‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 307 sur 474 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

M. DUBRIAGE, LAURE.

M. DUBRIAiiK, seul.

Ce garçon soulage mes ennuis :

Cest un besoin pour moi dans l'élat où je suis.

LAURK, de loin, à part, amenée par Charle qui se retire.

Je tremble à son aspect... Dieu ! fais que je lui plaise.

(Haut, en s'avançant.)

Monsieur...

Ah, mon entant, c'est vous ! j'en suis bien aise... Je ne suis pas fâché de causer avec vous.

LAURE

Moi même j'épiais un moment aussi doux.

Il est bien naturel que l'on cherche son maîjre,

Pour le voir, lui parler, se faire enfin connaître.

M . DUBRIAGE.

Vous ne pouvez, je crois, qu'y gagner.

Ah, monsieur!...

Non, c'est que vous avez le ton de la candeur, L'air sage.

LAURK.

Ce n'est pas vertu chez une femme :

C'est devoir.

M. DUBRIAGL.

Il est vrai : j'aime à vous voir dans l'âme Ces principes d'honneur, cette élévation.

LAURE

C'est rheureux fruit, monsieur, de l'éducation : Je le garde avec soin; c'est mon seul héritage.

M. DUBRIAGE.

Oui, c'est un vrai trésor qu un pareil avantage. Vous devez donc le jour à d'honnêtes parens?

LAURE

Honnêtes, oui, monsieur; mais non pas dans le sens Que lui donnait l'orgueil ; dans le sens véritable. Mes père et mère étaient un couple respectable. Placé dans celte classe où l'homme dédaigné Mange à peine un pain noir, de ses sueurs baigne :

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