‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 346 sur 474 · ACTE I, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VII

Qui songent moins à voir qu'à se montrer eux-môme : Voilà ce qu'on appelle une course 1

FLORVEL

Et le soir !

Lasses d'avoir couru, nos belles vont s'asseoir...

FORMONT

Oui, sans doute, en un coin de vos Champs-Elysées, Aux boulevards ; alors, vos dames plus posées. Se promènent gaîment, sans espace et sans air.

Elles n'ont pas le don de te plaire, mon cher : Je te plains ; quant à moi, je les adore.

FORMONT

Adore ! \ Les femmes, viens-tu dire? Ah! s'il en est encore \ Qui chérissent le goût, les mœurs et le bon sens, j ^ Que d'autres je retrouve, après cinq ou six ans, I /Si' ^j Oui, que j'avais pu voir, modestes, ingénues, ! ^ ^'^

Qui, lestes maintenant, et presque demi-nues... \ v

M.MORAND, I v^v^

Ah!

FORMONT, vivement.

Quand la chose existe, on peut dire le mot. Enfin, c'est le bon ton.

FORMONT

Je ne suis donc qu'un sot ; Car ce bon ton, à moi, ne me conviendrait guères.

M . MORAND

Forment ne se fera jamais à nos manières.

rORMONTi

Oh ! non, jamais.

MADAME DIRVAL. "^

Mon frère, il ne faut rien outrer Et surtout, ce matin, n'allez point altérer La satisfaction que vous avez goûlée.

FORMONT

Il est vrai ; chère sœur, je t'ai bien regretœe. De ce jardin sais-tu seulement le chemin ?

MADAME DIRVAL.

Hélas! non.

Si tu veux, je t'y mène demain.

MADAME DIRVAL.

Je vous suis obligée.

'il -2 LES MCEURS DU JOUR.

FLORVEL

Ah ! bon ! à la môme heure !

l-ORMONÏ.

Pourquoi non ?

FLORVEL

Juste ciel ! tu veux donc qu'elle en meure ?

Eh ! vous faites bien pis, et vous n'en mourez pas.

M. MORAND

Il a, mafoi, raison ; mais on m'attend là-bas. Adieu : jasez, courez ; moi, je vais à la Bourse.

(il sort.)

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