‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 344 sur 474 · MADAME D 1 R V A L · texte numérisé non relu

MADAME D 1 R V A L

De toul mon cœur, mon frère.

FOR M ONT, en l'embrassant.

Ah ! oui, comme je t'aimo !

FLORVEL, fl'un air un peu moqueur.

Enfin, c'est loi^ cousin !

Oui, cousin, c'est moi-même.

FLORVEL

Déjà?

FORMONT

De quoi, Florvel, es-tu donc étonné ?

M. MORAND, se levant.

Ah ! çà, mon cher neveu, s'est-on bien promené? Tu cours, à ce qu'on dit, depuis six ou sept heures !

FORMONT

Les courses du matin sont toujours les meilleures, «>' Mon cher oncle ; on respire alors en liberté. On voit, on jouit mieux ; et quand la volupté. Quand l'intérêt sommeille encorde lassitude. On se fait dans Paris comme une solitude.

FLORVEL

Ah î bon débul !

FORMONT

Aussi, j'ai fait un beau chemin !

Tout marcheur que je suis, je me sens las enfin.

MADAME DIRVAL, avançant un siège.

Mon frère, asseyez-vous.

Très volontiers, ma chère.

(il s'assied.)

A ce maudit pavé je ne saurais me faire.

FLORVEL

A chaque pas, je gage, il a juré, pesté.

FORMONT

Vous VOUS trompez, monsieur; car j'étais enchanté.

FLORVEL

Miracle! nous aurons une bonne journée.

FORMONT

Qui sait? Ce que j'ai vu dans cette matinée Pourrait bien enlaidir ce qui me reste avoir; Car je suis plus content le matin que le soir, Excepté cependant quand je vais voir Moli're.

Radne ,♦... on passerait ainsi la nuit entière. Moi, je jouis de tout, sans art, par sentiment : 3'aime le beau, le i)on : et véritablement, il est dans ce Paris des choses excellentes.

M. MORAND

Il en convient!

FORMONT

J'ai vu ce beau Jardin des Plantes.

Miséricorde î eh ! quoi ? tu viens...? mais c'est, d'honneur! A l'autre bout du monde.

FORMONT

Est-ce un si grand malheur?

Quand me retrouverai-je au pied de ma montagne ?

(En disant ces mots, il regarde sa sœur a\ec intérêt.]

Je me suis, ce matin, cru presqu'cà la campagne.

Au printemps, c'est un charme : oh! quel air pur et frais !

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