ACTE I, SCENE II
MADAMK ELLKR, les saluant.
J'arrive encore trop tard.
Je le vois ; vous venez donner, belle voisine, La leçon de dessin à ma jeune cousine?
MADAME E U L E R
Mais oui ; c'est un emploi trop doux pour l'oublier.
Dites donc; voulez-vous de moi pour écolier?
d'héricourt.
Étourdi ! Vous avez une élève charmante, Madame Euler.
FLORVEL
Charmante !
MADAME EULER
Elle est intéressante.
d'héricourt.
On n'a pas plus d'esprit, de grâce...
jij^ Et d'enjoûmenl.
(Xj^ " MADAME EULER, avec douceur.
Vous en parlez peut-ôtre un peu légèrement. Messieurs ; pardon : souvent, qui juge la surface, Ne voit que la gaîté, la finesse, la grûco, Mille dons enchanteurs qu'à l'envi vous citez : Sophie a, croyez-moi, bien d'autres qualités, Un cœur sensible et pur, un esprit raisonnable D'excellents procédés je la connais capable; Elle mérite enfin le respect, les égards...
d'héricourt.
Vous avez bien raison, madame; aussi...
(il se dispose à sortir.) FLORVEL.
Tu pars ?
d'héricourt.
Je vais courir.
(il s'approche de madame Euler, et lui parlant bas.)
Un mot : voulez-vous donc,*madame, Oublier le portrait d'une charmante femme?
MADAME EULER
Plaît-il, monsieur?
FLORVEL
Ahl çà, tu nous prendras, mon cher?
d'héricourt.
Non, tu mèneras bien ta cousine.
C'est clciir.
u'héricourt.
Voilà ce que j'iippclle un de tes privilèges : Mais je vous rejoindrai.
(U salue mailanic Kiilcr. et parlant bas à Florvol.) MADAMP: EULER, à part.
Pauvre enfant ! que de pièges