SCÈNE III
MADAME EVRARD, CHARLE
h! Charle, ah! mon ami, savez-vous la nouvelle,
■ •\l LE VIEUX CELIBATAIRE.
La découvorle attreuse...?
r.HARLK.
Afl'reuse ! eh ! quelle esl-elle, Madame ?
Cette Laure est femme du neveu.
CHARLE
(Comment?
Eh ! oui, l'on vient de m'en faire l'aveu A l'instant.
Bon ! qui donc a pu... ?
MADAME É ^ R A R D
Monsieur lui-même ; Et ce n'a pas été sans une peine extrême. Je l'ai vu tout à coup distrait, embarrassé ; Car j'ai le coup d'œil sur ; et je l'ai tant pressé (A cet âge on n'a pas la force de se taire), Qu'enfin j'ai pénétré cet horrible mystère.
CHARLE
C'est la nièce i
MADAME EVRARD
Ah ! l'instinct ne saurait nous trahir; Vous voyez si j'avais sujet de la haïr ! Quand je touche au moment d'être ici la maîtresse, Quand je vais épouser, il faut qu'elle paraisse ! Car j'aurai fait en vain jouer mille ressorts ; Si Laure reste ici, mon ami, moi j'en sors.
r.HARLE.
Eh, mais !...
MADAME EVRARD
Vous-même aussi ; nous sortons l'un et l'autre.
CHARLE
Vous croyez?
MADAME EVRARD
Oui, ma chute entraînera la vôtre :
La protectrice à bas, adieu le protégé.
Je voudrais bien pourtant n'avoir pas mon congé.
MADAME EVRARD
Il n'en est qu'un moyen : arrangeons-nous de sorte Qu'au lieu de nous, mon cher, ce soit elle qui sorte.
CHARLE
Elle qui sorte?