‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 312 sur 474 · ACTE IV, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V

M A DAME l': \ R A R D .

Oui, je m'impalieiitp ip voir que vous parlez toujours d'une servante.

M. DIBRIAGK.

C'est qu'elle est au-dessus vraiment de son état: Elle a je ne sais quoi de doux, de délicat.. .

i>h, c'en est trop ! S'il faut dire ce que j'en pense, lîtte fille me blesse, et me déplaît d'avance.

M. DrRRIAf.K.

Eh ! pourquoi ?

MA DAM H EVRARD

Je ne sais... mais elle me déplaît :

Je vous dis nettement la chose comme elle est. Elle n'est bonne à rien d'ailleurs, à rien qui vaille ; Et je crois qu'il vaut mieux d'abord qu'elle s'en aille.

M. DUBRIAGK

jii'elle s'en aille ! Qui, Laure ?

MADAME EVRARD

Oui.

Vous plaisantez !

M A DAM E EVRARD

Moi, point du tout.

M. DU BRI AGE

Comment !

MADAME EVRARD

Ainsi vous hésitez, Et vous me préférez la première venue, Qu'à peine en ce moment vous connaissez de vue !

M. DU BRI AGE

Non. Mais quoi ! je ne puis chasser ainsi...

MADAME EVRARD

Fort bien.

C'est votre dernier mot ? Et moi, voici le mien : Il faut que sur-le-champ l'une de nous deux sorte.

M. DU BRI AGE

Eh ! quoi ? pouvez- vous bien me parler de la sorte ?

MADAME EVRARD

Vous-même, entre nous deux, pouvcz-vous balancer?

M. DUBRIAGE.

Mais je puis vous chérir, et ne point la chasser.

MADAME EVRARD

Non, monsieur: chassez f.aure, ou bien...

;i3 0 LR VIKUX CKLIKATAIHK.

M DU BRI A (JE

Quelle rudesse !

MADAMK KVRARD.

Qu'elh^ «or(o. ou je sors.

M. Dl'BRIAGK . en colère.

Vous êtes la maîtresse; Mais elle restera.

Plaît-il ?

M. DUBRIAGR.

Oui, sur ce ton Puisque vous le prenez, je la garde.

M A DAME É \' R A R D

Pardon, Monsieur! mais...

Non. J'entends qu'ici Laure demeure.

Si cela vous déplaît, sortez... à la bonne heure : Voilà mon dernier mot.

(il sort très en colère. )

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