ACTE IV, SCENE III. -i
Où, privé trop souvent d'un bien mince salaire, Un ouvrier utile est nommé mercenaire, Quand on devrait bénir ses travaux bienfaisants : Mes parents, en un mot, étaient des artisans.
Artisans! croyez-vous qu'un riche oisif les vaille? Le plus homme de bien est celui qui travaille. Poursuivez.
Chaque soir, aux heures de loisirs, A me former le cœur ils mettaient leurs plaisirs. Leurs préceptes étaient simples comme leur âme. «Crains Dieu, sers ton prochain, et sois honnête femme. » C'étaient là leurs seuls mots, qu'ils répétaient toujours. Leur exemple parlait bien mieux que leurs discours. Ils semblaient pressentir, hélas! leur fin prochaine. Depuis qu'ils ne sont plus, j'ai bien eu de la peine ; xMais j'ai toujours trouvé dans l'occupation Subsistance à la fois et consolation.
M. DU BRI AGE
Je vois que vos parents vous ont l)ien élevée. Quoi ! de tous deux déjà vous êtes donc privée ?
Un cruel accident tout à coup m'a ravi Mon père; et de bien près ma mère l'a suivi.
M. DUBIUAGE.
Perdre ainsi ses parents, de tels parents encore!... Car, sans les avoir vus, tous deux je les honore... ^'•i fille, je vous plains.
Quel excès de bonté.
Monsieur! Le ciel pourtant ne m'a pas tout ôté : 11 me reste un ami, mais un ami solide, Qui m'a jusqu'à Paris daigné servir de guide.
M. DUBRIAGE.
Vous êtes de province?