‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 352 sur 474 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

FORMOXT, M. MORAND, fort agité aussi.

MORAND, sans voir son neveu. '.. ^^ ... T''~|^

Basset ne paraît point ! qui peut le retenir ? ^ Z)) \xj>juu¥^

Il va faire manquer l'affaire la meilleure !... ' ^'^'ô^

Vovez !.Je.perds ici mille francs par quart d'heure. AhTali ! c'est toi, Formont!... '

FORMOXT.

Oui, mon oncle, j'attends...

Eh bien ! j'attends aussi; causons...

FORMONT souriant.

Don, si j'entends J.a langue du pays. •

M. MORAND

Toujours plaisant !

F on MONT.

Sans doute :

<iar c'est mon fort, à moi.

M. Moiî \ N D, à part.

Ce rcinrd me déroute.

(il regarde à sa montre).

Deux heures demi-quart ! j'enrage.

F OR M ON T

Avec douceur, (l faut que je l'engage à me rendre ma sœur.

(Haut.)

Us ne rentrent point.

^.... M. MORAND

Non. Us sont inconcevables.

Je ne vois que nous deux qui soyons rnisonnables.

F OR M ONT, souriant.

Nous deux? c'est trop d'honneur.... Mais des yeux

[pénétrants Pourraient trouver nos goûts tant soit peu différents.

En apparence; au fond, notre but est le même : 'Jài chéris le repos, et comme toi je l'aime.

" ' FORMONT

Le repos? je vous vois toujours en mouvement.

M. MORAND

C'est pour pouvoir un jour me reposer.

FORMONT

Vraiment ?

La route, comme on dit, est un peu détournée. Vous attendrez, je vois, la fin de la journée.

M. MORAND

Oui, j'arriverai tard ; et c'est là mon chagrin : Je me hâte pourtant.

FORMONT

Oli ! vous allez grand train.

Voilà donc à Paris ma pauvre sœur restée. Et qui de ce séjour maintenant enchantée... !

M. MORAND

Tant mieux; car à son tourelle en est l'ornement. Elle me fait honneur.

Mon oncla, assurément...

F O R M ONT

Je suis touché... je crois votre amitié sincère : Mais, je vous le demande, est-il bien nécessaire. Est-il môme à propos qu'elle prolonge ainsi... ?

Eh ! pourquoi non ? ta sœur s'ennuîrait-elleici ?

FORMONT

Au contraire, mon oncle.

Page 1