais au fait d'abord : Je ne suis point galant ; mais vous me plaisez fort.

MADAME EVRARD

Monsieur Ambroise !

AMBROISE

Eh ! oui, votre air, votre figure.

Que vous dirai-je, enfin? toute votre tournure M'enchante, me ravit. Allez, j'ai de bons yeux : Vous êtes fraîche, et moi, je ne suis pas très vieux ;

Page 1