SCENE Xll
M. DUBRIAGE, LAURE, CHARLE.
M. DUBRIAGE.
Ah! Charle, conçois-tu les transports de mon âme ? Voilà ma nièce.
0 ciel! se pourrait-il? Madame Serait...?
M. DUBRIAGE.
C'est au hasard que je dois cet aveu.
Ma nièce, te dis-je, oui, femme de ce neveu Dont je parlais tantôt, qui m'a fait tant de peine 1 Mais pour elle, après tout, je ne sens nulle haine ; Et d'abord sur ce point j'ai su la rassurer.
CHARLE, se ranimant.
Ah! monsieur, est-il vrai? je n'osais l'espérer... Si vous saviez quelle est est en ce moment ma joie ! Eh quoi ! le ciel enfin permet donc que je voie A vos côtés... quelqu'un qui vous touche de près !... Presque un enfant!... voilà ce que je désirais.
M. DUBRIAGE.
Charle, je suis sensible à ces marques de zèle.
(a Laure.)
C'est un digne garçon, un serviteur fidèle, Qui m'aime tout à fait, qui me sert d'amitié.
CHARLE
Dans vos chagrins, monsieur, si je fus de moitié, J'ai droit de partager aussi votre allégresse ; Car vous avez, sans doute, en voyant une nièce, Dû sentir une vive et douce émotion.
M. DUBRIAGE.
Je ne m'en défends point ; mais celte impression Par d'amers souvenirs est bien empoisonnée. Cette nièce, par qui m'a-t-elle été donnée? Par un ingrat, qui m'a mille fois outragé...
(a Laiire.)
Je vous fais de la peine, et j'en suis affligé; Mais mon cœur ne se peut contenir davantage.